CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
sociale à laquelle la France est parvenue >. < Maïs, dît-îl à M, Ferry, être républicain ce n'est pas aller à vous. Vous n'êtes ni la France, ni l'État, ni la République. Nous ne pouvons être vis-à-vis de vous, ni des sujets, ni des tributaires, ni des alliés. Ce n'est pas du parti qui a médité et porté les coups, que nous pouvons attendre des actes de justice. Une seule relation est donc possible entre nous: celle de l'adversaire en face de l'adversaire. >
Dès avant la Réponse du cardinal Richard, Mgr Turinaz,évêque de Nancy, revenant de Rome, avait signalé comme point de départ de l'action catholique, la nécessité de n'être point systématiquement hostile à la forme républicaine.
Pour ce qui concerne Mgr Freppel, considéré comme le plus attaché peut-être d'entre les évéques à la monarchie, il avait, dès le 1"; janvier, exposé de la façon suivante l'attitude qu'il jugeait la
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difficilement résignés à entrer du premier coup dans les vues du Souverain- Pontife, qui eût pu leur dire comme jadis le Christ aux apôtres : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez encore les porter. Adhtic habeo multa vobis dicerCy sed non potestis portare modo, »
Il n'en est pas moins vrai que la parole du cardinal Lavigerie, toute Contestée qu'elle ait été dans le principe, était celle même de Léon XIII. L'archevêque d'Alger le déclara ouvertement dans une lettre publiée par \ Observateur français du 14 mars 1892 : « Lorsque je suis allé à Rome au mois d'octobre 1 890, y disait-il, je songeais uniquement, vous le ëavez, et cela depuis bien des années, aux missions de notre Afrique ; j'achevais même alors la croisade que j'ai payée du prix de ma santé. Je trouvai Léon XIII tout plein sans doute de cette pensée : mais il me manifesta une pensée plus large et plus haute, qui embrassait le monde chrétien tout entier, et particulièrement la France. Aussi me demanda-t-il d'interrompre pour un moment l'œuvre antiesclavagiste que j'avais entreprise, et daigna-t-il m'exposer ses vues, telles qu'il vient de les exposer dans sa lettre à tous les évêques et à tous les catholiques de France. J'étais frappé de leur sublimité et de leur siniplicité tout ensemble ; mais néanmoins je ne me dissimulais pas, vous le savez, au milieu du trouble qui semblait régner dans tant d'esprits, et des divisions qui nous entraînaient à notre perte, quels orages j'allais susciter, en prenant l'initiative d'un tel mouvement, auquel le monde paraissait, en ce moment même, étranger. J'entrevoyais déjà les vengeances que quelques-uns chercheraient à tirer de moi et de mes œuvres, pour arrêter ma voix. Je le dis au Saint- Père. Mais il me répondit que peu importaient ces considérations secondaires, que c'était le désir et la volonté du Pape que je fisse ce qu'il me demandait comme un acte d'obéissance et de soumission filiale... ^ — L'éminent primat d'Afrique eut donc le très grand mérite d'ouvrir la brèche par où devaient passer les idées de Léon XIII.
Le Pape Léon XIH. — IL 23
?doceri. Rien ne montra mieux combien les vues es que la fureur des républicains en présence de rêque d'Alger. Les journaux radicaux surtout les. La Lanterne s'écriait : « M. Lavigerie, nous
principes du droit républicain et de la démoemandons comment il concilie cette reconnaissîon -solennelle du Syllabus qui condamne et lêmes principes. Voyons : oui ou non, l'Église ^abus ? Si oui, nous pourrons croire à sa récon-publique, Si non, non. >
tiques du parti tenaient un langage semblable, Jhérents en garde contre toute conciliation avec hc de Bigorre, le zoavril 1891, M. Jules Ferry pas regarder avec dédain l'évolution du parti st bien conduite, et si l'on a surtout l'intelligence ui ne m'est pas démontré — elle peut devenir :rre très redoutable. Il y a des exemples de ce 'ieille religion des libertés modernes longtemps nmuniées par elle... Ce n'est pas pour quelques ;s et intéressées, si honorables qu'elles soient, ns, nous abandonnerons l'ceuvre qui est notre lans l'histoire et devant la patrie. > Cette œuvre, c'est la ■ laïcisation des écoles, par laquelle la ulu refaire l'âme de la nation lt. Il ajoutait à scolaire est la charte du parti républicain >. enant la nécessité d'une application rigoureuse lent aux congrégations religieuses, 1' < austère >
du fanatique à froid, disait à la chambre des arlé d'une orientation nouvelle de la politique donner au pays une démonstration éclatante a majorité républicaine sur les questions reli-