‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 112 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-DKUXIÈMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-DKUXIÈMK

Désormais Pépiscopat '.américain possède en matière scolaire sa charte totale. J'en bénis Léon XIII, Votre Éminence et vos illustres coopérateurs.

Pouvoir tenir en vue la décision de la commission des cardinaux, là où'la création ou le maintien de l'école paroissiale indépendante est impossible ou présente trop de difficultés; garder toute la pureté du dépôt divin et toute l'inflexibilité des décrets du Concile de Baltimore, et, en même temps, être placés dans la situation enviable de multiplier nos centres d'influence scolaire, et de donner à un plus grand nombre d'enfants l'enseignement religieux : tel est le bienfait dont Rome vient de doter notre Église d'Amérique.

En présence de ce bienfait, je me félicite mille fois d'être venu à Rome pour voir Pierre, et d'avoir demandé le jugement de mon chef sur les faits scolaires qui se sont produits dans mon diocèse

Que Votre Éminence daigne agréer les sentiments de haute estime et d'affection filiale avec lesquels j'ai l'honneur d'être son serviteur dévoué.

Jean Ireland, Archevêque de Saint-Paul.

Dans sa réponse, datée du 2 1 mai, le cardinal Ledochowski ratifiait l'interprétation donnée par larchevêque de Saint-Paul à la décision romaine et faisait des vœux pour le rétablissement complet de la paix dans les esprits. € J'aime à espérer, disait le cardinal, que les passions, surexcitées dans votre pays et ailleurs par cette affaire, s'apaiseront et que les interprétations inexactes et peu mesurées de n'importe quel organe, qui se ressentent peut-être encore de cette pénible surexcitation, seront sans effet en présence de l'interprétation légitime que contient ma lettre d'ofîfice et que la vôtre, à laquelle je réponds, reproduit fidèlement. Fasse le Ciel que le silence de la paix et de l'entente chrétienne remplace promptement l'agitation déplorable qui nous attriste tous. >

Mais les esprits s'étaient trop échauffés pour qu'il fût possible de revenir de si tôt au calme. La voix elle-même de Léon XIII dut se faire entendre pour obtenir la paix désirée. Le 24 mai, Sa Sainteté adressa aux évêques de la province de New- York un bref, oîi, après avoir félicité ces prélats de leur zèle, et témoigné la joie et l'espoir que causent à son cœur les progrès de l'Église aux

s-Unis, le Saint-Père se montre affligé des controverses nées . convention conclue entre Mgr Ireland et les autorités civiles liant deux écoles ^ parmi les nombreuses écoles paroissiales, ées dans ce diocèse ». Léon XIII déclare qu'il a fait mûre- : étudier la question et que la controverse a été résolue avec le connaissance de cause. Enfin le pape rencontre l'objection :eux qui prétendaient que, pour obtenir le tolerari passe, l'on : persuadé aux juges romains que l'Amérique était menacée s persécution religieuse, dans le cas où leur jugement serait rorable à la manière de voir de Mgr Ireland. Léon XIII ne < que ni ce vénérable frère, ni personne n'ayant fait mende ce péril, il est clair que les évêques de la province de •York ont été induits dans une vaine et fausse opinion par une :ur mensongère. ii Nous voulons, continue le Pape, que les ets de Baltimore sur les écoles paroissiales soient religieusement rvés, < mais c'est le propre de toutes les lois générales, que, rrive quelque chose de spécial et dlnopiné, l'équité puisse ger à tolérer un fait qui s'écarte quelque peu de la lettre de la '^ous Nous sommes facilement rendu compte que c'était ici le et Nous avons cru devoir juger la chose par les conseils de la ence et de la modération plutôt que par la rigueur de la loi. > 1 XI 11 proclame ensuite qu'il n'est aucun des évêques des s-Unis qui ne condamne les écoles neutres et ne défende les ;s confessionnelles. Il engage les évêques à détourner les its catholiques des écoles oîi l'instruction religieuse ne serait donnée et où leur moralité courrait des dangers. Il exprime oir que les autorités civiles comprendront la nécessité de faire lois assurant aux catholiques, qui supportent leur part des frais enseignement public, un enseignement compatible avec leur ion. Il exprime sa confiance dans l'équité des américains, même catholiques, et se déclare persuadé qu'aux États-Unis < perte ne souffrira que les parents catholiques soient obligés de

Page 1