‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 147 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

Ces déclarations montraient que les sectaires se sentaient atteints et craignaient tout de l'évolution des catholiques.

D'autre part, dans les milieux républicains moins hostiles, celle-ci produisait des effets opposés. Bien des hommes naturellement honnêtes et impartiaux, ou simplement doués de sens politique, auraient été heureux de saisir cette occasion pour en finir avec une politique de haine et pour se soustraire à la domination des radicaux. Le ministre Constans, qui n'est pas un scrupuleux, mais auquel on ne peut refuser de Thabileté politique, proclamait à Carpentras que le drapeau de la République était assez large pour abriter sous ses plis tous les citoyens français.

Les organes modérés de la presse républicaine faisaient eux aussi bon visage aux néo-républicains et entrevoyaient le moment oii leur intervention pourrait délivrer le pays de l'oppression radicale. « La République, disait Le Temps^ est le seul régime qui offre au pays le moyen de faire prévaloir pacifiquement une politique conservatrice, opportuniste ou radicale suivant qu'il le juge à propos. M. Piou peut aspirer, tout autant que M. Clemenceau, à faire ou à voir entrer dans les chambres une majorité à son image. C'est son droit d*y travailler. C'est le droit de M. Clemenceau de se mettre en travers, et c'est ce droit commun qui est justement le fond de la République. >

M. de Marcère, sénateur du centre gauche, faisait entrevoir aux catholiques, par suite de leur nouvelle attitude, le rétablissement de la liberté scolaire. Voici les termes, peu orthodoxes d'ailleurs, qu'il employait dans un article de la Nouvelle Retme: « En prenant en main les principes mêmes de la Révolution si manifestement lésés dans cette question de l'enseignement, les catholiques rencontreront l'appui sans marchandage du parti libéral. >

D'autres hommes politiques de la même opinion tenaient le même langage. Ainsi donc un vrai désir d'arriver à une détente et à une pacification réelle se manifestait dans la fraction modérée du parti

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