‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 159 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME

que la religion, et la religion seule, peut créer le lien social ; que seule elle suffit à maintenir sur de solides fondements la paix d'une nation. > En eflfet, la vie de Thomme en société doit tendre à son perfectionnement, non seulement physique mais moral, sans quoi elle serait pour lui plutôt un mal qu'un bien. Ce perfectionnement moral suppose nécessairement Dieu et, avec Dieu, la religion qui unit Thomme à Dieu. Dès lors, i tous les citoyens sont tenus de s'allier pour maintenir dans la nation le sentiment religieux vrai, et pour le défendre au besoin, si jamais une école athée, en dépit des protestations de la nature et de l'histoire, s'efforçait de chasser Dieu de la société, sûre par là d'anéantir bientôt le sens moral au fond même de la conscience humaine. Sur ce point, entre hommes qui n'ont pas perdu la notion de l'honnête, aucune dissidence ne saurait subsister. >

Si la simple raison naturelle démontre cette vérité, combien ne sera-t-elle pas plus évidente pour les catholiques et alors qu'il s'agit de la vraie religion, f qui, plus que toute autre, possède l'efficacité voulue pour bien régler la vie dans la société comme dans l'individu > . L'histoire de la France elle-même est là pour le prouver, car toutes ses gloires d'autrefois sont dues, en grande partie, à la religion; et jnaintenant encore, c'est la religion qui donne à la France cette charité tant admirée de tous et qui porte au loin, « d'un même coup, le renom de la France et les bienfaits de la foi catholique. Renoncer à de telles gloires, aucun Français, quelles que soient par ailleurs ses convictions, ne l'oserait ; ce serait renier la patrie. Or l'histoire d'un peuple révèle, d'une manière incontestable, quel est l'élément générateur et conservateur de sa grandeur morale, > élément que ni lor ni la force ne peuvent remplacer et qui seul peut sauver un pays de la décadence. « Qui ne comprend maintenant que, pour tous les Français qui professent la religion catholique, la grande sollicitude doit être d'en assurer la conservation ; et cela avec d'autant plus de dévouement, qu'au milieu d'eux le

iristianisme devient, de la part des sectes, l'objet d'hostilités plus nplacables ? Sur ce terrain, ils ne peuvent se permettre, ni indo- ;nce dans faction, ni division de partis ; l'une accuserait une Icheté indigne du chrétien, l'autre serait la cause d'une faiblesse ésastreuse. >

Après avoir établi ce point fondamental, Léon XIII réfute la ilomnie qui attribue au Pape € l'ambition de ménager à Église une domination politique sur l'État ). Cette calomnia 'est pas nouvelle. Le Christ lui-même fut accusé de prêcher la ésobéissance à César ; et, durant le cours des siècles, les ennemis e la religion ne cessèrent d'alléguer « devant le public, le prétexte es prétendus envahissements de l'Église sur l'État, pour fournira État des apparences de droit, dans ses empiétements et ses vio- ;nces envers la religion catholique. :& La lutte est donc toujours L même. On a recours, maintenant encore, pour attaquer l'Église, ux mêmes moyens < très vieux au fond, modifiés à peine dans la )rme > ; aussi faut-ÏI, pour la défense, recourir aux moyens clairement indiqués aux chrétiens des temps présents par nos >pologistes, nos Docteurs, nos Martyrs. Ce qu'ils ont fait, il nous icombe de le faire à notre tour. Mettons donc au-dessus de tout L gloire de Dieu et de son Église ; travaillons pour elle avec une ppltcation constante et effective, et laissons le soin du succès à ésus-Christ. »

Pour en arriver là, « unp grande union est nécessaire >. Il faut onc écarter tout ce qui serait de nature à troubler cette union ; t le Pape précise; il entend, dit-il, « faire allusion aux divergences olitiques des Français sur la conduite à tenir envers la République ctuelle >.

Entre les divers gouvernements qui se sont succédé en France, n arriverait à déterminer abstraitement quel est le meilleur. On eut affirmer aussi que toute forme de gouvernement est bonne, ourvu qu'elle tende au bien commun. Enfin telle ou telle forme

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