CALOMNIES ET CALOMNIES
« Tandis qu'une certaine presse se plaît à dénoncer « de prétendus calomniateurs du clergé.... »
Ainsi commence un Premier Bordeaux de la Lanterne. Une « certaine presse », c'est nous. Les « prétendus calomniateurs » ont été déjà signalés, certifiés, authentiqués par un préfet, un sous-préfet, un commandant de place. Si l'on veut connaître en quoi les calomnies consistent, en voici une prise au hasard et traitée comme elle le méritait d'après une coupure de la Vie paroissiale de Plœiic (Diocèse de Saint-Biieuc) citée par la Croix d'hier soir. Texte des paroles lues le 20 octobre par le curé de Plœuc au prône des trois messes :
Je porte à votre connaissance et avec l'agrément de Mathurin Denis, maçon, époux Huellan, de Sainl-Éloi, qu'en audience de justice de paix du 2'2 octobre dernier, il a rétracté les parojes injurieu.ses qu'il a t-^-nues publiquement à mon égard, m'accusant faussement d'avoir porté de l'argent aux Allemands pour nous faire la guerre, et m'a fait à ce sujet des excuses complètes me disant qu'il no croyait pas un mot de cette histoire qualifiée de grotesque.
Suit la juste menace des recours plus sérieux que prendrait le curé de Plœuc si l'accusation grotesque venait à se renouveler. Il importe de féliciter ce curé énergique qui .sait ainsi défendre son honneur de prêtre français. Mais il ne servirait de rien de demander à la prétendue Lanterne de reproduire ce document, de nous dire ce qu'elle en pense et de
nous expliquer pourquoi elle a parlé de ccv; calomnies avérées comme de calomnies prétendues. La prétendue Lanterne est la pure vessie de l'obscurantisme. Je lui fais l'honneur de penser qu'elle n'a pas assez de clarté dans l'esprit pour se rendre compte de la gravité des divisions ainsi provoquées devant l'ennemi.
22 novembre 1014.