‹ Le paon d'émailChapitre 9 sur 13 · SILVES FRANÇOISES IO · texte numérisé non relu

SILVES FRANÇOISES IO

La harpe d'or et le coussin Dont vos pieds froissaient les dentelles Lorsque Thalberg, au clavecin, Improvisait des tarentelles;

Et le lit étroit et troublant, Votre souvenir y repose...

La baignoire de marbre blanc Qui caressa votre corps rose;

Mais j'ai surtout rêvé de vous Dans le clair et tiède oratoire Où vous pleurâtes à genoux Les larmes que garda l'histoire.

Triste et païenne Malmaison, Quelles douleurs vous avez vues, Petit château de trahison Et des cruelles entrevues...

lo8 LE PAOnTd'ÉMAIL

Bretagne

DANS les champs fleuris de bruyère rose Nous avons couru, par un matin clair.

Nous avons couru sans repos ni pause Dans les chemins creux, au bord de la mer, Dans les champs fleuris de bruyère rose Nous avons couru, par un matin clair.

Nous sommes entrés à l'auberge noire Dont l'enseigne en fer grinçait dans le vent. Joyeux, altérés, nous voulûmes boire Dans les brocs d'étain aux reflets d'argent Le cidre doré de l'auberge noire Dont l'enseigne en fer grinçait dans le vent.

SILVESFRANÇOISES IO9

L'hôtesse était jeune et jolie et blonde, — Jupons de velours et coiffe de lin, — Elle bavardait, passant à la ronde Les pichets pansus et le craquelin.

L'hôtesse était jeune et jolie et blonde, Jupons de velours et coiffe de lin. —

Nous dîmes : « Où donc sommes-nous, madame?

Nous sommes venus par grève et sentier.

La route nous perd, le vent nous affame.

Voyage en Bretagne est rude métier! »

Nous dîmes : « Où donc sommes-nous, madame?

Nous sommes venus par grève et sentier... »

Elle répondit : « Où vous êtes? dame!

Mais, à Limoilou, pays de Cartier!.., »

IIO =-•■'.-': LE PAON d'ÉMAIL

Terme

^ xAlherl Papineau.

MASQUE épique dans l'air bleu, doré, léger, Vous surgissez parmi les roses, Verlaine Tel le gardien antique du verger, O Priape candide, ô naïf Silène!

Enfin, dans ce jardin que vous aimiez tant. Vous pourrez, entre les feuilles et les branches, Impassible et narquois, sourire en guettant Les amoureuses passant en robes blanches...

La voix d'or montera vers vous du jet d'eau, Et celle des petits vieux mélancoliques. Hésitante et qui tremble sous le fardeau De mots oubliés, archaïques musiques;

Et les jeunes femmes viendront à vos pieds. Vous les consolerez de vos yeux de marbre, Et celle que, chaque soir, vous épiez Parce qu'elle pleure, seule, sous un arbre...

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