MAR
le Chevalier de Mornac, reproduit au feuilleton du Journal de Formies, France (1879).
Martin, première ille canadienne, dit-on.—Le 24 octobre 1621, le P. Denis, récollet, baptisa un fils et une fille (Abraham Amador et Marguerite) d'Abraham Martin dit l’Ecossais et de Marguerite Langlois. Une curieuse coïncidence, c’est qu’en 1689, une seigneurie était concédée à Mathieu Martin, qui est dit dans l'acte premier-né de l’Acadie. Martin, père, était pilote du roi pour le fleuve St-Laurent et donna son nom aux plaines d'Abraham. Le parrain du fils fut ce La Tour de si fameuse mémoire en Acadie. Il devint le second prêtre canadien et chanoine lors de l'érection du chapitre de Québec. S'il ne fut que le deuxième prêtre, il fut le premier musicien, car on lit dans les Annales de la Mère Morin qu’il composa tout un office divin, mots et musique ; il fut envoyé à Santeuil, qui fut content du latin de notre compatriote. Le célèbre botaniste Sarrasin épousa une fille de cette famille, et Hélène Martin épousa Médard Chouard Desgroseilliers, connu par ses entreprises à la baie d'Hudson.
Philippe Martin, né en Canada en 1752, quitta le pays après le traité de Versailles, entra dans la marine et était contre-amiral sous la République. Il commanda Toulon et l’armée navale de la Méditerranée, destinée à reconquérir la Corse. Il enleva à l'amiral Hotham le Berwick, de 74 canons. Dans deux combats subséquents, qui furent des victoires pour les Anglais, mais dont Nelson était fort mécontent, il perdit trois vaisseaux. Entre ces deux événements, il avait réduit aux abois Nelson qui commandait dans le golfe San Fiorenzo les vaisseaux légers de la flotte anglonapolitaine, et l’Agamemnon, de 64, quand son amiral arriva à son secours. Cette rencontre donna lieu à l'affaire de Fréjus. Martin fut créé vice-amiral sous l’empire, et mourut en 1810.
II. Martin (Ze R. P. Félix), de la Compagnie de Jésus, littérateur, linguiste et artiste distingué, membre correspondant de la Société historique de New-York, recommence en 1842, après avoir servi en Espagne, en Suisse, etc., la liste des supérieurs et recteurs de cette illustre société, interrompue en Canada depuis la mort du P. de Glapion en 1790. On a de lui, outre quelques notices biographiques et des opus-