‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 138 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

ces défaîtes, souffrait de plus en plus des fautes de ceux qui prétendaient la défendre.

Au milieu de ce désarroi, la politique radicale avait beau jeu. Obligé à marcher plus vite qu'il ne l'aurait voulu dans la voie de la persécution et de la désorganisation sociale, le gouvernement demeurait fidèle au mot d'ordre de Gambetta : « le cléricalisme, voilà l'ennemi ! » C'est à l'aide de cette formule qu il cherchait à maintenir un peu de cohésion entre les éléments disparates dont se composait, elle aussi, sa majorité. Cependant un pareil programme n'eût pas suffi à lui donner la force nécessaire à son existence. Pour gagner les masses électorales, il avait une autre arme : l'attitude anti-constitutionnelle des conservateurs. Par sa guerre au cléricalisme, il s'assurait l'appui des radicaux et une majorité suffisante au sein des Chambres. En se posant comme défenseur de la forme républicaine contre les monarchistes, il attirait à lui cette masse énorme d'électeurs peu religieux, mais non hostiles à la religion, peu entendus dans les diverses questions politiques, mais amis de la stabilité gouvernementale et partisans de la république, qui forme le fond du corps électoral français. Voilà tout le secret de la force parlementaire du parti dominant. Il en eût été autrement, si un parti constitutionnel puissant se fût prononcé à la Chambre en faveur des intérêts conservateurs et religieux. L'anti-cléricalisme n'eût plus été de rigueur pour le gouvernement, et, dans les élections, on n'eût pu rallier les masses sous le drapeau des ennemis de l'Église, en présentant ceux-ci comme les défenseurs attitrés de la république.

Le gouvernement descendait cependant de plus en plus la pente de la persécution. Les relations entre le ministère et l'épiscopat étaient plus que tendues. Les lois hostiles à la religion s'aggravaient sans cesse, et la pratique judiciaire et administrative multipliait les laïcisations, les condamnations de prêtres indépendants, les vexations de tout genre à l'égard du clergé et des catholiques.

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^ manifestations de l'anti-cléricallsine officiel sur le rent la loi militaire qui astreignait les séminaristes 1 service actif en temps de paix : loi que le cardinal livi par la plupart des évéques, déclarait € impie pe, contraire au concordat, destructive de la liberté liberté de conscience, de la liberté d'enseignement, tement du clergé qu'elle atteint aussi dans ses vertus neuse pour l'influence de la France à l'étranger, surtout à la religion et aux missionnaires > ; puis la : d'accroissement, qui, au moyen d'un système de s savamment combinées, devait amener à bref délai ère des congrégations religieuses, même autorisées, e des élections de 1889, le ministre des cultes, edoutant l'influence du clergé,adressa aux procureurs circulaire qui fut comme un défi à l'épiscopat. Il y s magistrats de « réprimer immédiatement et sévèts qui seraient signalés à la charge des ministres des la période électorale i. Le ministre se réservait en : d'user du droit qu'il lui appartient d'exercer en scipline ecclésiastique ». C'était là une intrusion e domaine de la discipl ine canonique, non moins que roits des citoyens. La circulaire de M. Thévenet eut e provoquer dans l'épiscopat un mouvement unanime , et de forcer le Saint-Si^e à prendre la défense des

es menaces ministérielles, la plupart des évêques leurs diocésains la nécessité de voter pour des candi- 5 à la religion. Comme spécimen de ces instructions, ;nt le passage suivant d'un mandement de l'arche- /Igr Goulhe-Soulard: « C'est un devoir de voter, c'est ureux de bien voter; mal voter, c'est un péché. Vous lal qui sera fait par vos représentants, puisque vous

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