‹ Le pape et l'ItalieChapitre 17 sur 24 · LES RÉPUBLIQUES · texte numérisé non relu

LES RÉPUBLIQUES

ILLES RE SORT POSSIBLES QUE PAR LE CATHOLICISME ET Ll • PRINCIPE d’autorité CATHOLIQUE.

Je ne crains pas de le déclarer hautement ici : si les républiques ont un principe de vie possible, c’est par le catholicisme... le principe d’autorité catholique seul peut leur apporter le germe de vie.

Elles sont impossibles, elles naissent mort-nées avec le principe de souveraineté du peuple, qu’on l’habille avec des lambeaux plus ou moins éclatants de liberté ou de servitude, de licence ou d'anarchie, peu importe ; — la vapeur manque à la machine pour marcher.

Au temps actuel, c’est la loi de l’individualisme seul qui les régit, et l'individualisme, en religion comme en politique, c'est un principe de mort , — c’est le chaos, — il n’est et ne peut être, comme nous l’avons déjà dit, qu’erreur, déception, faiblesse et mensonge ; — l’homme n’a aucun droit en lui pour commander à un autre homme, — l’homme n’a aucun droit en lui pour imposer sa raison ou sa volonté à un autre homme; l'Individualisme est impuissant tout aussi bien pour reconnaître lavérité que pour l’enseigner, il est surtout bien plus encore impuissant pour l’imposer, car pour l'imposer il fatifc avoir le droit de commander, — c’est-à-dire l’autorité.

L’autorité, le principe d’autorité, 11e peut venir, comme il 11e vient, que de Dieu, souverain maître des hommes... l’individualisme n’est maître de rien; il ne s’appartient pas même à lui-même, en un certain sens au moins ; donc il n’a pas en lui de principe d’autorité.

Il en est «le même de toutes les sociétés humaines qui cherchent la vie en dehors de ce principe nécessaire et tutélaire d’existence.

Elles ne peuvent vivre, comme les républiques, qu'à l’aide du principe d’autorité.

Pour les sociétés d'honnnes autres que les gouvernements républicains, le principe d’autorité, bien que toute autorité vienne de Dieu et ne puisse venir que

de lui, est et peut exister temporellement en dehors des principes chrétiens et du gouvernement de l’Eglise; il est pour elle dans le souverain, dans César, en un mot dans l'autorité royale, le droit divin des rois, proclamé par Jésus-Christ même en la personne de Césarcomme il avaitété proclamé par Dieu, avant César, dans la personne de Said ou dans celle de David, auquel il envoya Samuel pour lui annoncer qu’il serait roi et! fonderait une maison royale; ou, comme dans celle de Cyrus, roi gentil, auquel il envoya Ezcchiel pour reconnaître et proclamer en lui l’oint du Seigneur...

Pour les républiques, au contraire, qui ne peuvent avoir ni des monarques ni des rois pour les gouverner et qui ne reconnaissent pas de souverains, il ne peut y avoir de principe d’autorité pour elles que dans l'Eglise catholique à qui appartient l’autorité la plus élevée qui existe au inonde, comme le principe le plus respectable, le plus grand et le plus universel d’autorité qui puisse exister ici-bas, car il lui a été donné par Dieu même, comme nous l’avons vu déjà et comme dix-neuf siècles bientôt l’ont consacré.

Ce n’est que par le catholicisme, à l’abri comme à l’aide du grand principe catholique, que les républiques peuvent être et vivre. C’est à cette seule condition que le principe de mort de l’individualisme peut cesser d’être leur seul principe de gouvernement.

C’est à l’aide du principe catholique seul qu’elles peuvent avoir le droit vrai de commandement; c’est à l’aide de ce seul principe qu’elles peuvent contraindre tous à obéir.

C’est à l’aide aussi de ce seul principe qu'elles peuvent cesser d’avoir à bâtir la tour de Babel, qu’elles s’efforcent en vain d’élever, et faire cesser aussi pour elles la confusion des langues... qui les conduit à l’impossible, au chaos, avec leur principe actuel de l’homme souverain, de souveraineté du peuple.

L’Eglise ordonne, l’Eglise commande, et elle ordonne et commande au nom de Dieu ; à ces seuls mots prononcés par les républiques comme un ordre à tous, donné et accepté comme un principe d’autorité pour tous et par tous, tous les fronts se courberont, toutes les volontés obéiront, l’individualité se taira et fera taire ses rêves et ses résistances; pour tons ce sera Dieu qui parle, — comme ce sera lui réellement qui aura parlé, — il n’y aura plus à chercher ou à faire la règle ou la loi avec la volonté contraire et le droit égal de chacun, elle sera toute trouvée, toute-puissante pour tous, ce sera celle de la religion, celle de l’Eglise, celle de Dieu,

Ainsi les républiques auront trouvé le grand principe d’autorité qui leur a manqué jusqu’ici pour avoir vie et qui leur manquera toujours avec l’individualisme actuel, qu’elles le revêtent ou non du manteau

plus faux qu'éclatant encore de la souveraineté de l’homme, du peuple, ou des nationalités, comme il leur plaira de l’appeler.

Elles auront même trouvé là le principe d’autorité le plus certain, le plus grand, le plus fort, le plus incontestable comme le plus fécond en bienfaits pour l'humanité, la civilisation, la liberté humaine; l’homme et l’Etat grandiront autant que l’homme et les Etats peuvent grandir ici-bas; les sciences, les arts, l’industrie, le commerce, la civilisation, en un mot, tout ce qui peut constituer la grandeur des nations arrivera à son expression la plus haute, la plus vraie, et cela avec la plus grande part de paix et de sécurité possible. Ce sera le paradis terrestre arrivé aux extrêmes limites où il peut arriver pour l’homme sur cette terre... comme nous l’avons prouvéclairement,jecrois, déjà en parlant de la pratique par l’homme de la loi de Dieu que s’appliquent ou s’approprient alors, et c’est leur droit et leur plus grand intérêt, les gouvernements humains, car elle est pour tous les hommes.

Aussi ce que je dis là pour les républiques ne leur est pas particulier, mai$ s’applique tout aussi bien aux monarchies, et je puis et dois même dire s'y est bien mieux appliqué jusqu’ief, bien que la forme républicaine de gouvernement puisse paraître, pour beaucoup de gens, plus dégagée des abus que l’on déplore en beaucoup d'autres, et que, là, l’homme puisse leur

paraître plus véritablement posséder toute l'indépendance de l’homme ou toute sa liberté, et plus à même d’user des prérogatives et desdroits qu’il tient de Dieu, car il est de fait aussi qu’elle est bien prés de la licence, de l’anarchie et de la démagogie.

Quoi qu’il en soit, ce que je sais bien, et d’une manière incontestable, c’est que par le Christianisme les républiques trouveraient le principe d’autorité et, avec lui, le principe de vie qui leur manque autrement.

Comme je sais aussi que les monarchies, à l’aide de ce principe, peuvent assurer les mêmes développements des libertés et de la civilisation, la même prospérité pour l’industrie, les arts et tout ce qui fait la grandeur des Etats lorsque rois et peuples reconnaissent et pratiquent la loi de Dieu comme elle doit l’être, c’est-à-dire quand elle est en fait comme en principe la loi de l’Etat et la règle de tous et de tout; je sais surtout qu’elles peuvent donner ces avantages avec bien plus de sécurité, comme l’histoire du monde entier ne l’a déjà que trop prouvé.

Le catholicisme est, en effet, bien plus encore que la forme de gouvernement, la garantie de tous les biens comme des développements sociaux les plus parfaits, et tout en réglant et assurant la marche de l’humanité il ne la gène pas : en tout, et toujours il laisse à l’homme le libre *et entier usage des lumières comme du libre arbitre qu’il tient de Dieu...

Il est loin d’en être toujours de même des gouvernements humains et surtout des gouvernants ! aussi M. de Sismondi, dont les sentiments libéraux sont bien prouvés par ses œuvres, dit avec raison que si toutes les formes de gouvernement n’aident pas également à la liberté, « toutes peuvent en recevoir les premiers éléments et contribuer à l'éducation des peuples qui leur sont soumis... que la scène politique est encore trop incertaine pour qu’un changement d’une forme contre une autre, — et il a en vue la forme républicaine qu’on voudrait substituer à la forme monarchique, — puisse être achetée au prix d’une révolution... la tyrannie, dit-il, seule la justifie, parce qu’elle est une révolution continuelle. »

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