‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 151 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

les indifférents, et les entraîner à la suite du gouvernement à des mesures d'un anti-cléricalisme toujours plus fanatique, '

Le pasteur Dide et M. Hubbard furent les protagonistes de cette comédie. Le premier interpella au Sénat le gouvernement sur l'attitude du clergé français à la suite de l'incident Gouthe-Soulard, la qualifia de factieuse et demanda ouvertement l'asservissement de l'Église à l'État. L'orateur suivant, M.Goblet, se borna à demander la séparation des deux pouvoirs et une loi contre la liberté d'association. Le président du conseil, M. de Freycînet,qui par nature n'est pas violent mais le devient par politique, fit toucher par M. Fallières, ministre des cultes, la corde de l'apaisement. Il fut accueilli par des protestations et des huées. M. de Freycinet comprit d'où soufflait le vent. Désireux cependant de ne pas se compromettre outre mesure, il déclara qu'une nouvelle législation contre l'Église n'était pas nécessaire pour le moment. Ceci était une coquetterie à l'adresse du Centre gauche. Mais, continua le président du conseil, si des lois plus sévères deviennent nécessaires, nous vous les demanderons. Cela était une avance aux opportunistes. Et si elles ne suffisent pas, acheva-t-il, nous préparerons la séparation. Salut final aux radicaux!

Grâce à cette souplesse d'évolution, le gouvernement obtint une forte majorité au vote qui eut lieu, le 8 décembre 1891, sur l'ordre du jour suivant, véritable monument de haine : < Le Sénat considérant que les manifestations récentes d'une partie du clergé pourraient compromettre la paix sociale, et constituent une violation flagrante des droits de l'État, confiant dans la vigilante fermeté du gouvernement, l'invite à user des pouvoirs dont il dispose ou qu'il croirait devoir demander au Parlement, pour imposer à tous le respect de la République et des lois qu'elle a établies. » Au fond le .ministère restait maître de donner à cet ordre du jour la suite qu'il jugerait convenable. Du côté du gouvernement les loges n'avaient donc pas tout à fait triomphé, ni tout à fait échoué. Elles pouvaient cependant se contenter du résultat obtenu, puisque le cabinet s'était

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