CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
ront, sans profit et sans honneur '. » M. de Cassagnac semblait Ignorer que les intérêts de la politique peuvent être en opposition avec ceux de la religion ; qu'alors, si Ton est catholique à Rome, on ne cesse pas d'être catholique avant tout, fût-on Français en France ; et que la patrie du Ciel passe avant celle de la terre.
Le Monde qui, à ce moment, ne s'était pas encore complètement rallié aux idées du cardinal Lavigerîe, en fit l'observation : « La politique intérieure est le domaine des questions mixtes où se rencontrent nécessairement et où parfois se heurtent la puissance spirituelle et la puissance civile. Pour marquer la frontière entre les deux puissances et décider quelles questions sont du ressort exclusif de l'une d'elles, ou bien quelles questions, par leur caractère mixte, doivent être réglées d'un commun accord par les deux puissances, le Pape a seul compétence, autorité et grâce d'état. On ne peut soutenir le contraire qu'au nom de prétentions et de doctrines maintes fois condamnées par l'Église. »
Mgr Ferrata, dans une interview accordé à un rédacteur du Gaulois, mit ainsi la question sous son vrai jour : « Quel est le but unique du Pape : Assurer le triomphe de l'Église. Or il est le seul juge des moyens à employer pour atteindre ce but, et le premier devoir des catholiques est de reconnaître sur ce point comme sur tous son autorité suprême. »
Bientôt après un article de XOsservatore Romano^ l'organe autorisé du Saint-Siège, infligea à L'Autorité ce nouveau rappel à l'ordre : « M. de Cassagnac devrait se rappeler que ceux qui veulent défendre la religion en catholiques sincères, ne peuvent ni ne doivent mêler les intérêts religieux avec ceux de leur parti. Ils ne doivent pas, par conséquent, se servir de la religion pour faire une opposition systématique au gouvernement existant. Du reste, les vrais catholiques savent déjà que, dans cet ordre d'idées, ils doivent obéissance et soumission complète au Souverain Pontife et à ses