‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 144 sur 255 · CHAPITRE TRKNTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRKNTE-TROISIÈME

politique, il peut donc y avoir matière à de légitimes dissentiments entre les hommes qui cherchent honnêtement le bien public. Léon XIII le reconnaît. Mais il ajoute : Quand la foi chrétienne est en péril, tout dissentiment doit cesser, et, de commun d'accord, on doit prendre la défense de la religion qui est le bien suprême. Or, la foi est en péril... > Le cardinal conclut : « Faisons trêve aux dissentiments politiques. Le pays a besoin de stabilité gouvernementale et de liberté religieuse... Apportons un loyal concours aux afiaîres publiques, mais demandons que les sectes anti-chrétiennes n'aient pas la prétention d'identifier avec elles le gouvernement républicain, et de faire d'un ensemble de lois antireligieuses la constitution essentielle de la république... Que les efforts des gens de bien ne s'usent pas en des luttes politiques stériles... Nous ne voudrions pas de dénomination de parti. Pour nous c'est la France chrétienne qui s'unît pour défendre sa foi, ses traditions et ses gloires nationales, contre les hommes qui voudraient la déchristianiser... Que les catholiques se placent nettement sur ce terrain qui leur appartient, et qu'ils ne craignent pas d'affirmer leurs revendications. >

La Réponse laissait quelque peu dans l'ombre la question d'adhésion formelle à la République, mais en parlant du besoin de stabilité gouvernementale éprouvé par le pays et du loyal concours à donner aux affaires publiques, elle insinuait suffisamment la nécessité de l'acceptation sans réticence de la forme républicaine. Le cardinal Richard avait compris qu'il ne fallait pas brusquer les choses dans un moment où une vive excitation régnait parmi les royalistes.

Un très grand nombre d'évêques adhérèrent à cette Réponse, Le cardinal Lavigerie lui-même écrivait à son vénérable collègue de Paris: ^ Vos doctrines sont les miennes ; elles répondent à l'initiative que j'ai prise, il y a quatre mois, sous Tinspiration que vous connaissez. La liberté de mon langage, dans des régions où se rencontrent des éléments si différents de ceux qui se trouvent dans la

£s de France, a pu être plus grande ; le langage it au fond. Je tiens à vous envoyer l'expression entiments, espérant que mon exemple sera suivi énérables collègues qui voulaient s'unir à moi, et lerons au monde ce à quoi l'Église tient le plus ile de la vérité : le spectacle de l'union de tous ses orité de leur chef suprême. > Le cardinal Lavigerie pas renoncer aux opinions qu'il avait naguère :ux jours après la lettre que nous venons de citer, ï mandement de carême, qu'il n'avait pu prendre même la solennelle et grave initiative prise le Zs mandement, rapproché de la lettre au cardinal it clairement que, dans la pensée du cardinal <ûttse tendait à recommander l'acceptation de la idant l'équivoque subsistait, et, au même moment, donnaient à leur adhésion une nuance s'éloignant s idées de l'archevêque d'Alger. igiense de Toulouse y mettait même une pointe ait en ces termes de la Réponse : < Au milieu de iquelFe certains actes éclatants ont jeté les esprits lois, on sera heureux de trouver ces règles sCtres •priées aux nécessités actuelles. > Tchevêque de Vannes écrivait à l'archevêque de livoque, pas de malentendu possible, après ce lan- I, lumineux, marqué au coin d'une rare prudence, incapable de trahir, ni d'affaiblir la vérité, mais érer à la pacification nationale que nous appelons , sans récriminations stériles, aussi bien que sans 'liables avec notre foi religieuse et nos convictions

ontpellier disait lui aussi : « La direction que vous et que je me permets après vous de donner aux

GHAPITHE TRENTE-TROISIÈME,

miens, ne regarde que les catholiques en tant que catholiques. Elle est religieuse dans son but principal, elle ne touche à la politique que par voie de conséquence >. Cette observation était parfaitement juste, mais il restait à déterminer jusqu'où s'étendait cette conséquence. Voici comment Mgr de Cabrières s'exprimait à ce sujet. Il remercie le cardinal < d'avoir touché d'une main si délicate à la

Mgr de Cabrières, évéque de Monlpelliei

difficulté qui, pendant ces derniers temps, a troublé et désorienté tant de consciences. Sans presser les catholiques de briser leurs attaches politiques, et tout en reconnaissant que, même aujourd'hui, il peut y avoir de légitimes dissentiments, Votre Éminence dit avec le Pape que, la foi étant en péril, il faut que tous les catholiques s'unissent pour la défendre, et fassent actuellement trêve à leurs dissentiments. Mais la trêve nécessaire n'exige pas, ce semble, de

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