LE D RÉ RS ANA
L'unité de personne en, Jésus-Christ s'y trouve nettement exprimée contre les Nestoriens, par ces mots :—um seul Christ ; une personne unique.
— [Les natures y sont distinguées avec soin contre les Eutychiens, savoir:—ia nature divine et la nature humaine.
Et les deux opérations s y montrent affirmées
jusqu’à l'évidence contre les Monothélites, quand
il est dit:--chaque nature opére etagil,sans mélange; chacune opère ce qui lui est propre: la divine, ce qui est divin, et l'humaine, ce qui est de la chair.
Oue veut-on de plus clair et de plus précis ?
Ces deux natures distinctes ; cette union sans
»” . . . , , LA En a mélange de la divinité et de lhumanité; ces dev opérations respectivement propres aux deux natures et sans confusion ; toute cette doctrine pure, : ï “à AL , RS PAS 0] vraie,explicite peut-elle être celle d'un hérétique’ N’est-elle pas directement opposée an Monothélisme ? N’en est-elle pas la condamnation ?
En vain objecterez-vous qu'Honorius, dans ses Lettres, imposa Le silence sur les deux volontés u les deux opérations en Nctre-Seigneur. Cette mesure de pri udence ne changea rien au dogme qui venait d'être établi ; ne le ren versa pas, et fut même destinée à le protés er. Tout l'Orient étant en feu sur cette question difficile des deux opérations, le Pontife, : aflligé des maux de l Eglise, crut opportun d’avoir égard à l’état des Choses, et d'écarter tout ce qui pouvait accroître l'excitation des esprits. Dans ce but,il exhorta au silence; mai: il ne fit là,ni une abjuration de sa doctrine, ni une profession de Monothélisme, ni un aveu d'hérésie {ormelle quelconque : il avait assez déclaré sa foi pour que personne n'eut le droit de larévoquer en
doute. Ce fut, de sa part, un acte d'administration et rien de plus. Et cet acte ne manque pas d’illustres approbateurs.
Mais voyons le passage aui prête le plus aux fausses interprétations :
“ Nous confessons une seule volonté en Jésus- Christ, puisque, sans aucun doute, la Divinité ‘a assumé notre nature, sans le péché”
Ce terme d’une seule volonté en Jésus-Christ ne renfermerait-il pas l'erreur des Monothélites ? Et l'hérésie ne serait-elle pas ici manifeste ?
—-Loin de là.—Cette expression est même teilement juste que la foi défend de la changer, L A le)
Ilest vrai qu'il n’est parlé que d’une seule volonté, mais il n’est pas moins vrai que cette volonté n’est considérée qu'au point de vue de notre nature assumée par le Verbe, saxs le péché ; ce qui est parfaitement orthodoxe, le contraire étant une hérésie et un blasphôme.
Par conséquent, les Lettres d’'Honorius, soit qu'elles ne rappelient qu’une seule volonté, soit qu'elles exhortent au silence, ou qu'elles signalent expressément les deux opérations, sont partout, au point de vue du dogme, sans erreur, exactes, irréprochables, orthodoxes et attestent d'une manière indubitable que ce Pontife n'est pas hérétique.
Nous avons de plus des interprètes.
Ecoutons, dans l'Occident, Jean Sympon, le secrétaire même d'Honorius.
Interpellé par l'Empereur, trois ans seulement
après la mort du Pontife, sur la manière d’entendre les Lettres en question, Jean proteste avec force contre la perfidie des Monothélites, qui prétendent les expliquer au profit de leur erreur, et il ajoute ces mots :
‘“ Quand nous parlâmes d’une seule volonté “ dans le Seigneur, nous n’avions point en vue “ sa double nature, mais son humanité seule, Sér- “ gius, en effet, ayant soutenu qu'il y avait en “ Jésus-Christ deux volontés contraires, nous dimes “ qu'on ne pouvait ‘reconnaître en lui les deux “ volontés, savoir celle de la chair et celle de “ l'esprit, comme nous les avons nous-mêmes de- “ puis le péché.”
Peut-on dire plus clairement qu Honorius n’a point professé la volonté hérétique des Monothélites et qu’il n’a rien avancé qui ne soit parfaitement conforme à la révélation ?— Une seule volonté en Jésus-Christ, par rapport à son Mwnanité seule, c'est de foi.
Et lorsqu'un semblable témoignage est rendu, trois ans après la mort d'Honorius, par le secrétaire de ce Pape, par celui qui en a écrit, de sa main, les Lettres, et qui leur à prêté son style et sa forme, ce témoignage ne mérite-t-il pas d'être accepté ?
Mais voici d’autres contemporains, Ce sont des Papes.
Jean IV, élevé sur le Siége Apostolique, deux ans à peine après la mort d'Honorius, écrit à l'Empereur Constantin Pogonat, ces paroles non moins précises.
“ Notre Prédécesseur (Honorius) disait qu’il “n'y avait point en Jésus-Christ, comme dans ‘ l’homme pécheur, deux volontés contraires, celle ‘ de la chair et celle de l’esprit : mais il est abso- ‘ Tument faux, qu’il n'ait admis en Jésus-Christ ‘* qu'une seule volonté. ”
N'est-ce pas l’assertion du secrétaire Jean, répétée en termes identiques, basée sur la même distinction et sanctionnée par l'autorité Apostolique ?
Poursuivons encore :
Dix ans plus tard, le Pape St. Martin Ler vient, à son tour, déposer avec le Pape Jean IV et le secrétaire Jean.
— Dans sa lettre aux Eglises d'Antioche et de Jérusalem, contre les Monothélites, après avoir condamné Théodore de Pharan, Cyrus, Sergius Pyrrhus et Paulus, non seulement il ne range point Honorius parmi eux, mais il ajoute aussitôt: que jamais les Pontifes du Siége Apostolique, Aposlolicæ Sedis Pontifices, n'avaient laissé ravir les trésors de la Foi, surripere fidei ihesauros
— Îl loue dans une allocution synodale, à Rome, devant un grand nombre d’Evêques Occidentaux, ie zèle de ses Prédécesseurs contre les Monothélites.
— Et, dans une lettre à Arnaud d'Utrecht :
‘“ Le Saint Siége, dit-il, n’a cessé de les exhorter (Sergius et Pyrrhus), de les avertir, de les reprendre, de les menacer, pour les ramener à la vérité qu’ils avaient trahie.”?
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Or, à quels sentiments, à quelles exhortations, à quelles menaces, de la part de ses Prédécesseurs,
fait ici allusion St. Martin Ier, quand il s'agit de Sergius ?
Aux exhortations, aux avertissements, aux menaces contenues dans les Lettres d'Honorius, puisque, d’après la chronologie, il n'y à pas d’autre Pontife Romain qui ait écrit à ce patriarche.
Voilà donc déjà trois témoins, en parfait accord, déposant qu'Honorius n’a point erré ; qu’il n'a Jamais été Monothélite ; qu’il a toujours enseigné la vraie foi. Et ces témoins. quels sontils ?—Les hommes les plus graves, les plus intègres, les plus véridiques et les mieux informés deux Papes qui ont vécu avec Honorius et dont l’un est canonisé, et le secrétaire même d’'Honorius,
Que ne lisions-nous donc ces choses dans le P. Gratry ?—$a lettre, plus complète et moins passionnée, plus conforme à l’histoire et plus respectueuse envers la vérité, eut produit moins de surprise et excité moins de scandale ?
Pourtant, tout n’est pas encore révélé”sur le grand fait d'Honorius.