‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 83 sur 186 · JUC · texte numérisé non relu

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81 ans, et Sophie d'Harvey, épouse de Joseph Clément Irénée Trénée, comte de Luppé, ancien membre des Assemblées constituante et législative.

L'homme le plus célèbre de cette inaison canadienne a été le général baron Juchereau de St-Denis. Il vint à Québec durant la révolution, entra chez un avocat, et n'ayant pu obtenir de l'emploi du général Prescott, il repassa en France avec Alexandre de Léry et remporta plusieurs prix à l’école polytechnique. Ayant servi sous Marmont en Dalmatie, ou sous Sebastiani, il devint directeur du génie de l'empire ottoman et épousa une Grecque, dans le pays de laquelle il fut plénipotentiaire. Son épouse lui donna une fille qu'il a mariée au général d’'Espinasse. Ayant

s été chef d'état-major du maréchal de Bourmont en 1830,

cette circonstance lui a donné occasion de publier un livre sur la conquête d'Alger, en 1844. Eustache, son neveu, aussi excellent diplomate, a épousé demoiselle A. Ottar de La Grange. Il est venu à Santa-Fé de Bogota en qualité de chargé d’affaires, puis s’est retiré en Corse. .

Les Jucherau Duchesnay émigrèrent en partie lors de la conquête. Un d’eux fut lieutenant-colonel d'artillerie, commandant de Charleville, et périt dans une émeute en 1792. Il était frère du marquis.

En Canada, l'honorable A, L. Juchereau Duchesnay fut membre du Conseil exécutif en 1794 ; et l'honorable A. Duchesnay, membre du Conseil législatif en 1810. Les seigneuries de Fossambault et de Gandarville étaient dans leur famille.

Juchereau et Chevalier Duchesnay servirent dans le 60e régiment de troupes légères à quatre bataillons fondé par le duc de Cumberland, comme Bouquet, écuier, Salaberry, puis devinrent capitaines dans les Voltigeurs. On connaît leurs services dans ce corps immortel. Ils devinrent tous deux lieutenants-colonels, et Chevalier Duchesnay fut aussi député adjudant général. Nommés inspecteurs de la milice avec MM. de Bellefeuille et Heriot, par.un ordre général du 2 avril 1828, ils reçurent les remerciements flatteurs de lord Dalhousie avant son départ définitif pour l'Angleterre. ‘ Le gouverneur en chef, est-il dit, croit de son devoir de remarquer que le lieutenant-colonel Chevalier Duchesnay a présenté d'excellents diagrammes de chaque bataillon sous son

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inspection, sans aucuns frais pour le service public ;et S. E. les regarde comme une addition précieuse à être déposée dans le bureau de l’adjudant général, afin qu’on puisse y avoir recours en tout temps.”

dumonville (Villiers de), jeune officier canadien tué par les Anglais dans la dispute des deux nations pour le territoire de l'Ohio, tandis qu’il agissait comme parlementaire, et immortalisé par le poème de l’académicien Thomas, intitulé : La Mort de Jumonvwille.—Voyez Villiers.

Juneau (Salomon), fondateur de Milwaukee dans le Wisconsin, mort en novembre 1856, était Canadien et naquit à Repentigny, sur la rivière de L'Assomption, en 1792. Il se fit remarquer de bonne heure par la force de sa volonté et cet esprit d'entreprise dont sa carrière aventureuse fournit un exemple si frappant. Jeune homme à l’âme fortement trempée, il quitta son pays au printemps de 1828 et atteignit les contrées de l'Ouest. Durant deux années de vie solitaire il se levait avec le soleil et se couchait avec lui, n'importe où, mais toujours à la belle étoile, tantôt sur l’herbe, tantôt sur un rocher, et quelquefois dans le creux d’un vieil arbre, comme il le disait dans ses lettres à sa famille. Vers le printemps de 1830, il alla s'établir sur les bords du Milwaukee avec deux trappeurs qu’il avait rencontrés sur sa route. Aidé de ces pionniers, comme lui infatigables et hardis, il abattit quelques arbres, les dégrossit tant bien que mal, et construisit d’abord deux ou trois cabanes informes à l’endroitmême où la belle ville de Milwaukee étale aujourd’hui, des deux côtés de la rivière, ses mille maisons élégantes et coquettes. Il faisait la traite avec les sauvages. D’autres coureurs de bois vinrent se joindre à lui ; chaque mois la hache des travailleurs reculait la forêt. Salomon, chef de la nouvelle république, traçait lui-même les rues, organisait le travail. En 1837, Milwaukee comptait une population de 700 âmes. Quatre ans plus tard, le chiffre des habitants avait quintuplé. En 1846, la population s’éleva à 9,655 individus, et l’année suivante à 14,051. Dès lors elle marche à pas de géant, on l’incorpore et J'uneau est élu maire par acclamation. Milwaukee compte aujourd’hui plus de 60,000 âmes. Salomon Juneau tomba malade dans son dernier voyage, le 12 novembre 1856. Il dit à un ami qui l’accompagnait : ‘ J'espère être bientôt à Milwaukee, je serai heureux de la

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revoir, car je ne pense pas y avoir un seul ennemi.” Il n’eut pas cette consolation ; en effet, le 28, les citoyens lui faisaient des obsèques publiques. Le général Grant commandait les troupes, l'évêque catholique officiait et le R. P. Teardon prononçait le panégyrique du défunt. Les Indiens lui avaient donné un tombeau temporaire, une sauvagesse lui avait pris les mains en pleurant, et priant tout bas, y avait imprimé plusieurs baisers, puis l'avait quitté silencieusement ; une autre avait coupé une mèche de ses cheveux.—Ta fondation de Milwaukee par Salomon Juneau nous rappelle celle de Dubuque par un Canadien, le sieur Dubuque, de St-Pierreles-Becquets, district des Trois-Rivières. Les Indiens lui avaient donné un grand lot de terre dans l’Iowa, et Dubuque se fondait, tandis qu’il revenait mourir dans sa paroisse.

Kelley (Jean-Baptiste), grand vicaire et chanoine honoraire du diocèse de Montréal, né à Québec en 1783, décédé en 1855, fut honoré de ces dignités en récompense d'in voyage qu'il fit à Rome, d’où il rapporta en Canada des reliques de saints. Ordonné prêtre en 1806 par Mgr Plessis, dont il fut sous-secrétaire, il eut d’abord la mission de Madawaska dans le Nouveau-Brunswick, rentra en Canada en 1810 pour occuper la cure de St-Denis, et obtint en 1817 la cure importante de Sorel, qu'il ne quitta qu’en 1849, pour être mis à la retraite.

Kempt (sir James), général et gouverneur anglais, mort à Londres le 21 décembre 1854, avait reçu sa commission dès le temps que le marquis de Granby était commandant des forces. Il se signala fort dans la Péninsule, où il prit par escalade la Picurina et le château de Badajos, força la Bidassoa, etc. À Waterloo, il commanda l'aile gauche après la mort de Picton. Successeur de Dalhousie en Canada, après avoir gouverné la Nouvelle-Ecosse, il plut à M. Papineau et concilia les esprits. Son succès était sans doute dû à ce qu’il connaissait le pays. Il avait été quartier maître général sous l’ombrageux Craig. Sir George Prevost, qui lui donna le commandement à Kingston, fait son éloge dans une lettre du 26 août 1814. Sir James Kempt fut plus

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