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PA CENT

allaient faire cause commune avec les Turcs, pour garder l'ile de Chio : et nous savons en effet qu’une partie des Grecs était alors en relations fort étroites avec l’émir Omourbeg. Le 18 septembre, le pape écrivait au légat, pour le mettre en garde contre les projets de Zaccaria, et pour lui rappeler de nouveau qu’il ne fallait, sous aucun prétexte, laisser dévier l’expédition (1). Mais avant même d’avoir reçu ces avis du Saint-Siège, les chefs de la flotte avaient dû se mettre d'accord pour attaquer le port de Smyrne, d'où partaient le plus souvent les corsaires, lancés par Omour-beg à travers l’Archipel.

Il semble que l’émir, habitué aux querelles incessantes des chrétiens, et à leurs vaines menaces, ne s’attendit guère à cette brusque agression. Ayant quitté depuis peu de temps son allié byzantin, l’usurpateur Cantacuzène, il venait de rentrer en lonie, quand la flotte latine parut en vue de Smyrne. La ville fut enlevée d'assaut par les chrétiens, au nombre desquels se trouvaient quelques seigneurs français, comme le comte Édouard de Beaujeu (2). Omour-beg, arrivant trop tard avec le gros de ses troupes, essaya vainement de la reprendre. Le patriarche Henri prit possession de la place, au nom de l'Eglise romaine, et les vainqueurs s’empressèrent de fortifier leur conquête, en construisant ou en restaurant une citadelle, sur le bord de la mer, à l'extrémité de la ville (3). Autour des murs de la citadelle se trouvait un large fossé, qui communiquait directement avec la mer (4). La nécessité pour

(1) Reg. V., 138, n° 289. — R. 62, fol, 59vo, Raynaldi, 1344, II.

(2) Reg. V., 438, n° 644, 4051. Raynaldi, 1344, I.

(3) Viliani, R. I. S., t. XIII, col, 917. vite de’ duchi di Venezia R. I. S., t. XXII, col. 607, Ann. Gen. id. t. XVII, col. 4081. La ville fut prise le jour de la fête des saints Simon et Jude (28 octobre).

(4) Murat, Antiqg. Ital., t. IL, 358 (Hist. Rom. fragmenta).

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