LAU—LEC
IIT. Lauzon (Messire Jean de), son fils, chevalier de Charny, seigneur sur la rivière L'Assomption en 1652, grand sénéchal de la Nouvelle-France. Il servit dans les régiments de Navarre et de Picardie, posséda l'estime du duc d’Epernon, et fut tué dans un combat, par les Iroquois, en 1660. Charles de Lauzon Charny épousa d’abord demoiselle Giffard, fille du fameux seigneur de Beauport. Cette dame étant morte en 1656, il passa en France, revint en 1657, et embrassa l’état ecclésiastique après avoir été commandant général de la colonie ou gouverneur général, ainsi que son père prétend l'instituer par sa commission. Il fut official et grand vicaire de Mgr de Laval-Montmorency, et mourut le 22 avril 1673.
V.—(Frangçois de), conseiller au parlement de Bordeaux qui reçut une concession de soixante lieues de pays en Canada, et qui est désigné seigneur de La Citière et de Gandarville, Il eut le premier des vassaux, les Jésuites à la Prairie de la Madeleine, les Le Moine à Longueuil, et la Compagnie de Montréal dans l’île de ce nom. M. de La Dauversière obtint de lui le traité de concession en 1640, à Vienne en Dauphiné.
Le Ber {'eanne), célèbre recluse canadienne, cousine germaine du premier baron de Longueuil et fille du plus riche négociant du Canada, excellait dans les ouvrages de broderie et travailla le drapeau avec lequel son cousin marcha contre les Anglais en 1710. Elle quitta le monde, donna son patrimoine à la Congrégation de Notre-Dame et se renferma dans une cellule où elle mourut en odeur de sainteté en 1714. Le P. Charlevoix devait publier sa vie à la suite de son journal, mais il ne le fit point. M. de Belmont prononça son oraison funèbre, puis écrivit son éloge, dédié à M. Le Pelletier, abbé de St-Aubin : il la compare à sainte Rose de Lima. Bacqueville de La Potherie la mentionne dans son histoire, et M. de Montgolfier a écrit sa vie. Entre autres objets on conserve d'elle, à la Congrégation, un riche devant d’autel. Le jeune Le Ber Duchêne, tué en faisant des prodiges de valeur à la tête des Canadiens, au combat de la Prairie de la Madeleine, était son parent, sinon son frère. Un autre frère de cette sainte, Pierre Le Ber, entra dans l’ordre des frères Charron, où il mourut en 1707.
Leclero (Chrétien), missionnaire’récollet, né en Artois vers
LEF-—LEG
1630, fut envoyé en Canada en 1655. Après s'y être adonné avec zèle au travail des missions, il retourna en France, où il devint gardien du couvent de Sens. Outre son Âistoire de la Gaspésie, on a de lui un ouvrage plus précieux, l’Ætablissement de la foi dans la Nouvelle-France. Quoique cet ouvrage ait été effacé par celui de Charlevoix, il contient des renseignements et des détails utiles et intéressants.
Lefebvre. Outre François Lefebvre, arrivé à Québec en 1672, supérieur et seigneur de Montréal après M. Dollier de Casson, et grand vicaire de Messeigneurs de Laval et de St-Vallier, on connaît Lefebvre de Labarre et les Lefebvre de Bellefeuille.
Antoine Joseph Lefebvre, seigneur de La Barre, lieutenant général et gouverneur de la Nouvelle-France, mort en 1688, avait été successivement maître des requêtes, intendant du Bourbonnais, de l'Auvergne puis de Paris, et gouverneur de la Guyane en 1663. Il conquit Cayenne sur les Hollandais et y fonda les établissements français. Il battit les Anglais aux Antilles en 1667. On sait qu'il fut moins heureux en Canada, où il fut humilié par les cantons iroquois. On a de lui : 1° Description de la Nouvelle-France, 1666, in-40, et Journal d’un voyage à Cayenne, 1671, 2 vol. in-12. M. de Belmont le désigne : ‘“ M. de La Barre, inten dant d'Auvergne, capitaine de vaisseau, qui avait donné un beau combat aux îles et qui se fait appeler M. le général.” La seigneurie de la Barre fut depuis érigée en marquisat.
La famille canadienne Lefebvre de Bellefeuille a fourni un zélé missionnaire, dont on a une relation, et des officiers supérieurs de la milice. Charles Lefebvre de Bellefeuille, avant d'entrer au centième régiment anglais, avait servi Napoléon III en Crimée et contre les Kabyles d'Afrique, puis dans la cavalerie de Montréal, dont il a reçu un sabre d'honneur.
Legardeur, puissante maison canadienne divisée en plusieurs branches :— Legardeur de Repentigny, de Tilly, de St-Pierre, de Montesson, etc., et descendue de Jean Legardeur, sire de Croysille, anobli en 1510. Un autre sieur de Croysille devint baron de Portneuf par alliance avec une Bécancour.
Cette famille arriva en Canada en 1637, selon M. de