CHAPITRE TRENTE-TROISIÈMK
Au pôle opposé de Topinion conservatrice, se trouvait le groupe remuant des impérialistes de la nuance de M. de Cassagnac. Ceux-ci jetaient sans le moindre égard par dessus bord la politique du cardinal Lavigerie.
Tel est le tableau abrégé de l'état du parti conservateur catholique au moment où se produisirent Tincid^nt Gouthe-Soulard et les interpellations radicales aux Chambres. On comprend la mauvaise humeur qui s en suivit. Une grande partie des catholiques, la plus grande partie peut-être, ne se rendait point un compte exact des véritables intentions du Saint- Père, et paraissait croire que ce dernier réclamait d'eux la résignation aux dispositions législatives contraires à la liberté religieuse. Cependant le Moniteur de Rome disait fort justement : « Le gouvernement français est soumis aux inspirations du ferrysme. Cette recrudescence maladroite d'anti-cléricalisme nous paraît plus utile que funeste. Ceux qui en tirent un argument contre la politique du Pape, ne connaissent pas Va ^ ^ de la situation. Ce qui arrive était prévu. Derrière ces coups de force se cache le dessein prémédité d'arrêter l'intervention du Saint-Siège, devant laquelle tremblent les sectaires. Mais cette stratégie pourrait ne pas réussir. Plus le gouvernement affirme son obstination contre le Pape, plus le mouvement réparateur grandira. La diversité du procédé influera sur l'opinion publique. Des Chambres, il n'y avait rien à attendre; du gouvernement, peu; mais il ne comprend plus son intérêt le plus élémentaire. C'est peut-être tant mieux : il est en train de se faire le grand électeur des constitutionnels. > Ce côté des choses çchappait malheureusement à la plupart des catholiques qui, troublés, hésitants, froissés par les procédés du gouvernement, étaient tout prêts à écouter ceux qui auraient voulu, à la grande joie des sectaires, les rejeter dans l'opposition systématique à la République.
A la tête de ces ardélîons se distinguaient M. de Cassagnac et son journal L Autorité. Après le toast du cardinal Lavigerie, la
Le Pape Léon XHL - IL 94
iinal Rampolla, les manifestations des évêques, il jeta es. Jouant sans s'en douter le jeu de la franc-maçonua avec une extrême véhémence les cardinaux et l'épisues extraits de L'Autorité montreront la forme et la : sa polémique : < La capitulation, sans conditions, de :hrétienne devant la franc-maçonnerie, voilà ce que oilà ce que nous propose le cardinal Lavîgene >. > i baiser les pieds des bourreaux ^. > Voilà pour le carrie. Ceci est pour le cardinal Rampolla et pour le nonce : ésitent, qui faiblissent, qui ont peur, qui capitulent, ce fs : des évêques, des cardinaux richement rétribués,
d'immenses vignobles, manieurs d'argent 3. > Enfin des évêques: < Les évêques pourront adhérer au gouss francs-maçons tant qu'ils voudront; ils n'entraîneront >les curés et les vaillants petits vicaires 1 > La polé- Autoritê dura des mois sur ce ton 5.
:ident Gouthe-Soulard et les interpellations, la surex- L de Cassagnac ne connut plus de bornes, et les vioparole répondaient trop bien au sentiment d'irritation ivoqué par les actes du gouvernement, pour ne pas ion sur les esprits. Le 27 décembre 1891, il disait: e intérieure de la France est une de ces questions sur LIS avons le droit de ne pas abdiquer notre libre arbitre, e que nous allons chercher les lumières qui doivent : vie spirituelle. C'est en France seulement, rien qu'en
nous convient de nous concerter et de prendre les is nécessaires pour assurer l'avenir et le bonheur de Catholiques à Rome, Français en France : Telle est la te et qu'aucun nonce ne parviendra jamais à fausser.
contre la résistance qu'on leur opposera, ils s'y brise-
16 nov. 1890. — 2, Idem, îi nov. 1890. — 3. Nem, 33 nov, 1890. — 890. — s. Cf. Du toast à Petuycliqut.