VILLE
Arrêtons-nous devant ce Concile où POccident et l'Orient, rapprochés cœur à cœur, âme à âme, reçoivent en commun, les lumières d’en Haut.
Nous y retrouvons les mêmes aveux et la même conviction.
On ouv'e dans l’auguste Assemblée, les deux Lettres du Pape St. Agathou et on lit ces Lettres, à haute voix, parmi les Pères,
—Le Pape y déclare que le Siége Apostolique , . ‘ , NES . ® 39 ne s'est jamais écarté des voies de la vérité, dans quelque partie d'erreur que ce soit ;
—Que les Pontifes Apostoliques, dont il est Successeur, ont toujours soutenu la cause de la foi ;
—Que ses Prédécesseurs, d'apostolique mémoire, Wont jamais cessé de les erhorter, (Sergius, Pyrrhus, ete.) de les avertir, de les conjurer de se désister de ce dogme hérétique (le monothélisme), du moins en se taisant.
Dans ces passages, Honorius est toujours en vue : il est justifié, d'abord par ces mots ont toujours soutenu, etc., n’ont jamais cessé, ete., qui l’enveloppent avec tous les Papes; et il est même loué pour son zèle contre les hérétiques, car les mots : du moins en se taisantle désignent personnellement.
né -. Viennent ensuite les noms des hérétiques. St.
ÿ La A Agathon énumère ces noms dans sa première Lettre. Les voici :
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11 à “Cyrus, Théodore de Pharan, Sergius Pvr-
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stan- | rhus, Paul et Pierre de Constantinople.’ —Mais Honorius n'y est point.
Il les réète ncore dans sa seconde Lettre ; ce sont les mêmes que dans la première, et Honorius n'y figure pas d'avantage.
dent Puis, Honorius étant ainsi justifié, loué et proame, téjé contre toute confusion qu’on voudrait faire Haut. de lui avec les hérétiques, St. Agathon enjoint neme encore expressément de ne rien wjouter à ce qui vient d’être établi, de n'en rien diminuer. de n'y deux rien changer.
Let- Telles sont les choses que les Lettres du St. Pontife, envoyées au VIe Concile Œcuménique lique et lues dans ce Concile, renferment en substance, dans à l'égard du grand fait d'Honorius.
k -— Elles disculpent Honorius et de plus, l'abril est 4 {ent contre les anathèmes. L'Occident a parlé. à foi ; i Quelle attitude vont prendre les Pères du Émos. : Concile, ces témoins de l'Orient, en face de cet te ii immortel monument de l'autorité Pontificale °— es) Due | x « L . ; à % 4 : se Ne L “ce Rien n'est plus mémorable.
sme ), À peine la lecture des Lettres est-elle achevée que tous Les Pères s’écrient avec acclamation : * en 4 Hs ; oe k son # * Ones à credünus ! — C'est ainsi que nous jt tou- !
sue ; croyons tous ! ”* | Pen- 4 + , ? 29 même “ Pierre à parlé par la bouche d’Agathon. r les , à . .
—Agathon dit: l'Eglise de Rome n’est jamais Tson- =
tombée dans l’erreur, et Honorius n’a point en-
mn 1: "nié italie lle ce 2 CRMELNEN RQRE ST LS ENT 2REE ET Bo rain a
seigné d’hérésie.—Et les Pères répondent : Omnes à credimus !
—Agathon dit: Nos Prédécesseurs, et même Honorius, qui ordonna le silence sur les deux volontés, ont toujours été pleins de zèle contre le Monothélisme.—Et les Pères répondent : Omnes ità credimus !
—Agathon dit: Vous ne condamnerez que ceux que je condamne, savoir : Cyrus, Théodore, Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre, mais non Honorius.—-Et les Pères répondent : Omnes ütà credimus !
—Agathon dit : Nous défendons de rien ajouter, de rien changer à ce que nous avons statué dans nos Lettres—Et les Pères répondent : Omnnes üà credinuus !
Les Pères, pour montrer ensuite qu’ils s'étaient vraiement conformés aux prescriptions du St.
Pape, iui écrivent, à la fin du Concile, ces paroies dignes de remarque : “ Qu'ils avaient, en effet, condamné ce qu'il avait lui-même condamné” ; paroles qui prouvent une fois de plus qu'Honorius ne fut point anathématisé au VIe concile.
Ce témoignage n'est-il pas évident, clair, 1rrécusable ?
Le Pape et tout un Concile, l'Occident uni à l'Orient, avec le St. Esprit qui les assiste, reconnaissent donc et proclament qu'Honorius est ortodoxe.
Et vous, mon R. Père, qui dites avoir les textes sous les yeux, comment n’avez-vous pas lu ceuxlà? Comment, vous, qui vous emportez avec ant d’ardeur contre les fraudes et les mutilations,
n’avez-vous rapporté, du VIe Concile Général, que la seule chose qui, peut-êtr: ne Sy passa point : des anathèmes contre Honorius ? Comment, lorsqu'il s'agit de tout ce qu'il y a de plus grave et de plus sacré dans l’histoire, du témoignage d’un Concile Œcuménique, affectez-vous d'en mutiler frauduleusement les actes ?
Les Lettres du Pape St. Agathon sont tout, dans le VIe Concile: elles en sont la règle; elles en sont l'âme; et vous ne dites rien de ces Lettres. Vous le voyez, cependant, d’après cette partie si considérable des actes du VIe Concile, d’après ce Concile lui-même, Honorius est reconnu, proclamé orthodoxe.
Ne pourrions-nous pas nous en tenir là, et regarder la question du fait d'Honorius comme suffisamment jugée ? N'est-ce-pas assez d’avoir entendu la voix de l'Occident et celle de l'Orient, vengeant l’une et l’autre, l’honneur du Pontife, avant le VI Concile, et dans ce Concile ?
Suivons pourtant la tradition plus loin encore, et, quittant le septième siècle, avançons au-delà du Concile, de deux autres siècles environ.