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L’Occident seul Jusqu'ici, a élevé la voix.
L'Orient va parler à son tour.
Mais ce sera pour s'unir à l'Occident.
—C’est-à-dire, pour confirmer le témoignage des Papes ;
—Pour confondre l'audace des Monothélites qui, malgré ce témoignage, faussent le v ai sens des Lettres d'Honorius ;
— Pour exalter la vertu et l’orthodoxie d'Honorius.
Deux hommes, appartenant à l’époque du fait en question, et qu’on ne peut tenir pour suspects dans cette cause intéressante, nous représentent les traditions de l'Orient : St. Maxime, abbé et martyr de Constantinople ; et Pyrrhus, patriar-
che Monothélite de cette Capitale de l'Empire. St. Maxime, interrogeant Pyrrhus, lui dit.
A qui faut-il plutôt s'en rapporter sur le sens de cette Lettre (d'Honorius) ?
“ Aux Pontifes successeurs d’'Honorius, qui “éclairent tout l'Occident par la iumière de la “ saine doctrine, où à ceux qui parlent, comme
40 leur plaît, à Constantinople ? *
Et Pyrrhus répond par cet aveu :
Il serait plus raisonnable d’en croire les “ Pontifes de Rome.”
Mais les Pontifes de Rome, nous savons ce 21. , \ qu'ils déclarèrent nettement sur le sens de la Lettre, nous l'avons vu plus haut, et St. Maxime le rappelle ici par ces fortes expressions :
“* Or, ajoute-t-il, ils ont protesté que l'intention : d'Honorius, nototrement connue, avait été d’étoufier par Le silence, une hérésie dont il crai- “ gnait les suites, et que jamais il n'avait pré- “ tendu donner gain de cause aux Monothélites.”
Ce n’est pas tout. Pyrrhus condamne les accusateurs du Pape ; il se repent de les avoir imités, et se rétracte, en poursuivant ainsi :
* Mon prédécesseur à mal interprété les paro- “ les du Pape (Honoxius). Mais je demande grâ- ‘* ce pour Jui et pour moi. C’est par ignorance que
nous sommes tombés dans cette erreur. Je suis “ prêt à me rétracter.”
Et afin de ne laisser aucun doute sur la sincérité des sentiments qui le pénètrent, il ajoute même qu'ilira faire cette retractation au tombeau des Saints Apôtres, et aux pieds du Pape.
L'Orient pouvait-1l confesser plus hautemeut qu’'Honorius n’est point hérétique ?
Quant à St. Maxime, après avoir flétri, d’une part, de la note infamante, d'audacieux et de faussaires, les Monothélites qui rangeaient frauduleusement Honorius parmi eux, et glorifié, d'autre part, ce Pontife des nobles titres de pieux, d'orthodoxe et de divin, Divinus Honorius, il court généreusement au martyre, appuyé sur la foi du grand Honorius, et pour la défense de cette foi.
Comme on n’a rien à donner de plus que son sang et sa vie pour attester ses convictions, le martyre de St. Maxime, venant se joindre à tous nos témoignages, leur imprime un nouveau caractère d'authenticité, et les revêt d’une consécration sublime.