chapitre: trente-deuxièue
soumis au Saint-Siège, et ordonnait la création d'une chaire de droit pontiBcal et de droit public ecclésiastique, i science, disait le Pontife, que nous savons être d'une grande importance surtout de nos jours>, En6n il modifia, sur un point particulier, les statuts proposés, en prescrivant que les cours pourraient être fréquentés, non seulement par les étudiants ecclésiastiques qui auraient déjà terminé leurs études philosophiques et théologiques, mais aussi par ceux qui voudraient les commencer ou les achever à l'université. Pour le moment, celle-
ci ne comprend que la faculté théologique, mais le désir du Pape et de l'épiscopat américain est d'arriver à fonder aussi les autres facultés.
L'ouverture solennelle de la nouvelle école théologique eut lieu en novembre i88g, et coïncida avec les fêtes du centenaire de l'introduction de la hiérarchie catholjque'en Amérique. Le délégué du Pape, Mgr Salolli, et le président Harrisson honorèrent de leur présence cette cérémonie.
Le centenaire, dont nous venons de parler, fut célébré avec un
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éclat extraordinaire à Baltimore. On eut alors la vision de la puissance actuelle du catholicisme dans la jeune Amérique et la prévision du développement qu'il est appelé à y prendre dans l'avenir.
La procession nocturne qui termina les fêtes fit sensation. Des files de six et huit hommes de front traversèrent, d'un pas décidé et le cierge allumé à la main, les rues de Baltimore. Le défilé des sociétés, des paroisses, avec leurs emblèmes et leurs images
saintes, dura trois heures. Soixante corps de musique faisaient retentir l'air de leurs accords triomphants. La police à cheval formait l'escorte d'honneur, tandis que les voitures ornées et illuminées, dans lesquelles avaient pris place les directeurs ecclésiastiques des sociétés catholiques, augmentaient la solennité du spectacle. C'est ainsi qu'au sein de la libre Amérique les pompes du catholicisme peuvent se déployer sans rencontrer d'obstacles, sous le regard bienveillant des autorités et de la population. Grande leçon pour nombre de pays soi-disant catholiques de l'Europe !
L'archevêque Ryan, dans un sermon solennel, fit admirablement ressortir l'influence que la religion catholique est appelée à exercer aux États-Unis, même au point de vue politique. L'histoire dira, s'écria-t-il, « que l'unité et la catholicité merveilleuse de l'Église ont été du plus grand secours pour perpétuer notre union politique. Plus grande est la différence des éléments qui composent un pays et une Église, plus grande doivent être les forces qui les tiennent unis. En d'autres termes, l'unité et la catholicité religieuse sont deux choses nécessaires pour maintenir l'unité et la catholicité politiques. > Et c'est pourquoi, ajouterons-nous, les républiques, auxquelles manquent cette unité et cette catholicité religieuses, sont dépourvues du seul élément capable de leur donner sûrement la cohésion nécessaire à tout État bien réglé, mais plus nécessaire encore à la forme républicaine, dont la tendance naturelle est décentralisatrice, — centrifuge; dirait-on en langage scientifique — et par conséquent opposée à la cohésion.