‹ Le pantin du diableChapitre 22 sur 23 · UNE LETTRE PERDUE · texte numérisé non relu

UNE LETTRE PERDUE

UNE belle enveloppe longue, de papier glacé... qui vient sûrement du bureau de la barinia... A l'intérieur, une feuille grisâtre, rayée de lignes rouges, arrachée du livre de comptes de la cuisine. Sur cette feuille, un barbouillage serré, tout de travers, où les mots, tracés avec application, se terminent en forme de crochets...

« Très honoré Ilia Koméitch !

« Je pran la plume poure vous écrirre cete « letre corne vous l'avez dit, puisque vous « m'avez dit come ça que votre patron est pas « comode, et que si j'écri une letre, alors il fo « l'adresser poste raistante et mètre seuleman « les letres I et K. Si vous ne venez pas, ça « n'est pas à cose de ça que je sui fâchet, « puisque je n'ait besoin de persone. Si vous « êtes de ceus qui courent et apret vous disent « adieu et s'en vont qui sait de kel côté, alor, « ça m'est parfaiteman indiféran. Ne vous « figuret pas que ça soye grave poure moi. « Hier et aujourd'huit, je reste là à pleuret, « parceque, supposé qu'on s'en appercevret, j'ai « surtou peure de Stepanida qui est si grocière. « Alors ele va m'insultet et on me renvoyera. « D'ailleurs, vous avez déjà eu une fois une « conversation du temps d'Ivan Mokéitch, le « chef portier, la veille de la Sint Nicola, raport

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