CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
qu'il se serait volontiers tenu à Técart de ces discussions, dans la confiance qu'on serait promptement arrivé à s'entendre. Mais on a cherché à faire passer pour une approbation explicite et sans condition du programme de M. de Mun les articles antérieurs de \Osservatore. C'est pourquoi il doit faire remarquer que ces articles ne pouvaient apprécier le programme exposé dans la lettre à M. de Bélizal, puisque cette dernière leur était postérieure, et qu'elle « a eu pour effet de modifier sensiblement la situation >. < Nous louons sans restriction, continue le journal romain, l'organisateur des comités ouvriers qui appliquent leurs soins au groupement de la classe ouvrière en cercles catholiques, en associations professionnelles de corporations chrétiennes, fondant là-dessus les meilleures espérances pour l'avenir de la nation française. Cëtait dans le sens de la diffusion toujours plus grande de cette organisation des cercles ouvriers, du réveil, par des moyens analogues, de l'esprit chrétien parmi toutes les classes de la société, que nous entendions la réorganisation des forces religieuses, c'est-à-dire l'action catholique projetée par M. de Mun. Mais aujourd'hui l'éminent comte de Mun ne s'en tient pas à ce genre d'action, et il formule un programme constituant un parti catholique dans la Chambre. Pour qui réfléchit au groupement du parti conservateur qui s'est fait avec succès en France à partir des dernières élections et aux divers éléments dont il se compose, il ne paraîtra pas étonnant que le programme lancé par le comte de Mun dans sa dernière lettre y ait éveillé des susceptibilités et menace d'être le signal de funestes divisions. > En terminant, VOsservatore exprimait l'espoir que l'abnégation du parti conservateur ne laisserait pas l'union se rompre par un funeste malentendu ^ et que les concessions mutuelles qui ont amené la coalition des forces conservatrices à l'époque des élections resteront la base de leur action dans le Parlement >.
Le 9 novembre, avant donc qu'il ne pût avoir connaissance de l'article que nous venons d'analyser, le comte de Mun adressa à
; la courte déclaration suivante : < Afin de ne pas soulever
ision entre les catholiques, je renonce à donner suite au
organisation que j'avais annoncé par ma lettre au vicomte
al. >
bandon subit d'un projet qui la veille encore était défendu
leur par le comte de Mun et la presse dévouée à ses idées,
i à tout le monde que le noble écrivain avait déposé les
ir un signe de la seule autorité devant laquelle ce chevalier
ir et sans reproche eût pu abaisser son épée sans la désho-
ïvant l'autorité du Saint-Siège.
ues jours après on rendait aux souscripteurs les sommes
pour la fondation du nouveau parti et, comme l'on dit en
rlementaire, l'incident fut clos.
lits que nous venons de rapporter sont très instructifs au
vue de l'action que Léon XIII allait développer quelques ïprès pour unir les forces catholiques au profit de la relile la France. On pourrait être tenté de déduire de ces en 1885 le Souverain- Pontife ne songeait nullement à r les catholiques sur le terrain constitutionnel. Il nous outefois que cette déduction serait hasardée. L'interven- :ieu5e du Saint-Siège dans l'affaire du parti catholique eut caractère d'une mesure d'opportunité. Le cardinal Lavigerie ible avoir donné la note juste en se prononçant contre le 1 comte de M un « en attendant et pour le moment présent J. lation d'un parti catholique distinct tel que l'avait projeté
de Mun, préludait à l'action de Léon XIII, qui se prons la suite. Elle rencontra les mêmes objections que cette , et à ce point de vue L'Univers était dans le vrai quand, it au Monde, il écrivait : ^ Les raisons produites par la jyaliste ne pouvaient nous arrêter parce que aucune ne iste et n'avait une véritable valeur. Fait pour établir l'union, imme du comte de Mun a, par suite de préoccupations