‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 110 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-DEUXIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-DEUXIÈMB

opposés, en rendant inoffensive la neutralité de Técole à Faribault et à Stillwater. A cet effet, il s'y prit de la façon suivante. En premier lieu, il remit la direction supérieure de Técole au sckool board pour un an seulement, après avoir obtenu la certitude que, pendant cette année, les religieuses enseignant dans ces écoles y seraient maintenues en fonction. Il est vrai que les religieuses étaient obligées de garder la neutralité pendant les classes et n'y pouvaient réciter la prière; mais rien ne les empêchait de compenser cette lacune en dehors des classes. Et puis cette neutralité tant vantée est-elle autre chose qu'un mot ? Tant vaut le maître, tant vaut l'école. Dans une foule de matières, il faut de toute nécessité émettre des jugements conformes ou hostiles à la religion. Or il est certain que les religieuses du diocèse de Saint- Paul, malgré la neutralité qu'elles étaient obligées d'afficher, n'auraient jamais enseigné de doctrine anti-catholique. Il est vrai aussi que l'on était obligé de faire disparaître les emblèmes religieux, mais on pouvait les faire reparaître à titre d'objets d'art. Un Christ de Michel- Ange, une Madone de Raphaël ou du B. Angelico sont des objets artistiques, qu'un school board neutre se gardera bien de faire disparaître. Quant à la doctrine chrétienne, elle était largement enseignée en dehors de l'horaire officiel de l'école, mais dans le local même de celle-ci. Sans doute l'article 4 de la loi scolaire belge de 1879 ne disait pas autre chose; mais, en Belgique, c'était une machine de guerre manœuvrée par des instituteurs anti-religieux contre la foi des enfants. A Faribault et à Stillwater, au contraire, des institutrices catholiques s'emparaient de la machine et la retournaient contre l'impiété. Les évêques de Belgique eurent donc raison de repousser avec la dernière énergie un régime destiné à ruiner la foi dans leur pays, et l'archevêque de Saint-Paul n'eut pas tort d'appliquer ce régime à deux cas particuliers, oîi il ne devait pas produire de mal, tout en permettant de faire ailleurs plus de bien. Au reste, ainsi qu'on l'a dit maintes fois, la neutralité est une

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chose qui n'existe pas dans la réalité. Cest essentiellement un masque dont les francs-maçons se servent pour répandre l'irréligion. En certaines circonstances particulières, les catholiques peuvent s'en servir pour favoriser la religion. Mais, dans un cas comme dans l'autre, masque elle est et masque elle demeure.

D'après ce qui vient d'être dit, la neutralité adoptée à Faribault et à Stillwater, ne devrait guère être considérée, qu'on nous permette l'expression, que comme un bon tour joué à l'hypocrisie maçonnique, laquelle fut prise au mot dans ses prétentions à une neutralité impossible, et combattue par les armes, peu loyales de leur nature, qu'elle cherche à diriger contre la religion.

Ce n'est pas ainsi que nombre de journaux américains, de catholiques et même d'évêques interprétèrent la convention de Saint- Paul. Les discussions devinrent si vives que l'affaire fut soumise au jugement du Saint-Siège. Celui-ci, après avoir mûrement fait examiner la question, rendit, par l'organe d'une congrégation spéciale de la Propagande tenue le 21 avril 1892, la décision suivante :

Sur îa question : Quel jugement doit-on porter sur raccommodement adopté par l'archevêque Ireland au sujet des deux écoles de Faribault et de Siillwater, les membres de la Congrégation ont décidé qu'il fallait répondre :

Affirmativement^ et : Les décrets des conciles de Baltimore sur les écoles provinciales subsistant dans toute leur force, la convention conclue par le R. P. archevêque Ireland peut, toutes les circonstances étant pesées, être tolérée.

Le Très-Saint-Père a daigné, dans son audience du même jour; 2 1 avril, approuver la décision susdite des Éminentissimes membres de la Congrégation.

^ Ignace, Archevêque de Damiette, secrétaire.

La portée de cette décision fut expliquée par le cardinal Ledochowski, préfet de la Propagande, dans une lettre adressée à tous les évêques des États-Unis le 3 mai 1892.

Le cardinal y rappelait lorigine du conflit, et les actes de la Propagande et du troisième concile de Baltimore concernant les

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