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l'union des églises, — étroitement mêlée à celle de l’alliance politique entre Byzance et la ligue latine.
Le triomphe de Cantacuzène bouleversait complètement la situation. Mais loin de chasser les Latins, en relations amicales avec le parti de la cour, le nouveau basileus cherche à les gagner à sa cause. Il se vante lui-même d’avoir réussi, par son éloquence insinuante, à se rendre favorable l’ambassadeur du dauphin, qui cependant était arrivé à Byzance plein de préventions contre l’ami des Turcs (!). C'était sur le rapport de Barthélemy que le pape, un an plus tôt, avait déclaré toute tentative d'accord avec Cantacuzène comme contraire à l'honneur des croisés (2). Maintenant, au dire de Cantacuzène, le chanoine latin s’empressait d'écrire au dauphin Humbert et au pape Clément VI, pour leur donner une plus juste idée des mérites et des vertus du nouveau basileus. Par malheur, il n’y a pas d’autre trace de cette correspondance que le texte de l'historien byzantin, et les lettres de Clément VI ne nous donnent pas la moindre indication sur l'effet produit, à la cour d'Avignon, par la nouvelle du triomphe de Cantacuzène. Comme la suite des faits va nous le montrer, il a fallu, en réalité, deux ambassades du nouveau basileus, pour dissiper les méfiances du Saint-Siège. Quelques mois après avoir reçu les premiers ambassadeurs de Cantacuzène, Clément VI félicitait encore les Hospitaliers d’avoir aidé les Gênois de Galata contre les « schismatiques » (3).
(4) Cantac., IV, 2, p.13 ets.
(2) Gf., le texte cité n. 2, p. %5.
(3) Reg. 142, ne 642 (21 janvier 1349) « Cum, sicut accepimus, Januensibus ipsis in ultramarinis partibus constilutis adversus impugnationes hostiles quibus eos scismatici quidam molestare conati sunt et conantur astiteris favoribus oportunis discretionem tuam prosequimur actionibus gratiarum, ».
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Si les lettres du chanoine Barthélemy, telles que les cite l'écrivain byzantin, ne présentent aucune garantie d’authenticité, elles nous montrent du moins combien le basileus, à peine entré à Byzance, cherchait à faire des avances au chef de l’Eglise romaine et aux Occidentaux, envoyés par lui dans l’Archipel. Il voulait qu’on fit ressortir sa clémence, sa générosité, sa modération envers ses ennemis de la veille ; il voulait se faire passer, aux yeux de tous, comme inaugurant une ère nouvelle de concorde et de paix. Cantacuzène fait faire ainsi son portrait par le chanoine latin : « Il écoute avec complaisance quiconque lui parle, il répond avec douceur, il examine avec sagesse, il juge selon l'équité. Son règne rendra à l’Empire une telle puissance qu’il pourra, mieux que personne, protéger les chrétiens contre les Turcs » (1).
Certes, Cantacuzène avait fort à faire pour inspirer quelque confiance aux Latins dans ce rôle, si nouveau, de protecteur de la chrétienté, et ce n’est pas sans raison que ses adversaires byzantins l’accusaient d’avoir contribué, plus que personne, à favoriser le passage en Europe des bandes turques. Contre ces reproches, il avait cherché maintes fois à se défendre, se plaignant d’avoir été contraint par ses ennemis eux-mêmes à se servir d’auxiliaires musulmans (2). À peine vainqueur, on voit combien il se préoccupe de modifier l’opinion des Latins et de leur donner le change.
Quelles sont les raisons qui expliquent cette attitude ? Remarquons d’abord que, bien avant d'entrer à Constantinople, Cantacuzène avait cherché à se concilier la bienveil-
(1) Cantac., IV, 2, p. 17-20. (2) Cf. ses discours aux envoyés des Latins de Galata (111, 82, p. 506) aux habitants de Byzance (IV, 5, p. 37).
lance des Latins. Déjà, au lendemain de la mort d’Andronic, le ministre entretient les relations les plus amicales avec les Latins d’Achaïe : son influence est assez forte pour amener plusieurs d’entre eux à se détourner de la maison de Tarente, et à reconnaitre la suprématie byzantine (!). Il s’efforce de séduire, à force de bienveillance, les Latins de Galata et de Byzance, comme ceux d’Achaie. Pendant la guerre civile, Les Gênois de Galata, incertains du parti à prendre, et ne sachant que penser de l’usurpateur, porté aux nues par les uns, traité par les autres avec le dernier mépris, envoient deux moines Mineurs au camp de Cantacuzène. Pendant plusieurs jours, les deux moines, dont l’un, nommé Henri, était. parait-il, un Savoyard, allié à la famille de la régente, restèrent les hôtes de Cantacuzène, et eurent avec lui de longs entretiens. Le ministre lettré les trouva fort instruits de la philosophie des Grecs, et rompus à toutes les difficultés de la doctrine d’Aristote, dont lui-même aimait à se dire le disciple : et pourtant, ajoute-t-il, le moine Henri connaissait fort mal le grec ; ce qui semble indiquer que Cantacuzène savait assez de latin, pour causer avec lui, car il ne dit point qu’il se soit servi d’interprète (2).
Cantacuzène se vante d’avoir réussi à changer complètement, Sur son compte, l'opinion du moine Henri, qui, jusqu'alors, partageait les violentes préventions du parti de la cour contre l’usurpateur. Le moine, sur le point de rentrer en Occident, aurait même promis de plaider sa cause. Cependant, en dépit des efforts de Cantacuzène, la plupart des
(1) Nic. Grég., XIT, 7, p. 596. Cantac., HI, 41, p. 75.
(2) Cantac. IL, 82-85, p. 502-523 « 6 dE dixkéerou re the EXAnvexte xoù yoauuärov
y änetpos mavraraot » (p. 520). Peut-être aussile compagnon du moine Hénri a-t-il servi d’interprète,