‹ Le Pape infaillibleChapitre 27 sur 37 · BÊTISE DES ENNEMIS DE LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

BÊTISE DES ENNEMIS DE LA PAPAUTÉ

En vérité, quand on passe en revue toutes ces critiques et ces attaques contre les Papes, quand on s'efforce de trouver quelques paroles de raison dans ces clameurs incessantes et sauvages contre la Papauté, la puissance la plus douce que le monde ait connue, contre cette main toujours bénissante même lorsqu'elle frappe, contre cette autorité auguste et bienfaisante qui n'a cessé d'agir pour le bonheur des hommes, contre cette paternité universelle et toujours féconde, qui ne se lasse d'instruire et d'éclairer, de panser et de guérir, contre cette bonté qui se prodigue, contre cette patience que les coups et les outrages ne peuvent épuiser, on est tenté de s'écrier : Mon Dieu ! que vos ennemis, que les ennemis de l'Eglise et du Pape sont bêtes !

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Oui, bêtes, bêtes jusqu'à la démence, bêtes jusqu'au délire, bêtes jusqu'au suicide; car c'est la bêtise de la haine. C'est la bêtise de Caiphe, criant : (( Il faut que cet homme périsse ! )) C'est la bêtise des Juifs vociférant : (( Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Crucifie-le et rendsnous Barabbas ! ))

Oui, c'est cela, c'est bien cela. Pas de Pape, mais Barabbas - Néron ! Pas de Pape, mais Barabbas - Empereur ! Pas de Pape, mais Barabbas - Roi ! Pas de Pape, mais Barabbas - Parlement ! Pas de Pape, mais Barabbas - Démocratie ! Pas de Pape, mais Barabbas - Armée ! Pas de Pape, mais Barabbas - Diplomatie ! Pas de Pape, mais Barabbas - Guerre ! Pas de Pape, mais Barabbas - bourreau de l'humanité !

Haines des peuples, haines des classes, tuerie, dégradation, avilissement, suicide, tout, tout, plutôt que le règne du Christ et l'autorité du Pape !

leur première victoire

Les ennemis de la Papauté, courtisans de rois et flatteurs de foules, remportèrent leur première victoire décisive, il y a tout juste quatre siècles, par la consommation de l'hérésie luthérienne,

bientôt suivie du schisme anglais et de ia rupture de l'unité catholique. ^

De cette déchéance, je ne veux envisager ici que les conséquences politiques et sociales.

En promulguant le dogme antisocial du libre examen, la nouvelle théologie sapait non seulement toute base de foi et de morale, mais également toute autorité sociale, et ouvrait la porte à toutes les anarchies.

En posant l'absurde principe cujus regio ejus religio, le nouveau Droit public enlevait au Pape, chef spirituel de l'Église, la direction des consciences, la maîtrise des croyances, du culte et des fonctions ecclésiastiques, pour les remettre aux chefs temporels des États : c'était le retour au suprême pontificat des empereurs romains ou au califat de Mahomet, c'est-à-dire à la plus odieuse tyrannie morale qui ait jamais pesé sur la conscience des peuples. Ce système, joint à la pratique du libre examen, devait fatalement conduire à

^ La bulle Exsurge Domine, qui condamne la doctrine et les écrits de Luther, fut promulguée le 15 juin 1520. Les premières manifestations hérétiques de Luther et de Zwingle remontent à 1516. Le schisme d'HENRi VIII, conçu dans le lit adultère d'ANNE de Boleyn, était consommé dès 1535, bien que l'excommunication du roi-pourceau ne fût prononcée qu'en 1538. La Confession d'Augsbourg date de 1535; mais, dès 1529, les rois Scandinaves proscrivaient le catholicisme. En 1540, Calvin, après un bref exil, rentrait en maître à Genève. Enfiin, en 1555, moins de quarante ans après les Premières prédications de Luther, la Paix d'Augsbourg reconnaissait à l'hérésie droit de cité dans l'ordre social de l'Europe.

l'effritement de toute religion dans les pays séparés de la communion du Saint-Siège.

Enfin, en faisant disparaître de la foi des peuples hérétiques la croyance dans la prérogative doctrinale du Pape, fondement de son autorité sociale, la nouvelle politique ramenait le monde à l'âge de fer, où la Force prime et crée le Droit.

RETOUR au paganisme

Du jour où un certain nombre de nations chrétiennes cessèrent de reconnaître le magistère suprême du Vicaire du Christ, les nations restées fidèles ne pouvaient plus recourir efficacement à l'autorité du Pape pour arbitrer les conflits internationaux. Que vaut l'arrêt du plus éclairé des juges, lorsque l'une des parties échappe à la juridiction du tribunal ? Dès le moment de la rupture de l'unité catholique, la politique internationale rompit tout lien avec l'ordre moral établi par le christianisme et se confina dans le domaine des faits, des appétits, des ambitions, des rivalités. Sous l'hypocrite phraséologie empruntée, pour un temps, à une religion qu'il ne reconnaît plus, puis à de creuses formules philanthropiques que démentent toutes ses inefficaces sanctions, le Droit international est retombé, depuis quatre siècles, dans le cloaque de la matière, du mensonge et du vol

déguisé. Par une conséquence logique, la politi-ji que intérieure des Etats, de plus en plus séparés ^ de l'Eglise, même les plus catholiques, a pris la même route descendante. L'athéisme officiel de la France contemporaine est contenu en germe dans la Paix d'Augsbourg, tout autant que la , guerre païenne de 19 14, les traités païens de 19 19 et la Ligue païenne des Nations, si péniblement enfantée par la sagesse païenne des hommes d'État contemporains.

Dans cette effroyable déchéance sociale, qu'on a eu l'audace de qualifier des titres mensongers de « progrès moderne )), d'(( affranchissement des peuples )), de (( conquête des libertés )), les nations catholiques portent leur lourde part de responsabilité. Ce fut, comme on l'a si justement dit de la dernière guerre, un (( crime coopératif».

Sans doute, les Allemands du Nord furent les premiers fauteurs de l'hérésie, ou du moins les premiers à l'étendre de la conscience individuelle à l'ordre politique et social. Sans doute, les Anglais, plus pénétrés bientôt que les Allemands du poison dont le monde se meurt aujourd'hui, en furent les plus actifs propagateurs, les plus insidieux, les plus persévérants. C'est eux qui l'injectent encore sans relâche dans les veines de

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ous les peuples. Les Anglais trafiquent du proestantisme et de la révolution, comme de l'opium. Mais que de complices les uns et les autres ont rouvés et trouvent encore dans les nations catholiijues, sur les plus hauts sommets de la société : ois, ministres, diplomates, philosophes, savants, orateurs, écrivains, chefs d'école !

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