‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 139 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

les avez librement choisis; vous les connaissez ou vous devez les connaître... Le bulletin de vote, c'est votre fortune, votre paix, votre sécurité ; c'est Tâme, c'est le sang de vos enfants. Si vous trouvez que vos élus ont obéi au mot d'ordre de la maçonnerie et non au vôtre ; qu'ils vous ont humiliés et indignés par leurs laïcisations, leurs expulsions, leurs crochetages; qu'ils vous ont accablés d'impôts et criblés de dettes ; qu'ils ont porté atteinte à votre liberté dans les plus essentiels, les plus inviolables de vos droits de pères et de chrétiens ; eh bien, avec votre terrible morceau de papier de quatre centimètres carrés, dites-leur qu'ils ont été des serviteurs infidèles, et que vous leur donnez congé, puisque vous êtes les maîtres-. Agissez en maîtres, vous êtes les maîtres ! »

Cette doctrine était aussi correcte politiquement que théologiquement. L'attitude des évêques provoqua néanmoins les plaintes du gouvernement français auprès du Saint-Siège. La cour de Rome chercha à justifier les évêques, mais,comme les défenseurs politiques de la religion étaient des hommes hostiles à la forme républicaine, le gouvernement pouvait, avec un semblant de raison, reprocher aux évêques de servir ses ennemis.

Tout contribuait donc à mettre de plus en plus en lumière les difficultés d'une situation politico-religieuse essentiellement fausse et malheureuse.

Dans ses méditations silencieuses, Léon XIII observait de son œil d'aigle les aspects multiples de cette situation et son extrême gravité au point de vue de la religion et du salut des âmes. En même temps il interrogeait, il prenait de minutieuses informations, il rassemblait les éléments d'un de ces jugements d'ensemble, nets et complets, qui éclairent une question dans tous ses détails et la tranchent d'une façon souveraine. Enfin ce jugement fut formé irrévocablement dans son esprit. Il vit où était le seul espoir de salut qui restât pour la religion en France, et il se prépara à pro-

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