PROTECTION )) DES MISSIONS
En dehors de l'Europe et de la chrétienté déchristianisée, qu'ont produit le triomphe du libre examen et la suppression du magistère de l'Eglise et du Pape ?
Ne tenons pas compte, pour l'heure, des multiples et sanglants confîits et des innombrables spoliations
engendrées par la soif des conquêtes, les besoins réels ou factices d'expansion coloniale, les appétits effrénés du commerce et de l'industrie modernes. Ne recherchons pas dans quelle mesure l'autorité des Papes aurait pu empêcher ou restreindre ces frénésies de cupidité. Ne nous arrêtons qu'à l'un des effets immédiats, dans l'économie sociale du monde, de la rupture de l'unité chrétienne et de l'athéisme de la politique contemporaine : l'arrêt de l'expansion du christianisme en pays infidèles. Ne regardons même que l'Asie — sans oublier l'Afrique.
Vous êtes-vous parfois posé cette question : Comment se fait-il que, depuis deux siècles et demi, il s'est converti moins d'Indiens, moins de Chinois, moins de Japonais, qu'en l'espace de quelques années, aux jours des secondes missions franciscaines et des premières missions de Jésuites, aux jours de saint François-Xavier ? Et cette autre question, écrasante dans sa brièveté : Que va-t-il en résulter ?
Certes, au cours des derniers siècles, les sources de l'apostolat n'ont pas tari. L'Eglise a continué de déverser sur l'Asie le flot de ses missionnaires, de ses éducateurs, de ses martyrs. Les miracles n'ont pas cessé : miracles de dévouement, d'abnégation, de courage, d'endurance. Et pourtant,