‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 164 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME

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là-bas le fondement des rapports entre le pouvoir civil et la conscience religieuse.

« L'Église réclame, avant toute autre chose, la liberté; ma voix autorisée doit être entendue, pour que son but et son attitude ne soient plus dénaturés par des attaques mal fondées.

€ Ce qui lui convient aux États-Unis, lui convient à plus forte raison dans la France républicaine.

« Je tiens à tous les Français qui viennent me voir le même langage indistinctement; je souhaite qu'il soit connu de tous. Je regrette seulement que, jusqu'ici, les personnes haut placées n'osent pas reconnaître publiquement, comme il conviendrait, les efforts que je fais pour la paix et la prospérité de votre noble nation, que je regarde toujours comme la Fille aînée de l'Église.

C Je persiste dans cette voie, et j'encourage tous ceux qui y entrent fermement.

« C'est pour faciliter cette tâche que l'Église doit s'attacher à sa véritable mission, qui est de moraliser les âmes, d enseigner l'esprit de sacrifice et de dévouement. En même temps, elle s'intéresse à la situation des faibles : l'affirmation que j'ai faite des droits des ouvriers doit concourir à rendre plus commode et plus prompt lapaîsement intérieur, à réduire à une infime minorité ceux qui n'ont d'autre préoccupation que de troubler les esprits et d'empêcher l'union du pays, union sans laquelle il n'est pas capable de remplir ses hautes destinées.

€ C'est par cette constitution solide à l'intérieur que la France, en dépit de ses ennemis, se relèvera pleinement.

« Je suis heureux d'apprendre que la France veut résolument la paix, malgré l'abondance de ses ressources militaires et le courage de ses enfants.

« Si elle garde sans défaillance cette sagesse et cette patience, si elle sait s'arracher aux divisions qui arrêtent son développement et paralysent son influence, si elle se décide à s'abstenir des tracas-

es et des persécutions, elle reprendra vite son rang important a place glorieuse qui lui appartient dans le monde. >

Quelque retentissement qu'ait eu ce commentaire oral de l'ency- |ue aux Français, qui popularisa la pensée du Pape dans des IX et des milieux où n'arrivent pas d'ordinaire les lettres pontiles, Léon XIII crut devoir, dans sa prédilection pour la France uiète, revenir officiellement sur ce même sujet, et y faire suraider la lumière. Sans doute l'encyclique était claire par elle-même, is l'esprit de parti, les illusions naturelles à ceux qui cherchaient :oncilier avec la parole du Pape leurs préférences politiques, lient accumulé des nuages autour de ce lumineux document, st pour dissiper ces dernières obscurités que le Pape écrivit sa :re aux cardinaux français. Adressée aux princes de l'Église, elle ait toute la nation, et la langue française employée par le Saintre dans ce document aussi bien que dans l'encyclique, contraîlent à tous les usages de la cour de Rome, en était une preuve nifeste.

Jne adresse de l'épiscopat français avait apporté au Pape l'adion de l'ÉgUsede France aux doctrines de l'encyclique. Léon XI 1 1 prit occasion pour compléter ses enseignements. L'encyclique, ■il, € a fait déjà beaucoup de bien et en fera, il l'espère, davane encore î, mais il n'ignore pas les attaques dont elle a été l'ob- : « Ces attaques, Nous les avions prévues. Partout où l'agitation . partis politiques remue profondément les esprits, comme il ive maintenant en France, il est difficile que tous rendent de :e à la vérité cette pleine justice qui est pourtant son droit. Mais ait-il pour cela Nous taire? Quoi! la France souffre, et Nous jrions pas ressenti jusqu'au fond de l'âme les douleurs de celle !e aînée de l'Église? > Il voyait que la division paralysait les rts des hommes de bien; alors il a dit : « Plus de partis entre is; au contraire, union complète pour soutenir de concert ce qui

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