‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 48 sur 186 · DOU—DUB · texte numérisé non relu

DOU—DUB

jet. Louis Archambault, Il n'ya pas eu en Ecosse de plus en illustre maison que celle de Douglas.

net Doutre (Joseph), avocat distingué de Montréal, se fit retes. marquer par ses talents professionnels et l'indépendance de , loi son caractère ; il ne reculait devant aucun obstacle pour ast la surer le succès d’une cause qui lui semblait juste. Sa faine mille est originaire du Roussillon ; son grand-père venait à ma- peine d'arriver au Canada lorsque ce pays passa sous la don’a minatican anglaise. M. Doutre naquit à Beauharnois en asse 1825, et reçut son éducation au collège de Montréal. A l’âge ière de dix-huit ans, il fit paraître son premier ouvrage, intitulé fai- Les Fiancés de 1812, En 1848 il publia Le Frère et la Sœur, une A roman qui fut plus tard réédité à Paris. On peut ajouter à ses œuvres Le Sauvage du Canada et une série d’essais biobec, graphiques sur les hommes politiques de cette époque, série ice, qui parut dans l'Avenir, Elu, l’un des premiers, membre de r à l'Institut canadien, il en fut toujours le défenseur. Cette elle institution obtint sa charte pendant qu'il en était le présime, dent. Lorsque, en 1853, commença la lutte pour l’abolition sto- du système féodal en Canada, M. Doutre se mit à la tête de jour ce mouvement. Un an plus tard, le parlement passait une tant loi abolissant les droits seigneuriaux dans notre pays. En , en 1861, M. Doutre, pressé par ses amis politiques, brigua la En candidature dans le comté de Laprairie, mais il fut défait ; avec depuis lors il quitta l'arène politique pour se consacrer vie. entièrement À sa profession. On a de lui une lecture relui marquable sur les Chartes du Canada, tableau complet et ions concis de ln constitution politique du pays sous le gouverneâgé ment français, En 1869 commença le célèbre procès Guibord, plaidé par M. Doutre avec beaucoup de ténacité et l'en gagné par lui après plusieurs années de lutte. M. Doutre St- : mourut en 1886, laissant après lui une réputation de grande Pié- probité et de jurisconsulte éminent. .

in, Draper (l'honorable W. Æ.), légiste et homme d'Etat, prens, mier ministre en 1844, a été envoyé à Londres, par le gous Dou- vernement canadien, pour faire valoir les droits du Canada au un territoire de la baie d'Hudson. On a de lui, outre le raplans port de ses négociations, un ouvrage sur le droit criminel ncë- du Haut-Canada. Il a été président de l’Institut canadien De de Toronto. .

Duberger (Jean-Baptiste), célèbre ingénieur, géographe et

mécanicien canadien. Après avoir fait un cours d’études. classiques au séminaire de Québec, devint dessinateur dans le corps des ingénieurs royaux, et exerçait cet emploi en 1814, durant la dernière guerre. Dès 1809 le voyageur Lambert écrivait : “ Avant que je quitte le sujet des arts en Canada, pays plus capable en apparence de soutenir que de créer le génie (*), je ne dois pas omettre de faire mention d’un monsieur du nom de Duberger, natif de ce pays, et officier dans le corps des ingénieurs et dessinateurs militaires, pour lui rendre le tribut d’éloges qu’il mérite à si juste titre. C’est un homme qui s’est créé lui-même par son génie, si l’on peut ainsi parler, et qui n’a eu pour sinstruire d’autres avantages que ceux que lui fournissait la province, car il n’est jamais sorti de son pays. Il excelle dans les arts mécaniques et dans les plans et dessins de mesurage militaire. : Plusieurs de ses grandes esquisses du pays sont déposées au bureau du génie. La seule carte correcte du Canada qui ait été publiée, par Faden à Londres, au nom de M. Vondenvelden, a été dressée par Duberger et un autre monsieur (Charland). Mais :e plus important de ses ouvrages est un modèle de Québec, qu’il a fait, aidé du capitaine Byson, son compagnon de collège. Il a plus de 35 pieds et comprend une partie considérable des hauteurs d'Abraham, jusqu’à l'endroit où Wolfe fut tué. Le tout est entièrement taillé dans le bois et modelé sur une certaine échelle indiquant la forme mêne et la projection du cap, les élévations et les déclivités dans la ville et dans les plaines, particulièrement les éminences qui commandent la garnison. Tout est d’une exactitude et d’un fini qui ne laissent rien à désirer.” Ce modèle fut envoyé en Angleterre et déposé à l’arsenal de Woolwich en 1813. Marmier, dans son Voyage en Amérique, attribue à Duberger la principale part dans les travaux de fortification de Québec, et prétend que d’autres se sont attribué ce qu’il a fait en ce genre. On voit par l’Almanach de Québec pour 1815, que J. B. Duberger, jeune, était assistant dessinateur dans le corps des ingénieurs en même temps que son frère.

Ducalvet (Pierre), un: des plus remarquables figures de nos anrales politiques, s’évait acquis une grande fortune par

(*) Ce devrait être l’inverse,

le commerce des pelleteries sous la domination française, et n’abandonna point le pays après la conquête. Le Canada fut administré selon les lois françaises jusqu’à la paix de Versailles, en 1763. L'année suivante, il fut soumis aux lois anglaises, et les Canadiens éloignés des charges à cause de leur religion. Hugunot, Ducalvet ne partagea point leur disgrâce et fut fait juge de paix ou magistrat. Ses compatriotes ne pouvaient être avocats au barreau ; pour remédier à cette injustice, il se mit à accorder les parties comme autrefois l’intendant Raudot. Son tribunal était l’âme de la justice, qui était deniée aux Canadiens partout ailleurs. Mais c’est surtout comme moteur de la constitution que Ducalvet est célèbre parmi nous. Il fit une guerre ouverte au système administratif qui régnait sous le Conseil législatif, comme entaché selon lui de doctrines despotiques, puis à sir Frederick Haldimand personnellement ; il demanda à grands cris pour les Canadiens les droits de sujets anglais comme il les entendait, et rédigea un plan de constitution en tout semblable à celle qui fut octroyée en 1791, moins l’université et le régiment de deux bataillons ; encore ce régiment fut-il levé en 1796. Il osa poursuivre en Angleterre Haldimand, qui ne l'avait incarcéré que sur des preuves écrites de sa trahison, et réclamer en mêne temps de Benjamin Franklin, à Paris, le paiement de ce qu'il avait fourni au Congrès. Il publia à Londres la Zettre aux Canadiens et l’Appel à la justice de l'Etat, adressée au roi, au prince de Galles, aux ministres et aux membres du parlement. Ces écrits sont pleins de force et d’une éloquence rude et inculte. L’ex-jésuite Roubaud, de Québec, passe pour l'avoir aidé dans ce travail. Ducalvet alla deux fois en Angleterre, la première en 1783, en compagnie de son fils unique, né en 1773 et âgé de 10 ans ; son épouse, Louise Juseaume, était morte en 1774. Il laissa son enfant à Londres. Ilse trouvait en Canada dans l’hiver de 1785 à 1786, et repartit au mois de janvier pour l’Angleterre, afin d'y donner suite à ses accusations contre Haldimand ; mais il paraît avéré que le navire sombra en mer. P. Ducalvet fils, demeuré à Londres, y vivait encore en 1796. On voit donc qu’il ne fut pas jeté à la mer, et que sa mère ne fut point rendue folle par de cruelles terreurs, comme on l’a dit. Tout ie monde ne jugera pas Ducalvet au même point de vue.

Ceux dont la loyauté au gouvernement établi est à l'épreuve, le trouveront en faute, et ceux qui n’admirent pas la constitution anglaise ou qui déplorent le résultat qu'elle a eu ou qu’elle aura en Canada, lui auront peu de reconnaissance, et se rappelleront qu’il s’allia, pour la demander, aux Anglais de la colonie et aux Loyaux Américains. Ceux au contraire qui aiment cette forme de gouvernement, croiront la lui devoir ; ils se souviendront que ce fut pour la leur obtenir qu'il ruina sa fortune, et que même il périt à l’occasion de ses efforts dans cette cause politique. ‘ Petit de taille, beau de figure, noble d’attitude, loyal de caractère, chaud de cœur, il était taillé dans le granit des héros de Rome et de Sparte dans leur meilleur temps,” a dit un de ses partisans.

Duchaîne (l'abbé), savant clerc mineur décédé dans un âge avancé en 1854, a été pendant de longues années le seul Canadien qui s’occupât ex professo des sciences exactes en dehors des collèges de la province. Après avoir enseigné la théologie dans le Haut-Canada, il fit plusieurs inventions ou perfectionnements, construisit des ponts et fournit les églises et édifices publics de paratonnerres. Ilprépara aussidurant de longues années le calendrier. Il traduisit, compila ou composa de nombreux traités surla grammaire, la géographie, la chronologie, l’histoire, les belles-lettres, les mathématiques, l’astronomie et la physique, qui, malheureusement, ne servirent qu’à lui-même dans sa carrière enseignante, car il n’a jamais publié de livres. Sur la question de l'instruction publique, il précéda ceux qui s’en sont occupés, comme le docteur Meilleur et le juge Mondelet, et même M. Perrault, témoin son plan remarquable imprimé dans l'Encyclopédie canadienne, livraisonsde janvieret février 1843, etalors déjà vieux de 20ans. M. Barthe dit du clergé canadien dans le Canada reconquis publié à Paris : ‘“ Ce corps a compté parmi ses savants un abbé modeste qui a vécu et est mort dans la retraite, l'abbé Duchaîne, voué de l'instruction de la jeunesse :t à l'étude silencieuse des sciences, dont il approfondissait les arcanes, comme cet évêque d’Avranches, Huet, au sujet duquel les paysans, qui le trouvaient toujours à l'étude, exprimaient si naïvement leur surprise qu'on leur eût envoyé un évêque qui n'avait pas terminé ses études.”

Ducharme (CA. 11.), jeune écrivain de talent, qui nous a

DUD—DUM 83 donné Ris et croquis et une série intéressante d’études et de critiques sur les œuvres de nos littérateurs canadiens, qui a paru dans le National de Montréal. Malheureusement la mort l’enleva au début de sa carrière ; il mourut en novembre 1890, à peine âgé de vingt-six ans.

Dudouyt (Jean), chanoine promoteur de l’offcialité de Québec et grand vicaire, d’une ancienne famille de Hauteville, au diocèse de Coutances, dans la Bretagne, exerça le ministère en Canada de 1659 à 1689. Il fit connaissance de Mgr Laval de Montmorency à Caën, chez l’ermite de Bernières, frère de celui qui vint en Canada, et suivit ce prélat. Ce fut lui qui donna le permis pour construire à Montréal la célèbre chapelle de Bonsecours.

Duhamel du Monceau (Zouis Henri), membre de l'Académie des sciences de Paris, et botaniste de réputation, vint en Canada en 1740 et y tint un journal d'observations météorologiques de 1741 à 1744. Il avait été reçu à l’Académie en 1728. Nous avons eu, depuis, un météorologue distingué dans le professeur Smallwood, M.D. et LL.D., qui a figuré avec avantage dans les congrès scientifiques d’Albany et de Montréal.

Duhamel is a que ses talents et son énergie ont fait nommer ministre, à peine âgé de trente ans, est né en 1855. Conservateur dès le début de sa carrière, il devint, après l'exécution de Riel, l’un des chefs du mouvement national, et lorsque ce parti eut triomphé, en février 1887, M. Mercier, pour reconnaître les services rendus par M. Duhamel, lui donna un portefeuille de ministre. Il est aujourd’hui commissaire des terres de la couronne. On lui doit l'abolition de la réserve forestière. M. Duhamel est un orateur éloquent et sympathique.

Dumas (C.), un des plus illustres guerriers qu’ait produits le Canada, acheva la victoire de la Monoghahéla après la mort du chevalier de Beaujeu, et lui succéda dans le commandement de l'Ohio. Il fit, du fort Duquesne, des incursions dans la vallée, et jusque dans la Pensylvanie, enlevant le fort Grenville, à 20 lieues de Philadelphie. Créé major général des troupes de la marine, il brûla la flottille anglaise, de 300 bateaux, sous le fort George, dont il assura ainsi la chute. Sa gloire ne fit qu’augmenter dans la funeste campagne de 1759, malgré son échec à la Pointe-Lévis.

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