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LES NATIONALITÉS

DE L'ABSORPTION D’UN PEUPLE PATI UN AUTRE PEUPLE. — DES FÉDÉRATIONS d’ÉTATS RÉPUBLICAINS OU MONARCHIQUES. — DE L’UNITÉ ITALIENNE.

Mais avant d’invoquer à l’appui de ce que nous venous de dire l’autorité du siècle et des hommes, un mot encore sur les nationalités italiennes, causes si innocentes d’ailleurs des tempêtes que l’on soulève en leur nom, comme du prétendu droit de nationalité en général si hautement invoqué.

J’ai déjà dit, et je crois l’avoir prouvé, que c’était le pavillon neutre emprunté pour couvrir la contrebande de la marchandise, et que le véritable mobile des novateurs c’était toujours ce mot célèbre : Mort à l'infâme !..

Dans cette grande crise ce ne sont pas non plus, et c’est ce qui nie rassure, le triomphe ou la défaite de ces principes qui arment sérieusement le.s peuples et les rois, j’aiine bien mieux, — d'abord parce que c’est plus vrai, ensuite car c'est bien moins alarmant , — croire que ce sont seulement des passions toutes personnelles, eu des intérêt^ tout politiques qui les animent, car ces causes-là ont un terme qui prend fin avec la tempête, quelque terrible qu’elle soit parfois, et quelque ruine qu’elle. ait pu laisser après elle.

Ce sont, quelque cruels qu'ils soient, des maux réparables... Le monde tremble un instant, mais ne tremble pas toujours sons leur pression ; tandis que tout tremble dans les crises sociales , qui ont pour objet les grands principes sociaux qui doivent gouverner le monde; tout menace et tout est exposé à s’engloutir, l’humanité même à disparaître, lorsque la question est posée comme on la pose hautement entre Dieu et Satan, c’est-à-dire entre le grand dogme rédempteur chrétien et les principes de l’athéisme, du rationalisme, eu protestantisme que nous avons signalés, ou, si on le veut, entre Dieu et l'homme , bien que ce soit là le drapeau arboré par les sectaires qui semblent seuls marcher au combat ; bien que ce soit là aussi ce qui semble en définitive la réalité pour tous.

Dans ces luttes des hommes comme dans celles des rois, on ne démasque pas d’ordinaire toutes les bat-

teries qui doivent servir au combat, on ne montre pas non plus bien souvent toutes ses armes, surtout les plus terribles , on ne met pas en ligne toutes ses troupes.

J’ajouterai encore que je le crois d’autant mieux que je vois l’un des combattants les plus redoutables, l’Angleterre, se refuser opiniâtrement à appliquer à la Savoie qui demande à s’annexer à la France, les principes qu’elle invoque pour autoriser et obtenir l’annexion des Romagnes et des autres États de l’Italie au Piémont;je le crois parce que je voislaFrance ellemême admettre bien plus facilement cette annexion pour les duchés que pour la partie des États du Pape où dominent des dictateurs républicains.

Je ne crois pas que ce soit le triomphe ou la destruction de ces principes, dis-je, car je vois ces grands prôneurs, ou grands faiseurs de révolutions, ne pas croire à la puissance du vote universel , puisque, loin de lui laisser toutes ses libertés et tous ses droits, ils l’emmaillottent, ils l’enchaînent et le rapetissent si bien que je le prendrais pour la tyrannie et le despotisme...

Je ne le crois pas, car tout logicien sérieux croira les droits des petites nationalités tout aussi réels et aussi vrais que ceux des grandes, et aucun politique conséquent n’admettra jamais que, comme un organe puissant l’a dit, on puisse annexer Modène et Parme au Piémont, parce que ces duchés ont peu d’étendue,

tandis qu’il proclame qu’on ne peut pas y annexer le grand duché de Toscane : non, il ne l’admettrait pas même quand il n’y aurait pas encore les traités eux-mêmes de Villafranca et de Zurich pour les protéger efficacement et qu’ils ne le seraient pas par les traités antérieurs de l’Europe entière, car, — comme le duché de Toscane et, tout aussi bien que lui, — ils le sont aussi par leur nationalité, leur passé et leur individualité historique. — Le nom des Farnèse et des Médicis est également illustre, celui des Bourbons l’est plus encore : au point de vue historique la maison d’Este ne le cède en rien à la maison de Lorraine et, — au point de vue artistique, — si l’on admire à Florence ses musées, ses palais et ses monuments où, non-seulement reflété avec toute sa puissance et sa grandeur, le génie de Michel-Ange, mais, on le surprend et on le voit à l’œuvre dans ses ébauches de la chapelle des Médicis, qui en sont empreintes d’une manière tout à la fois si saisissante et si forte, — à Parme, on admire aussi ses musées, ses universités et ses reflets artistiques si français... En s’y reposant un instant, on se croyait même presque en France, lors surtout qu’après avoir visité l’Italie et retrouvé à Venise les souvenirs si chers des beaux jours de la patrie et l'image vivante de l’héroïsme maternel, on retrouvait dans cette ville de Parme, où brille un des plus beaux ciels du monde, une auguste fille de la

France, que le malheur si noblement supporté , son goût pour les arts , sa manière si vraie de comprendre notre civilisation avancée et de s’associer à ses bienfaits pour les peuples, la défense si digne et si belle des droits de son fils, — cette grande tradition de famille qui semble toute particulière à son auguste race, — ont placée au premier rang dans les événements de la crise actuelle.

Mais serait-ce de ma part une erreur de caractériser ainsi les actions et la volonté des peuples et des monarques ? ,

Serait-ce réellement, au contraire, un combat à outrance entre les principes des novateurs et le principe catholique, entre la souveraineté de l’homme et la souveraineté de Dieu, entre la république et la monarchie dont il s’agirait réellement? Oh! alors je l’avoue, j’éprouverais une émotion pleine d’effroi : ce serait là non-seulement une crise religieuse , nonseulement une crise sociale des plus imminentes et des plus graves, mais aussi une crise religieuse et sociale tout à la fois comme le monde n’en a pas éprouvé peut-être avant nous?

Je ne désespérerais pas toutefois encore de sa destinée, il nous resterait peut-être dans l’orage un abri que pourrait nous ménager la miséricorde de Dieu, car si Tes puissants et les forts, les empereurs et les rois, ne comprennent pas toujours la grandeur des

devoirs que leur impose le grand caractère comme la grande autorité dont ils sont revêtus et la part que Dieu leur a faite dans le monde, Dieu , lui, ne manque jamais aux hommes. . . C’est bien le cas de dire : Intel/igite, reges , qui jutlicatis terrain ! intelligite, homines !

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