‹ le pape clement vi et les affaires d'orientChapitre 15 sur 31 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES RELATIONS PACIFIQUES DES LATINS AVEC LES MUSULMANS D'ÉGYPTE ET D’ASIE MINEURE. NÉGOCIATIONS DE 1348-49 AVEC L’ÉMIR D'ÉPHÈSE.

Les cheîs de la ligue latine, aussitôt après le départ d'Humbert et la victoire d’Imbros, reprirent avec les Turcs les négociations entamées pendant le séjour du dauphin dans l’île de Rhodes. Du moment qu’on avait abattu dans l’Archipel la puissance navale des émirs, et qu’on avait de trop faibles ressources pour continuer la campagne autour de Smyrne, il fallait se contenter, provisoirement, du résultat obtenu. Malgré les illusions qu’on pouvait se faire à la cour d'Avignon, par l’eflet de la distance et le défaut d’informations, le pape Clément VI voyait plus clairement, après le retour des croisés, à quels obstacles se heurtaient ses projets trop grandioses ; et peu à peu, plus modeste dans ses exigences, il se résignait aux compromis inévitables. Ainsi le rêve initial et toujours présent, la délivrance de la Terre Sainte, s’effaçait de nouveau dans un lointain inaccessible : on avait oublié la Palestine, pour ne combattre que les émirs d’Asie Mineure, et conquérir Smyrne et Chio. Pour garder les positiôns acquises, on allait traiter avec ces émirs. Mais il ne s’agissait plus de tourner toutes les forces de la chrétienté contre le soudan Mameluk, maître de la Syrie. Au contraire, un nouveau

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