‹ le pape clement vi et les affaires d'orientChapitre 12 sur 31 · ES · texte numérisé non relu

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qu’il y aurait intérêt à négocier avec eux: sa lettre a dû arriver à Avignon dans les premiers jours de novembre (!). Le pape répond à Humbert (28 novembre) qu’il devra s’entendre avec l’archevèque de Crète, le grand maître des Hospitaliers, ainsi qu'avec les capitaines de galères vénitiennes et chypriotes, pour fixer les conditions de la trêve, et les faire connaître immédiatement au Saint-Siège, sans l’approbation duquel aucun traité ne peut être conclu. Au reste, le pape se résignait à l’idée de faire la paix, au moins provisoirement ; la difficulté de trouver de l'argent rendait fort difficile, il l’avouait, la continuation de la ligue (2).

A la cour d'Avignon, on était aussi découragé qu’à Smyrne ou à Rhodes. Le pape se piaignait des Vénitiens, qui entravaient, par des vexations arbitraires, l’embarquement de nouveaux croisés (3). Quelques-uns des seigneurs, qui avaient annoncé leur départ un an plus tôt, n'avaient pas quitté l'Italie. Au mois de juillet 1345, un des seigneurs les plus puissants du royaume de Naples, Robert de San Severino, comte de Corigliano, était sur le point de s’embarquer pour l'Orient, avec 10 galères. En novembre 1346, il bataillait encore dans l'Italie méridionale contre les Hongrois (#). Le pape n’avait plus aucune nouvelle de deux nobles Allemands, qui, ayant promis de se croiser, avaient reçu du Saint-Siège

(f) Ou dans le courant d'octobre. Le pape recommande au roi de France, par une lettre du 11 novembre, les deux ambassadeurs d’Humbert «Lancelinus Aynardi et Johannes de Gayo milites ». (Reg. 140, n° 731).

(2) Reg. 440, nos 758, 761. (Le pape écrit également au grand te des Hospitaliers, Déodat de Goson).

(3) Reg. 140, nos 758, 763. Beaucoup d’aventuriers, qui SAR s’embarquer à Venise, sous prétexte de pèlerinage ou de croisade, étaient la cause de troubles continuels, (Reg. V., 138, n° 10%, cf. appendice IT).

(4) Reg. 139, n°* 156 et s., et 140, n° 758.

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