CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
appel aux catholiques : par une lettre adressée le ii octobre à Z* C/ntverSf il les invitait à € marcher à Tavant-garde en redoublant de courage et d'énergie, et en donnant eux-mêmes l'exemple de l'union contre l'ennemi commun. C'est ainsi, terminait-il, que le parti catholique se formera sur le champ de bataille, et qu'au lendemain de l'action nous serons prêts pour l'organiser et en faire dans l'avenir le rempart de l'ordre social et politique. >
Jusqu'à ce moment, le comte de Mun offrait donc le parti catholique comme une sorte de corps auxiliaire à l'organisation politique conservatrice. Il faisait entrevoir la prochaine constitution de ce corps auxiliaire en troupe régulière, sans dire encore si la troupe ainsi formée rentrerait ou non dans le cadre de l'organisation conservatrice.
C'est sans doute ce qui porta ombrage aux hommes politiques qui étaient à la tête de cette organisation. M. de Cazenove de Pradines, dans une lettre adressée ^L'Espérance de Nantes à la fin d'octobre et reproduite avec éloge par Le Monde, fit des réserves sur les projets de M. de Mun, qu'il considérait comme dangereux au point de vue monarchique et même religieux. Le 30 octobre, le baron de Lareinty, sénateur, s'associait à M. de Cazenove par une lettre où il condensait en peu de mots les idées des monarchistes catholiques : € Il n'y a pas, disait-il, à créer chez nous une ligue catholique.... Mandataires élus du pays nous avons un double devoir à remplir envers lui : Montrer dans la monarchie légitime le port de refuge pour les libertés politiques et religieuses, et concentrer tous nos efforts pour y abriter les destinées du pays. »
En même temps que ces oppositions, le plan de M. de Mun rencontrait cependant des adhésions précieuses même parmi les monarchistes avérés.
Le I" novembre, dans une lettre-programme adressée au vicomte de Bélîzal, le comte de Mun exposait enfin l'organisation annoncée du parti catholique. Après avoir montré qu'il fallait se