GAU
II.—On connaît les Gauthier de Varennes, de La Vérendrye, de Comporté.
René Gauthier de Varennes, qu'on a confondu mal à propos avec M. de Valrennes, arriva simple lieutenant dans la Nouvelle-France, où il épousa une fille de l’illustre famille de Boucher,—la fille même du chef de cette maison canadienne, et devint gouverneur des Trois-Rivières, poste qu'il occupa durant vingt-deux ans, jusqu’à sa mort. Jean-Baptiste Gauthier de Varennes, ordonné prêtre le 3 décembre 1700, mort en 1726, fut chanoine à Québec, le 18 octobre 1702, grand pénitencier le 26 novembre 1716 et enfin conseiller clerc au Conseil souverain. Un Gauthier de Varennes périt en passant en France en 1761.
Pierre Gauthier, sieur de La Vérendrye, fils de René Gauthier, servit dans la Nouvelle-Angleterre en 1704 et à Terre- Neuve en 1705. Il passa ensuite en Flandre dans les grenadiers du régiment de Bretagne, où son frère aîné, tué plus tard en Italie, était capitaine, et gagna par neuf blessures le grade inférieur de lieutenant. De retour en Canada, il s'occupa avec le marquis de Beauharnois des moyens de compléter la découverte du continent jusqu’à ses dernières limites occidentales. Il forma une compagnie commerciale afin de payer les dépenses, et partit de Montréal en 1731. Prenant la route du lac Supérieur, il passa par Kaministiquia, poste établi par le sieur Robutel de Lanoue en 1717, construisit des fortins sur les lacs la Pluié, des Bois, Winnipeg et sur la rivière St-Pierre, marchant à la découverte de la mer de l'Ouest. Il avait perdu dans une île du lac des Bois un de ses fils, le P. Auneau et plusieurs de ses hommes, massacrés par les Sioux (1736). Il parvint cependant, en 1738, chez les Mandans, puis en 1742 vers le haut Missouri, et en 1743, il atteignit les montagnes Rocheuses, 60 ans avant Lewis et Clarke. Le gouvernement refusant de faire de nouvelles avances, M. de La Vérendrye, déjà bien endetté, retourna à Québec pour remettre sa commission, et devint capitaine de la garde du marquis de La Jonquière. Bientôt les amis de ces découvertes étant parvenus à engager le ministre de la marine à faire de nouveaux efforts afin qu’on les poussât jusqu’à l'océan Pacifique, ce voyageur infatigable allait se mettre en route, quand il mourut le 5 décembre 1749. Un chevalier de La Vérendrye périt avec l’Auguste en 1761.