I. L Autorité^ 27 déc
représentants, surtout en ce qui sert à déterminer les rapports entre l'Église et l'État, qui, en France, sont réglés par le Concordat. Aucun vrai catholique ne doit douter que cette matière ne soît uniquement réservée au pontife, qui en a fixé les bases et y a apposé son auguste signature avec celle du chef de TÉtat. Nous voulons espérer que M. de Cassagnac voudra réfléchir aux funestes conséquences de sa manière d'écrire, et se persuader qu'en semant le scandale et le schisme, il rend service non à la religion, qu'il dit défendre, mais à la cause de ses ennemis. »
Le rédacteur en chef de L'Autorité finit par mettre une sourdine à ses attaques, mais bien des idées exprimées par lui se trouvaient à Tétat latent et d'une façon presque inconsciente dans l'esprit de beaucoup de catholiques, aussi ces attaques éveillaient-elles un écho dangereux.
Le Saint-Siège et les autorités ecclésiastiques de France suivaient d'un œil inquiet ce qui se passait dans les âmes et voyaient avec peine croître l'incertitude et le trouble des consciences. Il devenait nécessaire de faire entendre, par dessus les bruits confus de l'opinion, un enseignement clair et décisif. C'est ce que firent, d'accord avec le Saint-Siège, les cinq cardinaux français auxquels leur position éminente donnait une autorité particulière.
La déclaration cardinalice débute par un exposé de la situation de l'Église en France : « Ce qui est malheureusement vrai, dit-elle, c'est que, depuis dix ans, le gouvernement de la République a été la personnification d'une doctrine et d'un programme en opposition absolue avec la foi catholique, et il a appliqué cette doctrine et réalisé ce programme de telle sorte qu'il n'est rien aujourd'hui, ni
personnes, ni institutions, ni intérêts, qui n'ait été méthodiquement
frappé, amoindri, et, autant que possible, détruit. »
Les cardinaux dressent ensuite un véritable acte d'accusation contre ceux qui ont gouverné la France en ces dernières années,