NOTRE DEVOIR : AIMONS LE PAPE
Quel que soit l'avenir, que la société actuelle revienne à Dieu ou qu'elle disparaisse pour que l'œuvre de Dieu reprenne son cours, il n'y a pour
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nous, comme pour tous les peuples chrétiens, qu'un devoir : rester fidèles à Dieu, à l'Église et au Pape. Les peuples les plus fidèles seront les peuples convertisseurs ou reconstructeurs de la chrétienté.
Ce devoir, sommes-nous prêts à l'accomplir en toute occasion et de toutes manières ?
Sans doute, nous croyons à l'infaillibilité doctrinale du Pape; mais y croyons-nous d'une foi ferme et éclairée ? Sans doute, nous aimons le Pape ; mais l'aimons-nous d'un amour fort, courageux et sans défaillances ?
A la suite de nos évêques et de nos prêtres, nous avons accepté sans discussion, sans hésitation, de cœur et d'esprit, la défij^ition du dogme de l'Infaillibilité. Mais est-ce une foi profonde, agissante et convaincue qui a dicté notre adhésion, ou une foi passive, molle et distraite, qu'une opposition sou- ■tenue aurait facilement déroutée ou ébranlée ? Nous acceptons les enseignements et les directions du Saint-Siège, en matière doctrinale, parce que personne parmi nous ne les a encore ouvertement discutés. Mais sommes-nous bien pénétrés de toutes les vérités que l'enseignement des Papes soutient et fortifie ? Nous obéissons au Pape, quand nos évêques nous communiquent ses commandements. Mais sommes-nous bien pénétrés de la bienfaisance de son autorité sociale ? Sommes-
nous prêts à accepter ses conseils, à nous éclairer de ses lumières, à suivre sa pensée ? Comprenonsnous bien à quel point nous avons besoin, comme tous les peuples, que le Pape nous soutienne et nous guide, même dans les affaires générales de l'humanité ?
Nous aimons le Pape, oui; nous acclamons volontiers son nom aux jours de réjouissance, comme celui-ci. Nous joignons volontiers nos hommages à ceux du reste du monde, quand le monde a intérêt à recourir au Pape ou n'a pas d'intérêt à le bâillonner. Mais aux jours d'épreuves et d'ignominie, quand l'autorité du Pape est méconnue, quand la personne du Pape est moquée, quand sa parole et sa pensée sont dénaturées par la calomnie ou étouffées sous la clameur des passions, quand le silence du mépris se fait sur lui et autour de lui, quand le coup de pied des bêtes d'encre l'atteint au front et éclabousse sa robe blanche, où sommes-nous, que disons-nous, que faisonsnous ? Quelle parole d'hommage ou de réparation ? Quel acte d'amour filial ?
Hélas ! il ne faut pas retourner loin en arrière pour nous rappeler que, nous aussi, comme la plupart des catholiques lâches et tièdes, nous avons commis, envers le successeur de Pierre sanctifié, le péché de Pierre pécheur, renégat de son maître.
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Ce péché de reniement, nous l'avons commis comme les autres peuples catholiques, et avec de moindres excuses peut-être, à l'heure où la voix suppliante du Pape s'élevait, seule au monde, pour apaiser la furie du massacre et faire entendre à l'humanité une parole de foi et de raison. Nous avons laissé des écrivailleurs, réputés catholiques, insulter en langue française le Vicaire du Christ ! Puisse ce retour sur nous-mêmes nous inspirer le fécond et durable repentir de l'apôtre ! Et si une nouvelle occasion s'offre de témoigner de notre foi dans la Papauté, de notre amour pour le Pape, rappelonsnous que le Pape n'est pas seulement l'indéfectible gardien du Dogme et de la Morale, mais que, même dans les choses humaines, il est plus éclairé que les hommes d'Etat, plus fort que les hommes de guerre, plus désintéressé surtout que les hommes, de finance, qui mènent la politique et font la guerre. Puissions-nous, par l'ardeur de notre foi, par nos prières, nos paroles et nos actes, hâter le jour où l'autorité sociale du Pape s'exercera de nouveau, bienfaisante, pacificatrice et lumineuse, sur un monde meilleur, ramené par l'unité des croyances à l'ordre et à la liberté !