‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 13 sur 255 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

ville au momcint trh cttc tomba ^aox timm des Belges. Enfin le commandant Ponthîer, agissant avec une énergie et une rapidité extraordinaire, s'empara de Kirundu, dispersa les Arabes en plusieurs engagements successifs, leur enleva plus de 8.000 prisonniers et 1 200 fusils. A Theure qu'il est, on attend la jonction de Ponthîer et de Dhanis et leur marche vers louest pour rejoindre les postes antiesclavagistes du Tanganika.

Pour quiconque jette un regard sur la carte, Ténorme importance de ces événements apparaît avec évidence.

L'action combinée de F État indépendant du Congo et de la société antiesclavagiste belge a anéanti la cruelle domination arabe au centre de l'Afrique. Les Belges ont lavé dans le sang des oppresseurs la sombre tache qui déshonorait le Congo, comme un affreux stigmate. Ils se sont lavés eux-mêmes — et combien glorieusement ! — du sanglant reproche que leur lançait le cardinal Lavigerie du haut de la chaire de Ste-Gudule. Naguère encore, Mgr Hirth, évêque de l'Ouganda, s'écriait comme découragé: € Tant de conférences et de pourparlers en Europe n'aboutissentils donc qu'à des résultats aussi douloureux que décevants ! >

Désormais cette parole ne pourra plus être prononcée. Un résultat a été obtenu et un résultat immense. Le principal objectif de la croisade de Léon XIII et du primat d'Afrique, a été réalisé : la domination esclavagiste arabe, que d'aucuns considéraient comme nécessaire, et à laquelle nul n'avait jusqu'ici osé toucher, cette domination est à terre. L'initiative du Pape, la parole du Cardinal, la volonté du Roi, le bras des Belges ont réalisé ce qui jusqu'ici apparaissait comme un lointain et chimérique espoir. Les peuples de l'Afrique centrale vont renaître à la vie et à la liberté : ils vont naître à la civilisation chrétienne. Jamais en notre siècle, depuis les exploits des Zouaves Pontificaux, Tépée n'avait servi à une œuvre plus sainte, ni remporté un plus juste triomphe.

Oh! si le grand Cardinal avait pu, de ses yeux, voir cette réalisation

des projets de délivrance que son cœur d apôtre avait si longuement médités et si ardemment poursuivis!... Mais, nouvel Aaron, il ne put qu'entrevoir la terre promise. Comme s il eût eu le pressentiment de sa mort prochaîne, apprenant les premiers succès du capitaine Jacques, il adressait à la charité belge, le 13 mars 1892, ces éloquents remerciements qui semblent aujourd'hui venir d'outre-tombe :

«Je la remercie par avance,au nom de ces pauvres esclaves à qui elle vous permettra de rendre la vie et la liberté ; je la remercie au nom de ces mères éplorées et de ces chers petits enfants, qu une main barbare ne séparera plus pour les massacrer impitoyablement ou pour les vendre sur des marchés lointains ; je la remercie au nom de la religion, dont elle favorisera les progrès dans la paix et la sécurité; je la remercie enfin au nom de mes missionnaires, dont elle protégera la vie, et secondera, par vos mains,raction régénératrice et féconde. >

Peu de temps après, cette grande voix s'éteignait pour toujours. Le 27 novembre 1892, l'âme de l'apôtre de Carthage entrait dans l'éternité et son nom dans l'histoire.

Et déjà le calme de l'histoire commence à planer sur ses cendres à peine refroidies. Le cercueil du grand homme, trop souvent méconnu, est salué par un cri unanime d'admiration, par un hommage spontané de respect. De tous les points du monde et par toutes les voix de la publicité, cette admiration et ce respect se manifestent, tardive justice rendue à un homme auquel n'a pas manqué la suprême épreuve, celle d'être suspecté, méconnu et condamné par ses amis, celle de voir la perfection de son obéissance nuire aux

œuvres de sa charité Paix et gloire aux cendres d'un héros et

d'un apôtre !

Empruntons au Moniteur de Rome la conclusion de ce chapitre.

« Rarement l'histoire a connu une collaboration aussi haute et aussi féconde que celle de Léon XI 1 1 et du cardinal Lavigerie. Dans cent ans, quand le touriste européen pénétrera dans les villes blanches du continent noir, il admirera sur les places publiques

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