‹ Le pantin du diableChapitre 21 sur 23 · AMUSEMENTS D'ENFANT · texte numérisé non relu

AMUSEMENTS D'ENFANT

pas appliquées dans les autres usines. Dans tous les cas, cette histoire est épouvantable.

— Ils voulaient tout abandonner aux ouvriers mêmes? dit Mikhaïl, se souvenant.

— Oui, oui, c'est cela. Les ouvriers devaient se réunir, procéder à l'élection de ceux qui avaient leur confiance, fixer leurs propres salaires, et même le chiffre des appointements de Victor. Ils avaient en outre le droit, s'ils ne voulaient point de ce dernier, de nommer un autre directeur. Oreste n'occupant pas de fonctions à l'usine, son frère et lui décidèrent qu'il ne toucherait pas un kopeck...

— Vous dites qu'il y a longtemps... tout cela s'est passé il y a deux ans.

— Deux ans, c'est vrai. Mikhaïl Philippitch, en quoi donc cette méthode faisait-elle du tort aux ouvriers? N'est-ce pas cela qu'ils réclament toujours? On ne leur demandait que de se concerter sérieusement entre eux et de faire marcher l'usine. Elle marchait bien, du temps de l'oncle, et lui donnait de beaux revenus. Les ouvriers se plaignaient, — comme partout, naturellement, — mais elle marchait tout de même.

— C'est alors qu'elle s'arrêta?

— Les ouvriers ne purent s'entendre. Quelques-uns se séparèrent des autres. Ils accusèrent Victor de les avoir ruinés et le tuèrent, dans la cour de l'usine, avec une pince de fer. C'est positivement horrible.

— Et Oreste? Il abandonna tout et s'enfuit? Litta regarda sévèrement Mikhaïl.

— Comment pouvez-vous dire cela? Non, ii ne s'enfuit pas. Bien que seul désormais, il ne serait, pas parti. Mais toute l'affaire périclita. L'usine fut fermée. On voulut même traduire Oreste devant les tribunaux. Voilà. Je n'en sais pas davantage 1

— C'est beaucoup, dit Mikhaïl songeur. Il se

tenait toujours près de la porte, et ne s'en allait pas.

— Parlez de tout cela avec eux, reprit Litta. Ils vous le raconteront. Serge Serguiévitch travaillait à l'usine ; c'est devant lui qu'on a tué Victor. Didoussia m'a dit qu'il était impossible d'oublier cela, et qu'Oreste avait beaucoup souffert. Ils voulaient le bien et il en est résulté le mal, et la perte de combien de gens ! Oui... continua-t-elle, je viens, en vous les racontant, de me rappeler peu à peu toutes ces choses et de mieux les comprendre. Didoussia a raison quand il dit : « Telle chose est bonne, il faut que ce soit ainsi, mais on doit la remettre à plus tard.» Ils avaient certainement tort. Eux-mêmes voient à présent que beaucoup de choses doivent encore se passer, et ensuite — tout adviendra.

INIikhaïl, songeur, remonta la Fontanka tpute blanche de soleil. A travers le récit à demi enfantin de Litta, autant qu'à travers ses propres souvenirs, il commençait à entrevoir la réalité, à deviner des choses encore mystérieuses. Grâce à cette naïve et lugubre histoire, ses nouveaux amis lui devenaient plus compréhensibles ; plus compréhensibles et aussi plus proches. Auparavant, il voyait seulement en eux des amis : il savait, désormais, qu'il ne pouvait en être autrement. Leurs idées, quelque larges qu'elles fussent, étaient sœurs des siennes. Mikhaïl s'expliquait déjà clairement l'une d'entre elles : guidés, non point par le raisonnement, mais par une dure expérience, par la conscience d'une erreur et par la souffrance, ils en étaient arrivés à cette conclusion qu'il est indispensable de connaître son époque, que beaucoup de choses doivent encore s'accomplir, et qu'alors, seulement alors, des événements apaisés et de la bonté des hommes, pourra sortir définitivement le bien.

KHVALEN, le joli trotteur de la comtesse, emporte Youri et sa sœur, assis l'un contre l'autre dans l'étroit droschki.

Ils viennent de prendre congé des Levkovitch. C'est demain que Sacha et Mourotchka partent pour l'étranger, et la comtesse a jugé convenable que Litta rendît visite à son cousin malade. La comtesse a de plus en plus confiance en Youri et lui confie volontiers Litta.

Ils ne sont pas restés longtemps chez les Levkovitch. Youri a proposé à sa sœur de continuer sa promenade. Ils s'en vont maintenant faire un tour aux Iles.

Litta est rêveuse. Elle n'a presque rien dit au cours de leur visite, regardant avec étonnement une Mourotchka devenue calme et afïectueuse. Les sabots du cheval sonnent en cadence sur le pont de Kamenny-Ostrov. Youri cause avec Lipat, le cocher. Il l'interroge sur « Khvalen ». Youri aime cette bête. Il a dissuadé la comtesse de s'en séparer.

Youri avait pour les beaux chevaux, pour les objets de luxe, une passion violente, mais, en quelque sorte, désintéressée. Il ne s'affectait nullement de se savoir pauvre et n'arrêtait point sa pensée sur la richesse. Que Khvalen lui appartînt à lui 041 à la comtesse, lui était indifférent. Cette indifférence venait peut-être de ce qu'il savait, à l'occasion, pouvoir satis-

faire ses fantaisies et de sa conviction que l'argent vient toujours aisément à qui ne dépend pas de lui. De l'argent, il y en aurait toujours. Youri n'était ni vaniteux, ni avide.

Il y a de la gaieté dans l'air. De la Petite- Néva monte une fraîcheur humide. A l'odeur de poussière, commence à se mêler une odeur de marais : on sent que les Iles sont proches.

Litta est ravissante sous son chapeau gris transparent. Youri songe tout bas qu'elle n'a pas toujours été commode, ces derniers temps... Allons, qu'elle soit comme elle veut ; c'est tout de même une charmante, une bonne petite sœur.

— Youri, dis-moi... Qu'est-ce qu'il y a eu? Pourquoi Sacha... s'est-il tiré un coup de revolver?

Litta parlait à voix basse, à cause de Lipat.

Youri se résolut soudain à confier à sa sœur tout ce qu'il savait à propos de Levkovitch et de Moura. Pourquoi lui rien cacher de ce qui s'était passé? Il sentait en elle, à cette minute, une si gentille camarade.

Se penchant vers son oreille, il fit un récit bref, dans lequel il mit autant d'exactitude et de gaieté que possible.

Litta, saisie, ouvrait de grands yeux.

— Sur toi? Il a tiré sur toi?... Mon Dieu, s'il avait... Cela n'a tenu qu'à un cheveu... Mon Dieu, mon Dieu, je ne comprends pas...

Youri pensa que quelque chose de son récit lui avait échappé, et se mit en devoir de lui expliquer de nouveau comment il était entré.

— Mais non, ce n'est pas cela que je ne comprends pas... je me demande seulement comment cela a pu se produire?... A cause des mensonges de Mourotchka?...

— Voyons I je m'aperçois que tu es encore une petite sœur très sotte !... De quoi viens-tu

d'avoir peur? Tout s'est parfaitement passé. J'ai usé de sévérité envers cette jeune pécore. Elle est devenue souple comme un gant, et Sacha est maintenant heureux.

— Ahl Youri, tout est donc l)asé sur le mensonge... sur le mensonge, et sur le hasard?... Voilà ce que je ne peux pas comprendre. Si c'est ainsi, cela m'écœure ; cela me fait peur.

— Hô! ma chère, fliita Youri, c'est pourtant comme ça. C'est la vie. Prends-la ou ne la prends pas de cette façon, c'est ton affaire. A mon avis, il était plus sage, plus humain, d'aller trouver Mourotchka et de lui donner une bonne leçon, que de rester là à répandre de la salive, se livrer à des considérations sur le mensonge ou la vérité parmi les hommes, à se demander comment il faut se comporter avec eux. Toujours tes sempiternelles questions 1

Litta se tut. Qu'aurait-elle répliqué? Qu'elle se fût trouvée à la place de Youri, elle n'aurait, en effet, rien arrangé, elle ne serait point allée chez Mourotchka, et ETîeu sait ce qui serait arrivé.

Le chemin moelleux passait entre des rideaux de verdure sombre gonflée de sève. On ne rencontrait personne. A ce moment de l'aprèsmidi, les Iles étaient encore toute solitude.

— Veux-tu que nous allions à pied jusqu'à Strielka?

Ils prirent un sentier de traverse au-dessous des arbres. Litta accepta le bras de son frère. Tous deux étaient minces, élancés et gracieux comme de jeunes arbustes — Litta avait beaucoup grandi, — tous deux étaient charmants et forts, chacun avec sa note personnelle ; leurs traits étaient semblables et leurs visages pourtant différents : les yeux brun doré de Youri avaient plus de gaieté et de séduction ; Litta avait une façon à elle de plisser les lèvres, son

regard était plus grave, son teint plus pâle, et l'on eût pu la prendre pour l'aînée de son frère.

— Regarde, Oulitka, est-ce assez joli?... Laisse de côté tes bêtises. Si tu te mêles d'avoir peur, tu n'en finiras plus. Nous ne savons ce qui peut arriver. Un orage éclate, la foudre tombe sur un arbre qui à son tour nous écrase... Mais puisqu'il n'y a pas d'orage et que nous sommes vivants et en bonne santé, rien ne nous empêche de regarder, là-bas, à droite, ces barques chargées de planches couleur d'or dans le soleil.

Litta regarde. Elle sourit. Tout à fait de l'or, en vérité. Pourtant...

Ils se dirigèrent du côté de la mer. Quelques voitures attendaient, dans des piaffements de chevaux et des bruits de harnais secoués. Un promeneur s'en allait vers Strielka. Des bambins, bien habillés, coururent après un chien.

— Regarde donc, sur le banc, là-bas, chuchota précipitamment* Litta. Un homme en pardessus, avec un journal...

Youri clignota des paupières.

— Attends donc... il me semble que c'est... ce neveu de Didime. Mais en quoi cela te .regarde-t-il? Qu'as-tu à voir avec ce boiteux?

Quoi, en effet?... Mais, sans en entendre davantage, Litta se précipitait vers le banc.

— Oreste Fédorovitch, bonjour ! Quelle rencontre imprévue !

Le boiteux se leva, s'inclina poliment devant la jeune fille qu'il ne reconnaissait pas.

— Je suis Litta... Youlitta Dvoïékourova, la petite-fille de la comtesse... vous vous rappelez?

Oreste sourit.

— Je ne vous reconnaissais pas. Il y a plus d'une année que je ne vous ai vue. Comme vous êtes devenue... comme vous avez grandi...

— Je crois bien 1 Et comment va Didoussia? Pourquoi y a-t-il si longtemps qu'il n'est venu nous voir?

Youri s'avançait aussi. Il salua.

Ces quelques phrases banales échangées, Litta se tut. Elle ne savait plus que dire. Elle et Oreste se regardaient joyeusement. Litta ressentait une impression bizarre : elle était accourue vers lui, le cœur débordant de choses qu'elle était maintenant incapable d'exprimer. -Mais Oreste, lui, la regardait comme s'il avait compris tout ce qu'elle ne pouvait lui dire, comme s'il savait que ce n'était pas pour les phrases vides de tout à l'heure, mais pour ce silence qu'elle était venue à lui.

Youri dit quelque chose que ni l'un ni l'autre n'entendirent. Enfin, ils se séparèrent, tous les deux souriant, sans une parole.

Les yeux dans le vague, Litta souriait toujours...

Youri s'en aperçut.

— Je ne savais pas, fit-il, que tu te souvenais de ce boiteux. Il t'est sympathique?

— Oui. Didoussia aussi me plaît beaucoup, répondit Litta redevenue sérieuse.

Youri haussa les épaules.

— Ce sont de vieux enfants ! Ton Didoussia ferait mieux de s'occuper plus assidûment de ses travaux scientifiques, tant qu'il en a encore la force, afin de ne pas retarder sur les autres. Mais il préfère philosopher. J'ai entendu parler d'eux, récemment... je ne me rappelle déjà plus ce qu'on disait. Ce sont des enfants I

— Didoussia est un enfant?

— Bien sûr. Il suffit de le voir.

— Eh bien, est-ce un mal?

— Ohl ma foi non I Toi, non plus, ma chère, ne fais pas de subtilités. N'oublie pas les lieux communs, ce sont ceux qui renferment la plus

grande part de vérité : « Heureux qui dans sa jeunesse a été jeune, heureux qui a su mûrir à temps... »

— Youri, tu te moques toujours...

— Petite fille, je suis sérieux, parole d'honneur !

— Rire de tout, c'est ta manie...

Il s'arrêta, la regarda, surpris.

— Oui, pour toi, tout est un jeu, un jeu! continua-t-elle, des larmes dans la voix.

— Allons, allons, petite sœur, dit-il gentiment. Rentrons, veux-tu?... Tu dois être fatiguée. Tiens, pour que tu ne pleures pas maintenant, je suis prêt à ne pas rire pendant trois jours...

Ils se hâtèrent d'aller retrouver Lipat qui les attendait sur le pont. Litta marchait silencieuse. Puis elle soupira, et faisant un effort sur elle-même, elle murmura d'un ton à peine perceptible, comme répondant à sa propre pensée :

— Et Natacha... je croyais... Mais non... Elle est sans doute déjà partie, à présent...

Youri saisit avec joie ce prétexte pour chan-. ger une conversation qui l'importunait et impressionnait sa sœur. Il se mit à parler de Natacha, à dire à son sujet ce qui lui passait par la tête. Il fit l'observation qu'elle avait été beaucoup plus jolie ; que son visage était devenu méchant, accablé, et que cela ne la flattait pas.

Litta écoutait attentivement. Ils remontèrent dans leur voiture et partirent sans que Youri s'interrompît de parler de Natacha. Il lui plaisait de penser à elle, de parler d'elle. Il se sentit soudainement heureux qu'elle fût partie. Elle s'était sans doute séparée de Mikhaïl. Cela lui fut agréable comme un signe que Natacha était plus intelhgente que beaucoup d'autres,

plus apte à comprendre ces choses simples dont parlait souvent Youri, et que sa petite sœur ne comprenait pas.

— Oui, Natacha est une excellente fille, assurait Youri. Il me semble que je la vois mieux maintenant que par le passé. C'est une malade, voilà tout. Elle voudrait vivre comme il convient, se réjouir de tout, mais cela lui est impossible. Elle trouve tout insipide. Tout est insipide, pour une malade. Où est-elle, à présent? A l'étranger?

— Je n'en sais rien. Probablement.

Ils allaient à toute vitesse, dans un bondissement continu des roues caoutchoutées ; des bouffées d'air brûlant leur souffletaient les joues ; Litta retenait le bord de son grand chapeau.

— Aux approches de l'hiver, j'irai à l'étranger, poursuivait Youri. Je la retrouverai là-bas. J'ai envie de lui venir en aide, de l'égayer... Je puis y arriver ; elle est intelligente.

« Et belle, très belle quand elle est heureuse », acheva-t-il en pensée. Il en oubliait même Litta, tant Natacha le préoccupait. Natacha lui plaisait.

Litta, de son côté, oubliait son compagnon de route. Elle ne regardait rien autour d'elle. Et voici qu'ils passèrent tous deux devant la forteresse, vite, vite. Les hautes murailles d'un gris sale ne firent qu'apparaître, disparaître. La forteresse était déjà derrière eux, elle et sa mauvaise flèche d'or pâle... Ils approchaient de la maison.

— Non, dit tout à coup, à haute voix, L|tta. Moi, je crois en Dieu. En Dieu I

A quelle pensée répondait-elle?

Youri entendit. Mais peut-être n'entendit-il pas.

— Comme tu voudras, ma chère, fit-il dis-

traitement, comme tu voudras. Allons, nous voici arrivés.

Ils étaient arrivés, en effet. Youri caressa Khvalen qui s'ébrouait, jeta deux mots à Lipat et s'élança dans l'escalier.

Pour une minute seulement, le temps de passer chez son père et chez la comtesse. Ensuite, vite chez lui, aux Iles, pour travailler. La joie de travailler, d'abattre, même fatigante, la besogne...

Il se rappela que Lizotchka lui avait adressé, le matin, certaine lettre fort sotte par laquelle elle réclamait sa visite, indispensable, pour le jour même. Et c'étaient des plaintes : « J'en ai assez de ta lingère... » Surprise désagréable : cela signifiait que Khessia était toujours là-bas... Elle aurait dû se rendre compte, cependant, qu'il était temps de s'en aller. Mais elle devait siirement être encore là... : « Et ce grand Knorr, continuait Lizotchka, ce grand Knorr qui s'agite toujours hors de propos... il est encore venu tout à l'heure, je ne sais s'il avait bu, s'il n'avait pas bu... il s'est assis, il a recommencé à gémir sur son sort. Il a dit, entre autres : N'ayez pas confiance en Youri, il ne vous aime .pas, je sais maintenant de qui il est amoureux, c'est d'une grande brune, aux yeux bleus. Elle l'aime aussi. Chez lui, c'est toujours comme cela ; il a de la chance, tandis que moi, je suis seul à aimer, je suis seul et si malheureux... — Et il a continué, continué à se lamenter. Moi, naturellement, je ne fais pas attention aux bêtises qu'il raconte ; pourtant je serais curieuse de savoir quelle est cette brune que vous avez dénichée et de qui vous êtes amoureux... »

Cette lettre, Youri l'avait lue trop distraitement, le matin, pour la bien comprendre. En y réfléchissant mieux, maintenant, il crut avoir deviné et se mit à rire.

C'était bien cela : Knorr, féru de Khessia, ne quittait plus ce bellâtre de Iakob. Et Iakob s'obstinait à croire que lui, Youri, et Natacha n'étaient pas indifférents l'un à l'autre... Natacha, voilà la grande brune !...

Comment n'y avait-il pas songé plus tôt ? Évidemment,. Iakob était lui-même amoureux de Natacha. Mais il n'osait en souffler mot. Et il n'oserait pas.

« Amoureux, lui? » se dit Youri, méprisant. « Si oui, quelque infamie, quelque méchante intrigue, mais de l'amour, ah non ! »

Tant pis ! Youri n'ira pas voir Lizotchka, aujourd'hui. Le diable soit d'elle ! Elle n'en mourra pas pour attendre. Il doit rentrer chez lui, aujourd'hui, rentrer pour travailler. Et, comme distraction, il en a désormais une nouvelle, une charmante : rêver de Natacha. Elle est intelligente. Elle est partie... partie, loin de tous ces gens, de ces troubles Iakob, de ces Knorr loqueteux... Elle est intelligente. Et belle...

Natacha lui plaît.

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