EURE
plusieurs privilèges. Comme Humbert s’inquiétait de ne pas voir venir les auxiliaires attendus, le pape lui répondait qu’il était impossible de les contraindre (!}. Ce n’était pas seulement entre Angiais et Français que sévissait une guerre implacable ; quand on se battait partout en Occident, qui songeait encore à poursuivre contre les Turcs une campagne interminable ?
S’agissait-il d’armer à ses frais deux ou trois nouvelles galères, pour compléter la flotte de la ligue, le pape se heurtait déjà à toutes sortes de difficultés. Obligé de s’adresser à des armateurs de Nice ou de la Rivière ligure, il se trouvait aussi, dans une certaine mesure, à la merci du gouvernement gênois, auquel il fallait demander un sauf-conduit. Le 4° juillet 1346, le pape annonce le prochain départ de 4 galères, 2 armées aux frais du Saint-Siège, les autres aux frais des Hospitaliers ; il les recommande à la commune de Gênes : le 18 août, les galères pontificales ne sont point encore parties ! (2); un mois plus tard, le pape apprend que les dites galères sont beaucoup trop petites, et mal préparées à un séjour en Orient ; il écrit à ses nonces en Sicile et à
(1) «Deiïllis autem duobus Theutonicis qui velle transfretare dixerunt, scire te volumus quod concessis per nos gratiis a nobis occasione hujusmodi postulatis postea non audivimus quid fecerunt et cum obligationem aliam nequaquem super his fecerint ad id non possunt rationabiliter coherceri et idem de illis de Sicilia respondemus. » (/. c., n° 758). On sait, d'autre part, que les collecteurs des décimes pour la croisade n’arrivaient point à faire exécuter les ordres du pape : l’évèque de Bâle et les suffragants de l'archevêque de Trèves refusèrent l'impôt demandé (Kirsch : Die päpstlichen Kollektorien, p. 183).
(2) Reg. 140, nes 187, 327, 496. L’année précédente, le pape s'était plaint à la commune de Savone de l’arrestation d’un clerc de Nice, Raimond Marquesani, qui devait emmener en Orient plusieurs des galères, armées sur la Rivière ligure (lettre du 5 mai 1345. Reg. 138, n° 1026). D'autre part, il accusait Martin Zaccaria etles patrons des 4 galères, envoyées en Orient, d’avoir manqué, sur plusieurs points, à leurs engagements (lettre au grand maître des Hospitaliers, 12 mai 1345. Reg. 138, n° 1059, v. appendice {1},
oittnitis