CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME
peut être préférable pour tel ou tel pays. « Dans cet ordre d'idées spéculatif, les catholiques, comme tout citoyen, ont pleine liberté de préférer une forme de gouvernement à l'autre, précisément en vertu de ce qu'aucune de ces formes sociales ne s'oppose, par elle-même, aux données de la saine raison ni aux maximes de la doctrine chrétienne. > Cette considération suffit pour justifier la pratique de l'Église qui, en traitant avec les gourvernements, fait abstraction de la forme de ceux-ci, pour ne se préoccuper que des intérêts religieux qu'elle a à défendre.
En descendant sur le terrain, des faits, les principes ne changent pas, mais € ils revêtent un caractère de contingence, déterminé par le milieu où se produit leur application >. La forme particulière du pouvoir politique dans chaque nation < natt de l'ensemble des circonstances historiques ou nationales, mais toujours humaines, qui font surgir dans une nation ses lois traditionnelles et même fondamentales ; et par celles-ci se trouve déterminée telle forme particulière de gouvernement, telle base de transmission des pouvoirs suprêmes. Inutile de rappeler que tous les individus sont tenus d'accepter ces gouvernements, et de ne rien tenter pour les renverser ou pour en changer la forme. » Aussi T Église ordonne-t-elle le respect des pouvoirs légitimes et réprouve-t-elle les rébellions.
< Cependant, il faut soigneusement le remarquer ici, quelle que soit la forme des pouvoirs civils dans une nation, on ne peut la considérer comme tellement définitive qu'elle doive demeurer immuable, fût-ce l'intention de ceux qui, à l'origine, l'ont déterminée. » L'Église seule a le privilège de l'immutabilité dans sa constitution ; quant aux sociétés purement humaines, Thistoire démontre que « le temps, ce grand transformateur de tout ici-bas, opère dans leurs institutions politiques de profonds changements ».
Ces changements peuvent modifier partiellement ou totalement la forme du gouvernement. Ils se produisent souvent à la suite de crises violentes, auxquelles succède l'anarchie, le bouleversement
'ordre. « Dès lors une nécessité sociale s'impose à la nation ;
sans retard pourvoir à elle-même... Or cette nécessité iistifie la création et l'existence des nouveaux gouvernejelque forme qu'ils prennent ; puisque, dans l'hypothèse où lonnons, ces nouveaux gouvernements sont nécessairement Lr l'ordre public, tout ordre public étant impossible sans un :ment. Il suit de là que, dans de semblables conjonctures, louveauté se borne à la forme politique des pouvoirs civils,
mode de transmission; elle n'affecte nullement le pouvoir . \ en lui-même. Celui-ci continue d'être immuable et digne :t ; car, envisagé dans sa nature, il est constitué et s'imr pourvoir au bien commun, but suprême qui donne son
la société humaine. En d'autres termes, dans toute hypopouvoir civil, considéré comme tel, est de Dieu et toujours : Car il n'y a point de pouvoir si ce n'est de Dieu ' >. Les ï gouvernements étant ainsi constitués, il est permis, et posé par la nécessité du bien social, de les accepter. < Et ce voir de respect et de dépendance persévérera, tant que les 3 du bien commun le demanderont, puisque ce bien est, :u, dans la société, la loi première et dernière. > \ s'explique d'elle-même la sagesse de l'Église dans le mains relations avec les nombreux gouvernements qui se sont ;n France en moins d'un siècle, et jamais sans produire isses violentes et profondes. Une telle attitude est la plus 1 plus salutaire ligne de conduite pour tous les Français j relations civiles avec la République, qui est le gouvernetel de leur nation. Loin d'eux ces dissentiments politiques /isent ; tous leurs efforts doivent se combiner pour conserîever la grandeur morale de leur Patrie. > SI II réfute ensuite l'objection tirée du caractère antile la République actuelle. Il la combat par la distinction