‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 71 sur 141 · LA FAUSSE UNION SACRÉE · texte numérisé non relu

LA FAUSSE UNION SACRÉE

Et cette hurlante insolence de l'accouplement de

noms qu ii s'était permis est aggravée par le commentaire du Temps. On peut avoir goûta Voltaire el trouver, par exemple, dans le petit poème en prose intitulé Candide ou l'Optimisme, le chef-d'œuvre de l'amertume ou le souverain remède contre la confiance, l'espérance, l'amour et tous les autres biens dont se leurre Thumanité, mais je défie qu'on découvre dans ce petit livre, le meilleur, le plus mauvais, le seul qu'ait écrit Voltaire, rien qui présente ce caractère de « noble » ou de « grand » que veut faire reconnaître le Temps à toute œuvre française, el que, précisément Voltaire, Français à sa mode, n'a jamais mérité. L'emphatique rapprochement établi entre Voltaire et le Saint de la Charité otTensera les catholiques et dégoûtera les lettrés. C'est assez ce qu'on risque à suivre les directions de Reinach ou les fureurs du fanatisme historique.

Car enfin, pour en revenir au point de départ du Temps, nos six ou sept cent mille protestants français ont, certes, tous les droits à être défendus, d'autant mieux qu'il;5 font leur devoir militaire et civique comme les autres; mais leur cause est distincte de celle de Luther cl ce n'est point mal parler d'eux que de noter qu'il y a quarante millions de luthériens en Allemagne, que cela compte dans l'économie de la race et du génie allemand, que Guillaume 11 est piélisle ou que Martin Luther a personnifié l'homme allemand d'après l'auteur allemand qui dressa la doctrine de rallemanilé... A voir le Temps se formaliser de si loin, on peut se demander de quoi il ne se formaliserail pas el si l'union sacrée ne veut point dire simplement pour

POUR ET CONTRE L'UNION SACRÉE. l'iS

lui un silence consacré au seul intérêt de sa secte et de sa faction.

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