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devenu invalide par accident, se dédommagea de la chasse en devenant l'historien de sa nation. Ila rapporté en un langage figuré mais peu intelligible, les légendes et les traditions non moins que l’histoire des Iroquois, dont il trace, avec un air de bonne foi qui peut en imposer, la suite des sg chefs à partir d'Atotarho, leur premier héros. Son ivre est illustré de gravures grossières représentant les géants et les monstres humains dont .il parle dans son étrange récit. (Cet échantillon de littérature sauvage est np une des plus curieuses productions de l’imprimerie.
Labelle (Antoine), nommé, à juste titre, l’apôtre de la colonisation, naquit à Ste-Rose, le 24 novembre 1834. Ordonné prêtre le ler juin 1856, il fut d’abord vicaire au Saultau-Récollet et à St-Jacques-le-Mineur, puis ensuite curé de St-Antoine, dans le township de Starnesboro, et de St-Bernard de Lacolle. En 1868, on lui donnait la cure de St- Jérôme où il devait, plus que partout ailleurs, déployer son zèle et son activité, Cette ville lui doit son agrandissement, et grâce à lui elle est reliée à Montréal, depuis plusieurs années, par un chemin de fer, le premier qui ait été construit pour le bénéfice des colons des paroisses du Nord. On x dit avec raison que le curé Labelle était l’homme d’une idée, aussi lorsqu'il avait projeté une entreprise il ne s’arrétait qu'après avoir atteint le but. C’est ainsi qu'il parvint à faire construire cette voie ferrée sans laquelle il eût été forcé do renoncer à ses projets de colonisation. Il remua ciel et terre, fit maints et maints voyages à Québec, il écrivit et fit écrire, passa des semaines et des mois au siège du gouvernement ; enfin le succès couronna sa persévérance.
L'inactivité aurait tué le curé de St-Jérôme. Ayant réussi sur ce premier point, de nouveaux projets germèrent dans son esprit. Voulant prévenir l’émigration de ses compatriotes aux Etats-Unis et conserver la nationalité canadienne-française, il résolut de peupler la vallée de l’Ottawa. Ayant obtenu l'approbation du gouvernement et agissant sous ses auspices, M. Labelle s’adressa aux populations de l’Europe centrale pour les inviter à venir peupler les terres
138 LAB fertiles du nouveau monde et perpétuer avec nous les traditions de nos pères.
En 1885 et en 1890, M. Labelle entreprit deux voyages en France pour aider à la réussite de ses projets de colonisation et faire connaître lui-même, aux colons désireux de s'établir en Amérique, les avantages dont ils jouiraient en venant dans un pays où ils retrouveraient le langage, la religion et les coutumes de leur patrie,
Peu de temps après la victoire du parti national, M. Mercier, connaissant les capacités du curé Labelle, le nomma député-ministre de l’agriculture.
En terminant cette courte notice biographique, qu il nous soit permis de citer ce que disait sur le curé de St-Jérôme, M. Demanche, journaliste français, dans un article du Monde illustré, en date du 24 octobre 1885 :
“Le révérend M Labelle est un des hommes les plus populaires du Canada français. D'une forte stature, doué d’une physionomie franche et sympathique, ayant en lui tout ce qu'il faut pour faire un tribun, il possède encore, bien que déjà chargé de plus de cinquante années, l’entrain du jeune homme. Il est du rozzbre de ceux qui pensent qu’une honnête gaieté n’est pas bannie des choses de ce monde et souvent sur sa figure s’‘panouit un de ces gros rires malicicux qui charme s’il ne désarme pas toujours ses contradicteurs. C’est un homme tout rond au physique comme au moral. L'idée qu’il poursuit depuis longtemps est l’extension de l’élément français dans le Dominion.
“ Il n’a pas peu contribué à la création de la Compagnie canadienne-anglaise de navigation, qui, pour réussir dans ses rapports directs avec la France, devra nécessairement ouvrir ses rangs, à tous les degrés hiérarchiques, à l'élément français, mieux en état qu'un autre d'y introduire dec réformes indispensables,
“Le curé Labelle a entrepris encore de diriger sur le Canada, ceux de nos compatriotes désireux d’émigrer et de trouver dans un pays jeune et sympathique une place sufiisante pour leur activité.
‘ C’est dans ce but qu'il est venu passer plusieurs mois à Paris, le printemps dernier, et les habitants du quartier de la Madeleine ont pu le rencontrer souvent, discutant avec animation et cherchant à faire pénétrer ses idées dans quelque tête parfois rebelle aux idées de colonisation.