‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 85 sur 186 · KON · texte numérisé non relu

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reux vainqueur des Iroquois fit cesser ces murmures et signa les préliminaires du 8 septembre, en disant : ‘ J'ai toujours écouté la voix de mon père, et je jette ma hache à ses pieds ; je ne doute point que les gens d'en haut ne fassent de même. Iroquois, imitez mon exemple.” Une nouvelle conférence fut convoquée pour l’année 1701, Montréal se vit remplie de sauvages de toutes les nations, au nanbre de plus de 2,000. M. de Callières, alors gouverneur général, fondait sa principale espérance pour le succès de ses desseins sur le chef huron, à qui l’on avait presque toute l’obligation de cette réunion et de ce concert jusqu'alors inconnu pour la paix générale. Il se trouva mal au milieu de la conférence : on le secourut avec empressement, Quand il fut revenu à lui, il manifesta le désir de dire quelque chose ; on le fit asseoir dans un fauteuil au milieu de l'assemblée, et tout le monde s’approcha pour l'entendre. Il fit avec modestie et dignité le récit de ses démarches pour amener une paix universelle et durable, Il appuya beaucoup sur la nécessité de cette paix et les avantages qui en reviendraient à toutes les nations, en démêlant avec une étonnante adresse les intérêts des uns et des autres. Puis, se tournant vers le gouverneur général, il le conjura de justifier par sa conduite la confiance qu’on avait en lui. Sa voix s’affaiblissant, il cessa enfin de parler. Doué au suprême degré de cette éloquence pleine d'images des enfants de l'Amérique, il reçut encore dans cette imposante circonstance ces vifs applaudissements qui couvraient sa voix chaque fois qu'il l’élevait dans les assemblées publiques. S'étant trouvé plus mal à la fin de la conférence, il fut porté à l’'Hôtel-Dieu, où il mourut le lendemain, vers deux heures du matin, Son corps fut exposé en habits militaires, le gouverneur général et l’intendant allèrent les premiers lui jeter l'eau bénite, puis le gouverneur de Montréal et M. de Joncaire, à la tête de 60 guerriers du Sault-St-Louis qui le pleurèrent et firent des présents à sa famille. Le lendemain, on tit ses funérailles, qui eurent quelque chose de magnifique et d'imposant, Monsieur de Saint-Ours, premier capitaine, ouvrait la marche avec 60 soldats ; venaient ensuite seize guerriers hurons, marchant quatre à quatre, vêtus de longues robes de castor, le visage peint en noir, et le fusil sous le bras, Le clergé précédait le cercueil, soutenu par six chefs de guerre et

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couvert d’un poèle semé de fleurs et sur lequel on avait mis un chapeau, un hausse-col et une épée. Les frères et les enfants du défunt suivaient, accompagnés des chefs des nations, et M. de Vaudreuil, gouverneur de la ville, fermait la marche avec l'état-major. Il fut inhumé dans l’église paroissiale, et l’on mit sur sa tombe : ‘ Ci-gît le Rat, chef huron. ” ‘ Kondiaronk ” eût signifié infiniment plus ! Après les funérailles, M. de Joncaire mena les Iroquis de la montagne faire leurs condoléances aux Hurons, auxquels ils présentèrent la figure d’un soleil et un collier de porcelaine, en les exhortant à conserver l'esprit et à suivre les vues du grand homme qu'ils venaient de perdre. Cette mort causa une affliction générale. L'influence de Kondiaronk et le cas qu'on faisait de ses conseils duns sa nation étaient tels, qu'après la promesse que M. de Callières avait faite à ce chef mourant, de ne jamais séparer les intérêts de sa nation de ceux des Hurons, ceux-ci gardèrent toujours aux Français une fidélité inviolable. Jamais sauvage n'avait montré plus de génie, plus de valeur, plus de prudence, plus de connaissance du cœur humain. Des mesures toujours bien combinées, sinon toujours justes, et les ressources inépuisables de son esprit, lui assurèrent des succès constants. Il brillait autant dans les conversations particuliètes que dans les assemblées publiques par ses reparties vives, pleines de sel et ordinairement sans réplique. Il était le seul homme du Canada qui pût, en cela, tenir tête au comte de Frontenac, qui l’invitait souvent à sa table, afin. de procurer à ses officiers le plaisir de l'entendre ; et il ne craignait point de dire qu’il ne connaissait parmi les Français que deux hommes d’esprit,ce général et le P. Carheil. L’estime qu’il avait pour ce jésuite fut, dit-on, ce qui le détermina à embrasser le christianisme.

Kussick (David), Iroquois Tuscarora qui a publié : Esquisse de l'histoire ancienne des cinq nations, comprenant : I° Le récit fabuleuxou traditionnel de la fondation de la grande île maintenant l'Amérique septentrionale, de la création du monde et de la naissance des deux enfants ; IT° l’établissement de l'Amérique septentrionale, et la dispersion de ses premiers habitants ; III° l’origine des cinq cantons iroquois, leurs guerres, les animaux du pays, etc., etc. ; Lewiston (Haut-Canada), 1829. Kussick était un vieillard qui,

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