CHAPITRE TRENTE-ST-UNIÈME
au pouvoir par la maçonnerie, voulut appliquer la loi dans tou sa rigueur. Alors la Hongrie entière s'émut, les catholiques tn longtemps endormis se réveillèrent et, sous la menace de la pers cution, on vit naître dans le peuple un mouvement religieux q eût été irrésistible. Vienne comprit qu'il y aurait péril à. affronter colère populaire. L'empereur, obéissant d'ailleurs à ses propres co victions, fit comprendre au ministère qu'il fallait changer de ton, après avoir jeté feu et flammes, M. Wekerlé revint de la coi singulièrement calmé.
Malheureusement cette accalmie ne dura pas, et Léon XIII, i considération des dangers que courait l'Église en Hongrie, cr devoir exhorter les catholiques de ce pays à aborder vaillamme: la lutte qui se préparait.
L'encyclique du 2 septembre 1893 aux évêques hongrois l engage vivement, eux et leur clergé, à redoubler de fermeté, c concorde et de zèle dans les avertissements à donner au peupl Elle déplore les faits qui se sont produits en Hongrie au détrimei de la religion et le « coup porté d'une manière si insidieuse aux insi tutions chrétiennes J. Elle montre combien il est nécessaire poi la société civile, non moins que pour le salut éternel de chacun, c sauvegarder l'intégrité de la religion. Elle fait appel aux illustn exemples des Hongrois qui, toujours au premier rang dans la lut de l'Europe chrétienne contre les invasions des Tartares et di Turcs, s'y sont signalés par des prodiges de valeur et de constanc La même chose se verra dans le combat actuel de la Hongrie cath< lique contre l'impîété. Maïs îl faut pour cela que chacun connais; son devoir et le remplisse avec zèle.
« Pour en venir à ce qui touche de plus près à l'objet de Noti Lettre, continue Léon XIII, Nous avons constaté avec une viv douleur que, — outre les dispositions qui, dans les lois de la Hongri ainsi que Nous Nous en sommes plaint ailleurs, sont en oppositic avec les droits de l'Église, diminuent sa liberté d'action et foi
obstacle à la profession de la foi catholique S — il y a eu, en ces dernières années, de la part de l'autorité publique, des décrets ou des actes non moins pernicieux certainement pour l'Église ellemême et pour les intérêts catholiques; et, d'après le cours que prennent maintenant chez vous les affaires publiques,il est grandement à craindre que des dommages bien plus graves ne soient causés à la religion. » La première chose à faire pour conjurer ces périls, c'est que prêtres et laïcs se tiennent prêts à obéir en tout au Siège Apostolique. Les prêtres doivent aussi détourner autant que possible les fidèles des mariages mixtes, si dangereux pour la foi.
Afin d'éviter d'autres maux plus graves encore qui menacent l'Église de Hongrie, les catholiques doivent répudier cette prudence humaine qui les pousserait à la défection ou à l'indolence. Cette conduite en effet ouvre l'accès aux plus grands périls, surtout si elle est le fait de ceux qui jouissent du pouvoir ou qui ont une grande influence sur l'opinion publique. « Rien ne peut être plus avantageux pour les ennemis de la religion que cette inaction, ces divisions des catholiques; elles aboutissent, en effet, presque toujours, à laisser à ces ennemis le champ libre pour les pires entreprises. Il faut, sans doute, en toutes choses, user de prudence et de modération, et l'Église veut que la vérité soit défendue suivant les règles de la sagesse; mais rien n'est plus étranger aux lois de la véritable prudence que de laisser persécuter impunément la religion et compromettre le salut du peuple. » Le Saint-Père recommande la réunion de congrès catholiques; l'envoi aux assemblées législatives d'hommes, d'une religion- éprouvée, qui soient toujours prêts à soutenir les droits de l'Église; l'organisation d'une presse catholique sérieuse. « Le temps est venu de faire de plus grands efforts dans cet ordre de choses et, coûte que coûte, d'opposer aux écrits des écrits qui apportent au mal le remède efficace. » Léon XIII attire ensuite l'attention des évêques sur l'importance suprême de l'instruc-