‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 137 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

le Concordat; il s'était efforcé d'amortir les coups portés à la religion, et avait protesté, sans violence, mais avec fermeté, toutes les fois que le silence ne lui avait pas été imposé par les périls de la situation. La position du Souverain-Pontife était en effet singulièrement difficile, en face d'un gouvernement dont la toute-puissance ne se trouvait pas contenue par un parti catholique ou conservateur avec lequel il eût à compter. La diplomatie pontificale ne rencontrait aucun point d'appui à l'intérieur; et si parfois des catholiques peu respectueux lui reprochèrent sa faiblesse, elle eut pu retourner ce reproche à l'adresse des conservateurs eux-mêmes. En effet ceux qui combattaient pour la religion, combattaient en même temps contre le gouvernement que le Chef suprême de la religion reconnaissait comme pouvoir de fait, et avec lequel il avait àtraiter.Une action combinée du Pape et des partis conservateurs du parlement devenait dès lors difficile, sinon impossible. De plus, la note caractéristique de la politique des droites était l'incertitude. Obligés par la force des choses à mener la campagne sous le régime existant, et combattant néanmoins ce régime, les députés de la droite se trouvaient singulièrement embarrassés vis-à-vis de leurs électeurs. Ils l'étaient d'autant plus, qu'unis pour attaquer la république, les divers groupes de la droite étaient radicalement désunis entre eux par l'opposition intrinsèque et irréductible de leurs tendances. Uunion des droites était en définitive une union monstrueuse, puisqu'elle n'était autre chose que la coalition des partisans de deux monarchies, diverses d'origine et incompatibles. Si, par impossible, cette union avait triomphé, elle se serait ipso facto sxïxzxàée, en laissant le champ libre à de pires divisions. La position des conservateurs était donc essentiellement fausse : fausse aussi dès lors la situation qui en résultait pour la religion, dont la défense était le seul lien positif qui unit les diverses fractions du parti conservateur, rapprochées en même temps par le lien négfatif d'une haine commune pour la République. Ainsi donc deux partis fondamentalement hostiles

l'autre, mats provisoirement associés pour la défense de la et pour le renversement de la république : peut-on imaginer de choses plus défavorable à l'action du Pape sur le gouverfrançais, et aux intérêts de la religion elle-même ? :onservateurs sentaient si bien ce que cette alliance avait lal, que leur tactique électorale consistait à dissimuler leurs ions monarchiques, à exploiter les fautes de la république server l'avenir. C'est ainsi qu'avant les élections de 1889, des droites faisait appel à tous les conservateurs dans un )ut : le renversement de la faction qui exploite et détient le , en réservant « à la volonté nationale le droit de choisir que la France devra suivre à l'heure des solutions défini- Cet euphémisme signifiait qu'un programme commun était ble, et qu'au jour de la victoire, la lutte recommencerait s divers corps de l'armée victorieuse!

pays était las de la politique radicale des républicains, il se it inquiet de la politique incertaine des conservateurs. IX surtout de stabilité gouvernementale. Il avait horreur angement de régime, et n'apercevant au bout des programiservateurs que la destruction du régime actuel, et la prévilouveaux troubles quand il s'agirait de le remplacer par autre 1 se détournait de plus en plus des conservateurs, et, s'il tenait encore partiellement, ce n'était guère que comme urs de la religion. Mais celle-ci ne faisait que perdre à ularité de ses patrons, alors que, dégagée de toute solidarité X, sa seule force d'attraction eût pu lui assurer de nombreux urs et une protection suffisante.

: situation s'aggrava quand, non contents de leurs alliances s, les partis monarchiques s'attelèrent, avec les républicains avancés, au char du général Boulanger. La chute retende cet aventurier fut comme le glas des espérances monaret la religion, mêlée à toutes ces compromissions et à toutes

Page 1