‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 124 sur 186 · OUI—PAG · texte numérisé non relu

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nistration Chauveau et premier ministre de la province de Québec en 1873, est actuellement surintendant des l’instruction publique.

Ouimet eue patriote, frère du précédent, décédé en 1853. Il fut président de l'association des Fils de la liberté durant les troubles de 1837-38.

Ouimet (J. A/dric), né à Ste-Rose en 1848. Durant la campagne du Nord-Ouest en 1885, il commanda le 65e bataillon des carabiniers mont-royaux (volontaires), dont il était alors colonel. Depuis 1873, M. Ouimet représente le comté de Laval à la Chambre des communes, dont il a été nommé orateur après les élections générales de 1886.

Ouréhouaré, chef de guerre iroquois, fut attiré à Cataracoui avec les autres chefs par René de Brisay, marquis de Denonville, saisi traîtreusement, et envoyé en France pour servir sur les galères. Louis XIV eut le bon sens de le renvoyer en Canada avec Frontenac, qui se l’attacha et l’admit même à son conseil. Il devint un homme aussi poli que valeureux, et bien qu’il combattît plusieurs fois contre les siens, il put encore être utile auprès d'eux pour les relations diplomatiques. Il fut à la tête de deux ambassades du canton des Goyogouins et de celui des Onneyouths en 1694 et en 1695. Lors de la seconde, il mourut d’une ‘pleurésie à Québec. Un père J'ésuite lui parlant des opprobres et des ignominies de la Passion. de Jésus-Christ, il entra, dit-on, dans un si grand mouvement d’indignation contre les Juifs, qu'il s’écria : “ Que n'’étais-je là ? je les aurais bien empêchés de traiter ainsi mon Sauveur.” Il fut enterré. avec les honneurs militaires.

. Quréouati, fameux chef de guerre et orateur iroquois, vulgairement appelé en Canada la Grande-Gueule à cause même de son éloquence, fut la terreur des Outaouais et de Ville-Marie naissante, humilia M. de La Barre et participa au massacre de Lachine. Le gouverneur Colden nous a conservé la mâle et fière harangue qu’il prononça à l’anse de la Famine. (C’est un beau morceau d’éloquence. Dans sa vieillesse, en 1712, il conclut un traité de neutralité,

Pagnuelo (Siméon), né à Laprairie en 1840, aujourd’hui

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juge de la Cour supérieure à Montréal, a publié en 1872 un ouvrage intitulé : Etudes historiques et légales sur la liberté religieuse en Canada, qui a été honoré d’un bref de Pie IX et de la haute approbation des évêques du pays.

Painchaud (Charles François), philosophe et ami de l’éducation, né à l’île aux Grues le 9 septembre 1783, étudia les mathématiques sous l'abbé Raimbaud, au presbytère de L’Ange-Gardien, avec Henry Hardinge, depuis pair d'Angleterre et commandant des forces à la mort du duc de Wellington. Après avoir fait son cours de théologie au séminaire, il fut ordonné le 21 septembre 1805 et fut employé comme vicaire à Notre-Dame de Québec. Ensuite, il fut envoyé dans les missions de la baie des Chaleurs, où il desservit des Acadiens, des Irlandais, et les sauvages de Ristigouche. Nommé à la cure de Ste-Anne Lapocatière par. Mgr Plessis, en 1814, il y fonda un beau collège, qui fut ouvert aux élèves en 1829. Il dut s'imposer bien des sacrifices pour doter l'établissement’ d’une bibliothèque et d’un cabinet de physique. Il mourut à Ste-Anne le 9 février 1838. Il y a plusieurs cantiques de lui dans le Cantiques à l'usage des missions de l'abbé Boucher-Belleville, entre autres, “ Enfants, la jeunesse, ” “ Nouvelle agréable, ” et il a laissé en manuscrit des Remarques sur la philosophie du comte de Bonald, des Observations sur les théories du comte de Maistre et des Recherches sur le magnétisme animal.

Panet, maison canadienne qui s’est élevée depuis la conquête.—Elle a produit un gardien des archives du gouvernement de Québec et greffier en chef du Conseil de guerre ou Conseil supérieur sous Murray : Jean Claude Panet, auteur d’une relation du siège de Québec ; quatre juges, un grand voyer, un coroner, un orateur de la Chambre des communes, un évêque et un membre de l'Exécutif.

Jean Antoine Panet, né en 1751, entra au barreau aussitôt que l’Angleterre leva la proscription qui pesait sur les Canadiens, ainsi que Pierre Panet qui, avant d’être juge, exerça à Montréal les deux professions de notaire et d'avocat, Il se fit une très grande clientèle. Elu député par la haute ville de Québec en 1792, après l'octroi de la constitution, il eut l'honneur d’être le premier président de la Chambre, où il présenta une requête des citoyens de Québec pour l’abo-

lition de l'esclavage. Lord Dorchester, ayant résolu de l'élever à la magistrature, recommanda à la Chambre d'élire un autre orateur en 1793, et la Chambre choisit M. de Lotbinière ; mais M. Panet résigna bientôt son siège à la Cour des plaidoyers communs pour ne pas venir résider à Montréal ; il fut réélu et toujours porté au fauteuil, jusqu'en 1815, qu'il fut appelé à la chambre haute. Son élection à la présidence en 1792 avait été un véritable triomphe pour la nationalité canadienne-française, car M. Richardson prétendait que les Canadiens étaient liés par la reconnaissance à adopter la langue anglaise, et il était appuyé, le croirait-on ? par Pierre Louis Panet, qui fut juge en 1794. Son élection à cette époque et à chaque parlement postérieur prouve le mérite extraordinaire de ce grand citoyen. T1 mourut la même année, 1815, le 17 mai, et fut inhumé dans la cathédrale par Mgr Plessis, Il avait été commissaire du roi pour le cadastre des biens des Jésuites, et adressa alors à lord Dorchester un protêt en forme de mémoire contre la partiulité des commissaires anglais et l’illégalité de leurs procédés, Une pension fut accordée à sa veuve par la législature. (Craig lui avait ôté son grade de lieutenant-colonel de la milice parce qu'il était un des fondateurs du Canadien, s'imaginant que dans un gouvernement constitutionnel la majorité de la population ne devait point avoir de journal !

Bernard Claude Panet, né à Québec le 9 janvier 1753, ordonné prêtre en 1778, fut élu coadjuteur de Mgr Plessis en 1806. Le pape Pie VII le nomma évêque de Salde en Mauritanie la même année, et il fut sacré l’année suivante. Evêque de Québec en 1825, il prit possession de son siège le 12 décembre et gouverna ut 1832, qu'il se retira à l’'Hôtel-Dieu de Québec, où il mourut en 1833, âgé de plus de 80 ans. Il fut inhumé à côté de Mgr Plessis Un employé du gouvernement disait de ce prélat, qu'il était le seul Canadien qu'il connût qui eût conservé son innocence baptismale, ce que sa physionomie annonçait en effet,

Papin (Joseph), un des hommes les los Déilranss qui parurent sur la scène politique à l'époque de la formation du parti libéral ; orateur passionné, dont l’éloquence grandiose et pittoresque entraînait les foules ; ardent chef de parti ne reculant devant aucun obstacle, toujours prêt à affronter les

plus grands dangers pour la défense de la cause qu'il soutenait. Ce tribun populaire, dont le souvenir est encore vivace à la mémoire de ceux qui l'ont connu, fut moissonné au début de sa carrière, alors que la vie lui promettait un avenir brillant. M. Papin naquit à L'Assomption en décembre 1825 et fitses études au collège de ce village, puis il vint à Montréal étudier le droit sous M. F. Pelletier. L'Institut canadien venait d’être fondé dans cette ville par la jeunesse libérale, le jeune avocat s’y fit bientôt remarquer par son patriotisme et l’ampleur de ses vues. Quand le parti rouge voulut se choisir un chef, un grand nombre voulait élire M. Papin, mais après quelques délibérations le choix tomba sur M. A. A. Dorion. Elu représentant du comté de L’Assomption, en 1854, contre M. S. Morin, M. Papin fut défait, quatre ans après, par M. L. Archambault et se retira momentanément de la scène politique pour se consacrer à sa profession. Il fut nommé avocat de la corporation à Montréal. M. Papin mourut le 23 février 1862, à l’âge de trente-six ans, regretté de ses adversaires comme de ses amis. Tous s'accordent à dire que s’il eût vécu plus de temps, il serait parvenu au premier rang. Donnons, en terminant, le portrait que fait de lui M. L. O. David dans l’Opinion publique du 24 août 1871. ‘“ L'un des types les plus remarquables du Canada français, par le corps et l'intelligence, rejeton puissant d’une race d’hommes grands et forts comme des chênes, M. Papin avait près de six pieds et trois pouces et de l'intelligence en proportion, une poitrine capable de contenir une batterie, une taille qui joignait l'élégance à la vigueur, et, dominant tout cela, une belle tête, une grande et magnifique figure brune, énergique et pleine de vie.

“Il nous semble encore entendre kes échos de cette immense voix qui ressemblait aux grondements du tonnerre, ou de la vague qui se brise sur les flancs sonores d’un rocher. Quelquefois, lorsqu'elle s'élevait pour doïiiner les bruits de la foule, on aurait dit les rugissements du lion au sein d’une forêt agitée par la tempête.

“ Il a été surtout remarquable dans les assemblées populaires ; le forum allait à sa grande taille, à ses vastes poumons. Le spirituel auteur de la Pléiade, comparant le parti rouge au club de la Montagne, disait que Papin en était le Danton.”

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Emile Chevalier écrivait, quelques jours après la mort de cet homme remarqnable :

‘ La démocratie canadienne vient de faire une perte considérable dans la personne de son chef le plus direct, M. Joseph Papin, décédé vers la fin du mois dernier, à L’Assomption, à l’âge de trente-six ans.

‘ C'était un tribun dans toute la force du terme. Il avait la parole entraînante et facile ; sa voix électrisait les masses, Grâce à son énergie, à son éloquence, les droits seigneuriaux ont été, en 1855, abolis au Canada. Il fut le Mirabeau de cette colonie, mais sans les hésitations, sans les défaillances de notre immortel orateur.

‘6 C'était un bon et noble cœur, plein d’abnégation, aimé de tous ceux qui le connaissaient, même de ses adversaires politiques ; et sa mort prématurée laisse dans le monde canadien un vide difficile à combler.”

Papineau, famille canadienne dans laquelle les grands talents ont été héréditaires comme dans celle des Bedard.

Joseph Papineau, un de nos patriarches constitutionnels, a exercé la profession de notaire à Montréal de 1780 jusqu’à 1841, année de sa mort. Il était si profond en loi, que ses opinions étaient citées au palais, et que le supérieur Roux cite sa manière de penser au sujet de la propriété des seigneuries de St-Sulpice, à côté de celle du baron Masères, de M. d'Outremont, magistrat à Londres, et de M. Dupin. ‘ Telle est aussi, dit-il, l'opinion de M. Papineau, qui tient le premier rang parmi ses compatriotes, et qui connaît parfaitement l’organisation de St-Sulpice.” Propriétaire de seigneuries, il protesta en 1790, par des motifs généreux et et désintéressés, contre le projet de commutation du chevalier Charles de Lanaudière. Elu membre du parlement provincial pour Montréal lors de l'octroi de la constitution, il fut réélu en 1797. Il présenta une requête des citoyens de Montréal pour l’abolition de l’esclavage. Un des chefs de l’opposition, il souffrit sous Craig avec Pierre Bedard, et le défendit, ayant eu plusieurs entrevues avec l’ombrageux capitaine. Le gouverneur l’accuse de ruse, en parlant d’une adresse de la Chambre : Zt was the cunning of the elder Papineau, who worded it in the manner in which it was presented. Il ajoute, de ses efforts pour obtenir la liberté de Bedard : Bourdages, Borgia and that set were as ever, but

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PAP 215 Papineau had somehow contrived to get the direction of the business in his own hands. Viger joined Papineau. The latter, before he would venture to present the resolutions, requested a conference with me, which I readily granted. It lasted an hour and a half. Nothing could be more correct than every opinion that he uttered ; but I soon saw that his whole aim was to get the release of Bedard, by any means by which it was possible to attain it, knowing fully well what the impression upon the province would always be, and that they would take care to represent, that it was an act to which they had compelled me. I gave him to understand that, if the resolutions were presented to me, there was much of both sophistry and of ambiguity in them, upon which I should think myself obliged to animadvert. With respect to Bedard, Z told him very plainly that no consideration should induce me, as far as I am concerned, to consent to his release during the sitting of Parliament ; and I did not hesitate to tell him that the grounds of my resolution in this respect were, that I considered the state of the Province to be such that it has become indispensably necessary for the dignity, and even the security of the King's Government, that it should be distincly made manifest, it was not the House of Assembly that was to govern it. We parted very good friends, though I saw he was much struck with my observations on the resolutions, which I believe he had himself suggested, though I do not know whether it was him or Bourdages who drew them up. On a imprimé ce parallèle de Bedard et de Papineau, nos premières grandes figures parlementaires : “ Une stature élevée et imposante, une voix pleine et sonore, une éloquence plus véhémente encore qu’argumentative, telles étaient les qualités dont Joseph Papineau était doué, qualités nécessaires pour faire de l'effet dans les assemblées populaires. Il conserva jusqu’à la fin de ses jours un patriotisme pur et la confiance de ses concitoyens, qui aimaiïent à entourer de leur respect ce respectable vieillard dont la tête droite et couverte d’une longue chevelure blanche qui flottait sur ses larges épaules, conservait encore le caractère de l'énergie et de la force. M. Bedard était loin d'offrir les mêmes avantages physiqnes. A une figure dont les traits fortement prononcés étaient irréguliers et durs, il joignait une pause peu gracieuse et une tenue très négligée. Bi-

zarre et insouciant, il prenait peu d'intérêt à la plupart des sujets qui se discutaient dans la Chambre, il parlait en général assez mal ; mais lorsqu'une grande question attirait son attention et l’intéressait vivement, il sortait de cet état d'indifférence pape avec une agitation presque fiévreuse, et embrassait d’un coup d'œil toute la profondeur de son sujet ; il l’entamait par des paroles qui sortaient d’abord de sa bouche comme en s’entréchoquant et avec effort ; mais bientôt sa voix devenait plus assurée et plus forte, ses idées prenaient de l’ordre dans sa tête ; il abordait ses adversaires avec une puissance irrésistible de logique : rien alors n’était capable d’intimider son courage ou de vaincre son opiniâtreté.” Joseph Papineau mourut avec la douleur de voir son fils proscrit et dans l'exil. On lit sur sa pierre tumulaire une inscription latine remarquable. Isidore Lebrun, dans le Tableau politique et statistique des deux Canauas, lui attribue à tort une brochure sur les droits des Canadiens à la conservation de leurs institutions, qui est de M. Viger.

II. Papineau (/'honorable Louis Joseph), son fils, né en 1786, étudia au collège de Montréal, où il ne fut pas un des meilleurs élèves ; maïs il apprit en son particulier l’histoire. On raconte de son enfance, qu’un jour, son père lui ayaut interdit là table, attendu qu’il n’avait point encore de barbe au menton, il dit au chat de la maison : “ Va manger à la table de papa ; tu as de la barbe, toi.” Admis au barreau, il entra très jeune encore au parlement, en 1809, ayant été élu par le collège électoral de Huntingdon qu'il conserva jusqu'en 1815. Il accepta la charge de juge-avocat de la milice en 1812. Elu pour Montréal en 1815, il fut porté à la présidence en conséquence de la retraite de M. Panet, appelé à la chambre haute. Il étuit recommandé, dit M. Bibaud, par ses talents oratoires naissants, et plus encore, peut-être, par le nom et la réputation de son père. Comme Panet, il devait être toujours réélu, si ce n’est en quelques circonstances où il ne put agir lui-même en cette qualité. Il était, à l'époque dont nous parlons, admirateur enthousiaste de la constitution de son pays ; aussi fut-il appelé au Conseil exécutif en 1820. Le biographe de lord Poulett Thompson et Montgomery Martin citent sa harangue de 1820 aux électeurs de Montréal comme preuve de sa bienveillance

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PAP 217 ænvers l'Angleterre, Mais les successeurs de Sherbrooke et le bureau colonial firent de grandes fautes, ils dénièrent à la chambre basse ses attributions financières les plus essentielles, et complotèrent même l'union des Canadas. M. Papineau se mit dès lors et avec raison en antagonisme avec l'exécutif, qui ne l'avait appelé dans son sein que pour le nullifier, et il porta en Angleterre, en 1823, la requête de 60,000 Canadiens contre l'Union. Vallières de St-Réal le remplaça en cette occasion au fauteuil présidentiel, Il avait pour collègue, dans cette députation, John Neilson ; ils publièrent à Londres en 1824 : À letter to His Majesty's under Secretary of State on the subject af the proposed union of Upper and Lower Canada, by L, J, Papineau and John Neilson. Lord Dalhousie, qui était le plus chaud partisan de l’Union, entra alors dans une lutte personnelle avec l’exorateur, et voulut l'empêcher d’être réélu à la présidence. Il fit une harangue incisive et acrimonieuse à laquelle Papineau répliqua, avec MM. Heney, Cuvillier et Quesnel, dans une adresse au peuple, Les élections leur furent favorables, Dalhousie voulut désapprouver l'orateur : la chambre se refusa à en élire un autre et le gouverneur voulut se passer de parlement ; mais un comité du parlement impérial inculpa toute son administration, et le duc de Wellington, qui arrivait au pouvoir, dut le rappeler pour l'envoyer commander, dans l'Inde, les troupes et non les peuples. Sir James Kempt approuva M. Papineau comme orateur et, non content de l’inviter à sa table, il accepta de lui un déjeuner. Le rôle de ce citoyen était beau alors, Mais, les nouvelles fautes des Anglais aidant, ces triomphes firent bientôt de lui, non plus un orateur ou président de la chambre, mais un tribun populaire (*). ñ fut un orateur éloquent qui

remua les masses et entraîna ses collègues. Il avait du nerf

‘dans ses paroles et ne perdait point le fil de ses pensées.

Les choses s'envenimèrent jusqu’à lord Gosford, qui promit tout et qui avait de la bonne volonté, M. Papineau, qui

(*) Whighs et Torys, par un tacite accord, laissent de côté le dédale d’embarras et d'obstacles où ce qu'ils nomment la fatalité a poussé l’Angleterre. Ils ne dicent pes que Papineau, l’illustre agitateur de l'Amérique du Nord, préside la Chambre d'’assemblée du Bas-Canada, et combat victorieusement leur domination sur une contrée aussi grande que l'Europe, —Charles Trolopp. *

semblait viser à la puissance souveraine, et qui redoutait un accommodement, continua la lutte, quoique abandonné par les Neilson, les Cuvillier, les Vanfelson, les Debartzch et les Caron. Il se trouva dans une fausse position ; mais sir Francis Bond Head le tira d’embarras en publiant ses instructions secrètes et en y mêlant celles de lord Gosford. M. Morin et M. Berthelot lui demeurèrent dévoués. Il méprisa alors les conseils de Joseph Hume, organisa le conseil central et permanent et les Fils de la liberté, et prétendit faire élire des officiers et des magistrats par le peuple. Sommé, en qualité de major dans la milice, de répondre de ses actes, il fit une réponse audacieuse. L'assemblée des cinq comtés le précipita dans la révolte. Lord Gosford ayant proclamé la loi martiale après une longue léthargie, et émané des mandats d’arrestation, Papineau écrivit à l'autorité qu’il espérait qu’on ne le rendrait point responsable des troubles qui éclataient dans la province, que le peuple seul s'était décidé à maintenir ses droits, qu’il ne pouvait rien sur la volonté du peuple ; mais il gagna en même temps le foyer de l'insurrection et se trouva avec le docteur: Wolfred Nelson à St-Denis avant la lutte ; de là, néanmoins, il gagna les Etats-Unis sans combattre. Il chercha à engager le gouvernement américain dans la lutte, mais sans succès, et fut supplanté à l'assemblée de Middlebury, dans le Vermont, par le docteur Robert Nelson, dont il ne voulut pas signer l’acte d'indépendance parce que, a-t-on dit, il contenait une clause contre le système féodal. Il paraît qu'il avait eu jusque-là le titre de président de la République canadienne, que son collègue assuma alors. Il gagna la France, où il vit Lamennais, Benjamin Constant et autres. Il publia dans le recueil parisien /« Revue du progrès la première partie de son Æistoire de l'insurrection canadienne. Quand il n'avait pas encore quitté l'Amérique, il reçut de lord Durham des ouvertures par l'entremise de son agent Wakefield, mais il les accueillit avec fierté. A l'avènement de ses anciens partisans au pouvoir, il fut fort caressé et recherché par l'administration La Fontaine ; il lui fut passé de l'argent pour faire à Paris des recherches de manuscrits sur le Canada. Il put rentrer dans sa patrie en 1844, et on lui fit payer tous les arrérages de son salaire en qualité d’orateur. Sous M. Viger, une

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