‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 113 sur 186 · MEM · texte numérisé non relu

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Le docteur Meilleur demanda en 1855 un office qui lui donnât du repos et il accepta celui de directeur de la poste à Montréal. Sir Edmond Walker Head le remercia officiellement de ses longs services. Quant au pays, il ne les oublia pas non plus, puisque en 1857, le docteur Meilleur fut élu président de la Société nationale de St-Jean-Baptiste en reconnaissance des services distingués qu'il avait rendus au pays dans la cause de l'instruction publique. Le premier rapport officiel du docteur Meilleur est de 1843, et le dernier de 1854. L'université de Vermont lui envoyait le degré honoraire de maître ès arts en 1854, et l’université de St-Jean de New-York, les degrés honoraires de LL.D. l'année suivante. Il avait refusé le degré honoraire de M.D. du collège Mc- Gill. Une circonstance remarquable de sa présidence de la St-Jean-Baptiste est l'envoi que M. de Puibusque fit, par l'entremise de l’honorable P. J. O. Chauveau, son ami, au président d'alors, d’une pièce de vers pour la fête canadienne. Durant sa surintendance de l'instruction publique, il fournit les écoles de bons livres élémentaires, publia : À treatice of the pronounciation of the French language with practical arregularitiesexamplified, 1841, puisun petittraitéde l’art épistolaire, et enfin une deuxième édition de sa grammaire anglaise. . Il donna aussi occasion à la composition du Guide de l'Instituteur par sa circulaire n° 12, ce livre n’étant que la réponse à la série de questions .qui s’y trouve sur les diverses branches d'instruction prescrite par la loi des écoles. Ce fut lui qui fit imprimer la première édition de ce livre rempli de mérite. A une époque de fermentation politique, le docteur Meilleur a dû faire preuve d’un courage moral peu commun pour empêcher la loi de l'instruction publique d’être altérée au gré des partis, et pour la rendre stable conformément aux principes : wne loi qui change toujours n'est que désordre, dit le chancelier Bacon. Il a peut-être signalé le premier les causes regrettables de l’émigration canadienne vers les autres pays. Le docteur Meilleur mourut à Montréal le 6 décembre 1878, âgé de près de quatre-vingttrois ans. Il était officier honoraire de l'instruction publique de France.

Membertou, fameux sachem abénaquis dont Lescarbot chante une expédition dans ses vers, était à la fois bon politique et habile guerrier. Il se fit baptiser en 1610. M. de

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Pontrincourt, qui le tint sur les fonts baptismaux, le nomma Henri, comme le roi de France. Laët dit qu'il avait alors cent ans, et Lescarbot prétend qu'il avait vu Jacques Cartier : il faudrait pour cela qu'il eût été en- “a en ambassade auprès de ceux de Stadaconé. Le même auteur rapporte qu'il voulait qu'on lui fit l’honneur de tirer un coup & canon quand il venait à Port-Royal, parce qu'il voyait que cela se pratiquait pour le chef français. On publia à Paris en 1610 : Lettre missive touchant la conversion du grand Sagamo de la Nouvelle-France, qui était, avant l'arrivée des Français, le chef et le souverain. Il ne régnait tout au plus que sur l’ Acadie, et encore y avait-il des peuples à combattre. Avant que de se convertir, il avait été aufmoin ou jongleur parmi les siens ; il était donc à la fois le chef civil et religieux : c’est comme cela que fait l’autocrate de Russie. Le conversion de Membertou n'en est que plus mMéritoire,

Ménard, nom de deux Canadiens qui se sont illustrés dans les pays étrangers.— Pierre Ménard, qui fut lieutenant-gouverneur du Missouri, et Michel Branamour, son neveu, mort à Galveston en 1855. Né à Laprairie le 5 décembre 1855, il s’engagea à seize ans dans la traite des pelleteries, au service d’une compagnie américaine établie au Détroit. Trois ans plus tard, il se joignait à son oncle et faisait pour lui la traite avec les sauvages. Il se fixa parmi eux, fut élu grand chef par les Shaouanis, négocia avec le Congrès la translation de toutes les nations dans l’Utah et la Californie, et fut près de réussir : il eût commandé alors à plus de 200,000 sujets. Ayant émigré au Texas en 1833, il fut fait colonel, empêcha les naturels de prendre parti pour les Mexicains, fut membre de la convention qui déclara l’indépendance du Texas et qui posa les bases de la constitution de la république.

Menou (Charles de), sire d’Aulnay-Charnizé, le plus farouche châtelain connu dans les annales de l’Acadie, s'empara de presque tout le pays, força la colonie du Massachusetts à abandonner le parti du célèbre La Tour, qu’il déposséda, ainsi que l’estimable Denis, et fit d’abord approuver sa conduite à la cour de France. Ses succès en Acadie réagirent sur toute la Nouvelle-France, car la Compagnie des Cent-Associés ne pouvant réduire ce fier vassal, fut obligé

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