M, RENÉ BAZIN A ROME
Comme nous l'avons dit, notre éminent compa- Iriote M. René Bazin a fait une visite au Vatican, afin d'essayer d'y détruire le résultat des « efforts tenaces de l'ennemi » et, comme il l'ajoute, celui « de nos propres efforts » contre nous-mêmes. Aucun lieu de la terre où l'on fasse plus de politique, n^ plus utilement! L'ambassade d'Autriche, la légation de Prusse, la légation de Bavière y travaillent nuit et jour depuis toujours et dans le sens de leurs intérêts : or, il n'y a plus d'ambassadeur de France
depuis onze ans ! Nous n'avons plus « l'horamc « charge de veiller, l'homme informé, qui a le droit tt d'être écouté, qui peut suivre une affaire, négo- « cier, demander, revenir ». Et cela au point du monde dont l'influence « s'étend à toute la terre » et qui va « jusqu'au plus profond des nations » !
Parmi nos défenseurs volontaires ne manquent ni les gloires ni les autorités. M. René Bazin nomme à ses fidèles lecteurs de VEcho de Paris avec une respectueuse reconnaissance « ce très savant et très ferme cardinal Billot*, rénovateur de l'enseignement thomiste ». « En maintes occasions, ce jésuite a été l'avocat de la France ». Le cardinal Gasquet, des Bénédictins anglais, a rendu aussi d'incomparables services. Mais tous ces efforts devraient être coordonnés et mis en mouvement par les avis et les requêtes du représentant officiel de la nation intéressée. Il est scandaleux que cette représentation n'ait pas été constituée dès la déclaration de guerre.
Les Anglais ont été autrement pratiques.