‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 82 sur 141 · UNITÉ ET AMITIÉ DEVANT L'ENNEMI · texte numérisé non relu

UNITÉ ET AMITIÉ DEVANT L'ENNEMI

Détournons les yeux, voulez-vous? Quittons un instant du regard cette presse immonde, que le sentiment de sa bêtise, d'une bêtise claire puisqu'elle est en langue française, n'a pas su encore étouffer. Réfugions notre pensée dans le pays des braves, voyons quel est là-bas, le régime et le coutumier des rapports entre croyants et non croyants sur le front de bataille. Un lecteur de V Action française adresse à un ecclésiastique de nos amis qui nous la communique une très belle lettre; je tiens à la publier aujovu-d'hui, pour purifier l'air français des inepties sordides parues dans les journaux d'hier. Ce poilu dit en quelques lignes la règle de haute courtoisie intellectuelle qui s'institue d'elle-même entre Français.

Écoutez comme il parle d'adversaires :

.J'ai eu le prrand plaisir de constater pour le Ncndredi

POUR ET CONTRE L'UNION SACRÉE. 1i5

i^aiat, un geste délicat de leur part. Sur sept, nous sommes trois catholiques. Trois se disent athées ou libres penseurs, et un est indécis. Dès le mercredi, je leur avais dit que nous comptions faire maigre et comme le ravitaillement est quelquefois précaire en poissons, je n'avais pas parlé des œufs. Pendant mon absence, ils se sont arrangés pour composer un menu des plus stricts, ni viande ni œufs et tous ont fait rigoureusement maigre comme moi.

L'entente la plus cordiale règne dans l'armée au point de vue des idées.

Assurément de cette entente, des joyeux sacrifices qu'elle comporte, de la hauteur et de la grandeur d'âme qu'elle suppose tous les profonds ennemis de la nation française conçoivent et doivent concevoir de vives alarmes. Elle les trouble. Ils n'auront de repos qu'ils ne l'aient troublée. De tels bienfaits publics menaçant leur industrie, ils préparent donc leur défense, en attaquant. Je parle de ceux d'entre eux qui savent prévoir. Mais pourquoi les amis de la nation ne concevraient-ils pas les prévisions correspondantes, afin de déjouer le piège tendu? Il ne faut pas croire qu'il se détendra tout seul et que le mal se donnera bénévolement le coup mortel : il veut survivre et survivra si l'on ne sait pas l'écraser. Donc, vigilance, et, pour veiller utilement, propagande et propagande. Ne laissons pas de trop belles âmes nous communiquer une confiance que rien n'autorise.

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