CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
publié récemment ce Comité, on ne trouverait pas une ligne qui ne soit respectueuse de nos espérances et de nos droits. Il est infiniment probable qu'aux élections prochaines les candidats des comités monarchiques seront les mêmes que ceux des comités de l'Union de la France chrétienne, et que les candidats des comités de l'Union de la France chrétienne seront les mêmes, que ceux des comités monarchiques. T^
Parmi les catholiques se recrutait également le groupe naissant de la droite constitutionnelle, dirigé par M. Jacques Piou. Son attitude était correcte au point de vue de la reconnaissance des institutions républicaines. Elle voulait, au dire de son organe, La Concorde : < dans la République loyalement reconnue^ faire une politique nettement conservatrice et religieuse, d'où une majorité de gouvernement fût appelée à émaner dans l'avenir. > Visé directement par M. d'Haussonville dans son discours de Nîmes, M. Piou lui répondit par cette profession de foi : « La formation d'un parti conservateur qui, en dehors de toute préoccupation dynastique, se placerait sur le terrain constitutionnel pour défendre, les grands intérêts du pays, me paraît, à l'heure qu'il est, la meilleure sauvegarde des principes que nous défendons l'un et l'autre. Nous sommes venus à un moment où il ne peut s'agir ni de nos préférences, ni de nos sentiments, mais de nos devoirs seuls. Pour moi, j'ai la conviction qu'un parti qui entrera en lutte aujourd'hui avec la forme actuelle du gouvernement, se condamnera à l'impuissance. >
L'écueil qu'avait à éviter le nouveau parti était de vouloir pousser trop loin la conciliation. Certains catholiques constitutionnels semblaient en effet aspirer à s'entendre avec la République existante, par un accord qui eût singulièrement ressemblé à une capitulation, fort étrangère à coup sûr aux intentions de Léon XI IL
C'est ainsi qu'à la suite du congrès des œuvres ouvrières de Bordeaux, le P. Didon prêcha dans la cathédrale de cette ville un sermon où il parut préconiser la soumission pure et simple aux lois
LE PAPE LÉON Xllt.
;ueur, ce qui lui valut, de la part du comte de Mon, une lettre laquelle ce dernier disait avec beaucoup de raison : { Si le Père nous demande de faire trêve aux discordes politiques, et loncer aux luttes dynastiques, il ne nous commandera jamais pter sans combat et sans protestation les lois qui attentent oits et à la liberté de l'Église. Ces lois fussent-elles < Us articles iques du Concordat >, nous ne croyons pas que nous devions K -. J9
1 cesser contre elles la lutte acharnée dont nos consciences ont une obligation. Si c'est une telle résignation que vous onseillez en nous invitant à « vivre tranquilles avec les pou- Hablis... >, nous n'y consentirons jamais '.>
Père Didon répondit à ces observations par la publication d'ua texte revu de son , où ne se retrouvèrent plus les passages qu'on lui reprochait. En même temps, au comte de Mun, qu'<il n'acceptait pas la responsabilité de ce que lui faisaient comptes-rendus inspirés par les passions de partis >.